La tempérance, retrouver l’équilibre – Laurent Landete

Dans la société de consommation, comment vivre la vertu de tempérance, aussi appelée sobriété ou modération ? Extrait des propos de Laurent Landete dans Et maintenant ? 7 vertus pour traverser la crise, des Éditions de l’Emmanuel.

D’autres extraits du livre : ➨ La force, quand nous sommes faibles – Blanche Streb
➨ La prudence, garder le cap par tous les temps – Mgr Bruno Valentin

➨ La justice, un chemin vers la paix
➨ L’espérance, un pied de Dieu dans la porte – Martin Steffens 
➨ La foi, ce qui nous lie – Laetitia Calmeyn nous parle de la vérité de Dieu 
➨ La charité, pour que circule l’amour – Thierry des Lauriers

Extrait – Prendre de la hauteur

« La foi et la raison sont comme les deux ailes qui permettent à l’esprit humain de s’élever vers la contemplation de la vérité1 » écrivait Jean-Paul II dans une autre de ses encycliques. C’est pourquoi il devient urgent de nous ressaisir de nos racines spirituelles et de retrouver confiance dans notre capacité à concevoir le monde avec raison. Le saint pape, en effet, insistait :

Plus l’homme connaît la réalité et le monde, plus il se connaît lui-même dans son unicité, tandis que devient toujours plus pressante pour lui la question du sens des choses et de son existence même2.

L’épidémie de Covid-19, accompagnée de nombreux désordres sociaux voire de débuts de révoltes – y compris dans les pays les plus riches –, nous pousse à une réflexion sérieuse sur notre manière de manger, d’utiliser l’eau, de nous déplacer, de partager les richesses, d’utiliser l’énergie, de gouverner, de transmettre un savoir à nos enfants, de travailler, de nous loger, de consommer, etc.

Déclenchée indirectement par les effets de la transition écologique, la fameuse rébellion dite « des Gilets jaunes », apparue en France quelques mois avant la pandémie, n’est-elle pas un signe supplémentaire de la surprenante imbrication de ces crises ? Comment ne pas évoquer non plus, en arrière-plan, les révélations successives des abus dans l’Église ? Cette tragédie qui touche le plus souvent des enfants et des personnes vulnérables nous concerne tous. Ces drames d’une ampleur inouïe et universelle sont aussi le signe que le temps est venu de revoir les manières de vivre en communauté, les cursus de discernement dans la formation et les pratiques ecclésiales du gouvernement. La simultanéité de toutes ces tensions que traverse l’humanité vient interroger avec force notre manière d’être en relation avec les autres, autant qu’avec notre environnement. Il me semble alors qu’une analyse qui dissocierait ces problèmes écologiques, sociaux, sanitaires, économiques, spirituels – et même ecclésiaux – ne permettrait pas d’apporter des réponses équilibrées, des traitements adaptés et de nouveaux chemins d’espérance.

Les peurs de la fin du mois, de la fin du monde et de notre propre fin sont aussi intimement liées dans l’inconscient collectif. Au-delà du jeu de mots, cette question de la fin, lorsqu’elle échappe à toute vision, amplifie les phénomènes d’angoisse, ce qui se traduit trop souvent par une fuite dans des spiritualités ou des schémas de pensée simplificateurs. Les réponses simples à des questions complexes sont une porte ouverte aux idéologies et aux fanatismes religieux. Mais il est possible d’éviter ce piège en proposant à nouveau à nos contemporains le chemin de libération offert par une foi chrétienne enracinée dans la connaissance et la méditation des Saintes Écritures.

Nous avons besoin de prendre de la hauteur, de réapprendre à discerner individuellement autant que collectivement et d’exercer la vertu de tempérance, afin de « reprendre la route ».

Le Catéchisme de l’Église catholique nous enseigne précisément que « la tempérance est la vertu qui procure l’équilibre dans l’usage des biens créés. Dans le Nouveau Testament, elle est appelée “modération” ou “sobriété”3 ».

Ces questions nécessitent en effet de chercher patiemment tout ce qui pourra nous resituer dans une perspective résolument chrétienne quant aux fins dernières, paradoxalement mises de côté dans les catéchèses et les prédications, alors que, comme le dit l’Évangile, « les blés sont mûrs » (Mc 4, 29).

1. Encyclique Fides et Ratio, préambule.
2. Ibid., § 1.
3. Catéchisme de l’Église catholique, § 1809.

Plus d’informations sur le livre

L’éditeur présente le livre en vidéo

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