Petits héros de la planète, défi 19 : Aimer ton reflet

A l’occasion de l’année consacrée à l’encyclique Laudato si’ du pape François nous vous partageons un deuxième défi, après le premier qui consistait à donner un vêtement inutilisé, à destination des plus jeunes tiré du livre Petits héros de la planète. Alexis et Adeline Voizard qui en sont les auteurs sont membres de l’Emmanuel et ils ont récemment écrit ce livre pour mettre Laudato si’ à portée des enfants.

➡ Relire le défi précédent : Défi 10 : Donner un vêtement

DÉFI 19 – Aimer ton reflet dans le miroir

Je ne sais pas si c’est pareil pour vous, mais quand je me regarde dans le miroir, je ne me dis pas souvent : « Wahou ! » Je ne me trouve pas trop mal non plus, je ne dirais pas que je suis moche, mais j’aimerais avoir plus de muscles et aussi des oreilles normales, pas décollées comme les miennes.

Petits héros de la planète : un livre pour engager les enfants dans Laudato si’

À l’école, on s’est déjà moqué de mes oreilles et on m’a appelé Dumbo, comme l’éléphant aux grandes oreilles. Heureusement, ça ne m’est pas arrivé très souvent, mais ça m’a quand même fait de la peine. Pour m’en sortir, j’utilise l’humour : j’en rajoute, je tire sur mes oreilles pour bien les décoller et je réponds que c’est embêtant car si j’essaie de mettre un bonnet, mes oreilles le font sauter en l’air. Ça fait rire et on ne me parle plus de mes oreilles. Je n’aime pas les moqueries, bien sûr, mais je me sens quand même bien dans ma peau.

Mon papa a vécu la même chose, on se moquait de ses oreilles très décollées, bien pires que les miennes. J’avoue que ça lui faisait une tête rigolote sur les photos. Quand il était au collège, on l’a opéré pour lui recoller les oreilles. Je sais depuis longtemps que, si je le souhaite, je pourrai le faire aussi. Pour mon papa, ça avait été douloureux et il avait dû arrêter le sport quelques semaines. Mais sa maman lui avait acheté des cadeaux pour décorer sa chambre et, surtout, après il s’était senti beaucoup plus beau ! Mes parents m’ont dit que c’est moi qui déciderai, le plus important étant que je me sente bien dans mon corps, et qu’eux me trouvaient très beau comme ça !

Pour l’instant, je trouve aussi que je suis bien ainsi. C’est ma tête à moi, c’est comme ça que Dieu m’a fait, et je ne trouve pas qu’il m’ait particulièrement raté. Comme dit Maman, Dieu crée avec tout son amour ; à ses yeux, on est toujours une œuvre d’art, une réussite ! Du coup, je m’accepte comme je suis, même si je ne me trouve pas le plus beau de la terre non plus ! Je crois aussi que c’est bien de s’accepter avec ses défauts, parce qu’on peut en faire une force ou une originalité, et puis je préfère qu’on m’aime bien parce que je suis sympa et drôle, plutôt que juste pour ma supposée beauté !

Un jour, c’est moi qui ai fait de la peine sans le vouloir. C’était en cours de gym. Lucas s’est moqué de moi quand j’ai fait une roulade car on voyait mes côtes. Sur le coup, j’étais vexé et j’ai répondu que c’était toujours mieux que d’être gros. Il a cru que je me moquais de lui et il a bredouillé : « Bon, bon, ça va ! » Je me suis rendu compte qu’il devait se trouver gros et qu’on se voit souvent plus moche que ce qu’en pensent les autres.

Selon le pape François, pour prendre soin de la Création, il faut savoir accepter son corps. Il dit même d’« accueillir son corps », comme si c’était un cadeau que Dieu nous faisait. C’est vrai qu’on a de la chance quand on a un corps qui peut voir, entendre, marcher, courir, jouer. Dans Laudato Si’, il dit que prendre soin de son corps et s’aimer comme on a été créé, fille ou garçon, chacun différent et complémentaire, permet de mieux voir notre propre richesse mais aussi la richesse des autres. Ainsi, on a davantage envie d’aimer notre prochain et de faire du bien sur la terre, par de petits gestes plus respectueux des hommes et de la nature.

Une idée que je vous partage, c’est d’essayer de se regarder avec le regard de Dieu. Je trouve que ça marche bien : on pense que Dieu nous regarde, alors on se sent aimé et beau. Ça donne envie de sourire. D’ailleurs, je ne sais pas si vous avez remarqué, mais dès qu’on sourit, on est plus beau. Essayez devant le miroir, vous verrez !

