Des nouvelles des Alagados

Le 20ème anniversaire de la présence de la Communauté au Brésil a été fêté en 2015 avec un festival intitulé « Réjouissez-vous avec l’Emmanuel ». « La culture de l’évènement est partie intégrante du Brésil,  la moindre occasion est l’opportunité de faire la fête, comme les anniversaires ! » explique le Père Étienne Kern, curé de la paroisse Notre Dame des Alagados et Saint Jean-Paul II, confiée à une équipe de prêtres de l’Emmanuel. L’occasion de rendre grâce pour les nouveaux projets missionnaires. Reportage.

Alagados 2015

1. Une mission dans un village avec l’école Saint-François Xavier 

Le festival a également consacré la fin de l’année de l’école de mission Saint François-Xavier, et la remise d’un diplôme, en présence de l’archevêque de Salvador, Mgr Murilo Krueger, et le Père Xavier Bizzard, fondateur et directeur spirituel de l’école. Les jeunes continuent d’être attirés par cette école. Leur vie quotidienne alterne pendant 6 mois formation, prière, vie fraternelle et préparation de missions de terrain. Ils ont ainsi récemment vécu 5 jours dans un village situé à 2h30 de bus de Salvador, au bout d’une piste.Quelques maisons perdues dans les terres, sans magasin, sans portables, une vie simple où la seule préoccupation est de se nourrir. Les habitants étaient heureux d’ouvrir leurs portes surpris aussi de voir des étrangers venir de si loin spécialement pour leur rendre visite. Une belle occasion, pour le père Étienne Kern, « pour écouter leurs souffrances, leurs questions, leurs joies simples aussi, et de témoigner de leur foi ». « Humainement très fort, spirituellement très beau », résume Henri Vibert, volontaire Fidesco et directeur de l’école.

Ces rencontres sont aussi l’occasion pour les jeunes missionnaires de parler de la joie qui les anime, de lire et d’échanger sur la Parole de Dieu, de proposer des chants de louange. « Je me suis rendu compte qu’au fond, leur simplicité et leur pauvreté les rend disponibles et sensibles à la Parole de Vie, à l’essentiel, explique un des jeunes. De manière assez paradoxale – n’ayant pas reçu d’ »éducation » – l’existence de Dieu leur paraît comme une évidence. C’est comme s’ils utilisaient leur cœur pour comprendre, au lieu de passer par notre approche cérébrale occidentale. » Henri Vibert se souvient également : « Un soir, nous avons pu vivre un très beau chemin de croix dans les rues d’un village, où nous étions invités à chaque station par une maison, qui allumait une bougie pour nous signifier son désir de nous recevoir. Toute la communauté s’arrêtait ainsi devant ladite maison. J’ai trouvé cette image très belle, très simple, très spontanée, et remplie de confiance. »

2. Construction du Centre Sœur Dulce

Le Centre Sœur Dulce commence à sortir de terre, avec une chapelle, une cuisine, deux salles de réunion et une salle principale d’une capacité de 30 personnes qui accueillera les activités du centre (voir photos). Il s’agit d’un centre de compassion et d’évangélisation au cœur de l’invasão, la partie la plus démunie de la favela des Alagados, un projet qui tient au cœur des paroissiens de Notre-Dame des Alagados. Un partenariat est envisagé pour que l’hôpital Saint-Antoine lance un projet de suivi pédiatrique pour une soixantaine d’enfants, une fois que le Centre Sœur Dulce sera ouvert… « Nous avons encore besoin de votre générosité pour terminer – enfin – le gros des travaux de construction, précise le Père Étienne Kern. Parlez-en à votre curé, en lui proposant de soutenir les Alagados pendant le prochain carême ! »

3. Des messes en pleine rue 

Depuis plusieurs mois, des messes sont célébrées en pleine rue, dans le secteur de la paroisse. « Le Pape François ne nous a-t-il pas invités à ne pas avoir peur de sortir de notre confort et à prendre le risque de la rencontre ? » explique le Père Étienne, avant d’ajouter : « A notre humble niveau de la favela des Alagados, nous essayons de suivre cette recommandation du pape François pour ‘une Église en sortie’. »

Il témoigne : « La veille de chaque eucharistie, les paroissiens vont annoncer aux habitants qu’une messe va avoir lieu, raconte-t-il. A chaque fois, nous sommes entre 100 et 150 personnes, paroissiens ou voisins, à prier pour la paix et pour les personnes assassinées ces dernières années dans la rue en question. Le recueillement, malgré le bruit environnant, est impressionnant. Sauf le jour où il s’est mis à pleuvoir à verse au moment de la communion ! La seule fois, où il n’y avait pas d’abri… Mais, quand on prend des risques, on assume ! Le pape François, encore, ne dit-il pas préférer « une Église accidentée, blessée et sale pour être sortie par les chemins, plutôt qu’une Église malade de la fermeture et du confort de s’accrocher à ses propres sécurités ? » (1)  

(1) La Joie de l’Evangile, n°49.

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