Je sais que j’entre dans l’adolescence et que ce n’est pas toujours simple parce que le corps change, que je vais peut-être avoir des boutons ou le nez qui grossit plus vite que le reste du corps. Et comme j’ai sauté une classe, je vais faire ma croissance après les autres et me sentir petit ou maigre à côté des autres garçons.

Mais au fond, je trouve ça quand même vraiment merveilleux de devenir un homme ! J’en profite pour faire des choses d’homme avec Papa, comme des randonnées difficiles juste tous les deux ou des bagarres le soir avant de me coucher. Je lui pose des questions pour mieux comprendre comment mon corps va changer, par exemple à quel âge j’aurai des poils sous les bras comme le héros d’un roman que je lis en ce moment. Et j’avoue que j’ai été fier quand ma maman m’a dit que je grandissais beaucoup en ce moment et que je l’ai battue à la course et au bras de fer !

Incroyable mais vrai

La probabilité que quelqu’un soit semblable à toi serait de 1 sur mille milliards1. Et notre planète compte 7 milliards d’humains… donc quasiment aucune chance d’avoir un sosie. Mais de toute façon, tu es unique car personne n’a la même âme ni les mêmes pensées et sentiments que toi.

1. Étude menée par le biologiste Teghan Lucas de l’université d’Adélaïde en Australie, 2015.

Ce que François m’a dit

Tu as vraiment de la valeur pour [Dieu], tu n’es pas insignifiant, tu lui importes, parce que tu es une œuvre de ses mains.
Christus vivit, n° 115

L’effet papillon

Il y a environ deux ans, on m’a demandé de venir témoigner lors d’une veillée auprès d’un groupe d’enfants qui préparaient leur première communion. J’étais un peu impressionné mais j’ai accepté, car mon papa était à côté de moi pour me poser des questions et parce que je savais que les enfants seraient intéressés d’écouter un autre enfant. J’avais un peu peur mais j’ai aussi dit oui car quand on a vécu quelque chose de beau avec Dieu, on n’a pas envie de le garder pour soi mais plutôt de le partager. Le thème de la veillée était la miséricorde de Dieu (c’est-à-dire le cœur de Dieu qui se penche sur notre misère pour nous pardonner et nous dire qu’il nous aime).

Aux enfants, j’ai raconté que, pendant plusieurs mois, je ne m’étais pas senti bien à cause d’un péché que j’avais fait. Je n’avais pas osé en parler à mes parents et je me sentais nul. Je m’aimais moins et j’avais honte. Puis, un jour, j’ai réussi à en parler avec eux et ils m’ont conseillé de me confesser. Pour m’aider, ils m’ont suggéré d’écrire mon péché sur un bout de papier. J’avais un peu peur mais je suis quand même allé voir le prêtre pour lui montrer mon papier et demander le pardon de Dieu. Il m’a bien sûr pardonné et après je me sentais vraiment mieux dans mon cœur mais aussi dans mon corps, ça m’avait libéré d’un gros poids.

Quand j’ai raconté ça, j’étais un peu déçu de moi car j’avais l’impression d’avoir oublié plein de choses, même si mes parents me disaient qu’ils avaient été très émus et que c’était super. Le lendemain, le groupe d’enfants allait rencontrer un prêtre qui allait leur parler de la confession et leur proposer de se confesser pour la première fois. On nous a rapporté que sur les trente enfants, vingt-neuf sont allés se confesser. Ça m’a mis dans une très grande joie ! Je trouve que le péché nous empêche de nous aimer. Pourtant, Jésus nous dit qu’il faut aimer son prochain « comme soi-même », ça veut dire qu’il veut que nous nous aimions nous-mêmes. Et puis, vous l’avez compris, c’est quand on s’aime, quand on est bien dans son corps (et dans son âme), qu’on arrive à aimer les autres et à faire le bien. Si l’on veut sauver la planète, il faut donc commencer par s’aimer soi-même. Pas parce qu’on est le meilleur, mais parce que Dieu nous a créés et qu’il nous aime, et parce qu’il n’arrête jamais de nous aimer et de nous pardonner nos péchés.

À toi de jouer

C’est simple, ton défi consiste à penser très fort « Merci Seigneur pour la merveille que je suis » (comme dit le psaume 138) à chaque fois que tu verras ton reflet dans un miroir. Fais-le autant de fois que nécessaire jusqu’à le penser vraiment ! En tout cas, nous, on dit merci au Seigneur de t’avoir créé !

À chanter

« Ne crains pas, je suis ton Dieu » (d’après Isaïe 43), du frère Jean-Baptiste du Jonchay, o.c.d (Éditions du Carmel).

Refrain :

« Ne crains pas, je suis ton Dieu,
C’est moi qui t’ai choisi, appelé par ton nom.
Tu as du prix à mes yeux et je t’aime.
Ne crains pas car je suis avec toi. »


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