Petits héros de la planète, défi 10 : donner un vêtement

A l’occasion de l’année consacrée à l’encyclique Laudato si’ du pape François nous vous partageons un premier défi à destination des plus jeunes tiré du livre Petits héros de la planète. Alexis et Adeline Voizard qui en sont les auteurs sont membres de l’Emmanuel et ils ont récemment écrit ce livre pour mettre Laudato si’ à portée des enfants.

DÉFI 10 – Donner un vêtement que tu ne portes jamais

Ce matin, Albane (ma meilleure copine numéro trois) est arrivée avec un nouveau manteau. Elle a tellement de chance, elle a tout le temps de nouveaux vêtements ! La semaine dernière, elle était arrivée avec des ballerines à paillettes toutes neuves, celles qu’on avait admirées dans la vitrine de la nouvelle boutique du centre-ville, samedi, pendant la sortie de louvettes. Avec ses beaux habits, elle a du succès auprès de nos amies et ça me rend un peu jalouse.

Petits héros de la planète : un livre pour engager les enfants dans Laudato si’

J’aime bien quand je porte quelque chose de nouveau : je me sens comme neuve moi aussi, comme quand on est tout propre après une bonne douche ou le jour de la rentrée, quand on sort ses beaux cahiers. Et puis j’aime bien quand on m’achète un habit qui ressemble à ceux que portent mes copines, ça me rassure et je me sens grande et à la mode. Mais je n’ai presque jamais de vêtements neufs, mes cousines de 12 et 14 ans me refilent tous leurs habits. Heureusement qu’elles ont super bon goût !

Même quand j’ai besoin d’un nouveau vêtement, comme à la rentrée car j’avais beaucoup grandi et mesurais 1,41 m, mes parents cherchent d’abord à l’acheter chez Emmaüs ou sur des sites Internet où les gens revendent leurs vêtements. C’est vrai que c’est pas mal : il y a vraiment du choix, on ne voit pas que ce n’est pas neuf, je peux choisir la couleur ou la marque que je veux et ce n’est pas cher du tout par rapport aux habits de la jolie vitrine. Mais, parfois, j’aimerais bien quelque chose de neuf et, surtout, comme mes copines.

J’en ai parlé avec Albane à la récré. C’est quand même une de mes meilleures amies. Elle m’a dit qu’elle aimait beaucoup mon nouveau tee-shirt à paillettes, celui donné par ma cousine Alix. Du coup, on s’est dit qu’on se prêterait nos affaires après le cours de piscine de vendredi. Albane était tout étonnée que je trouve qu’elle avait plein d’habits neufs, car elle trouvait plutôt que c’était moi qui avais tout le temps des habits nouveaux. C’est vrai que, quand mes cousines me donnent des vêtements, je veux tous les porter très vite, alors on doit croire que je suis très gâtée. Je n’y avais jamais pensé !

Dans le vestiaire du cours de danse, j’en ai parlé à Sarah (ma meilleure amie pour la vie). Elle aussi, elle a beaucoup d’habits qui lui ont été donnés. Alors je lui ai demandé si, comme moi, ça l’embêtait un peu. Mais ça ne la gêne pas, même si les ballerines d’Albane la faisaient rêver. Elle m’a dit que sa maman n’aimait pas acheter des habits neufs car c’est beaucoup de gaspillage et ça pollue de les faire venir de loin. Je ne savais pas. Alors elle m’a montré les étiquettes de nos vêtements : Chine, encore Chine, Bangladesh (c’est où, ça ?) et Inde. Du coup, je me sentais plutôt fière de porter des vêtements qui n’avaient pas été créés juste pour moi, mais qui avaient déjà servi. Comme s’ils avaient leur vie eux aussi, et qu’on pouvait les faire vivre le plus longtemps possible !

Après, on s’est imaginé la plus longue vie possible pour nos tutus de danse (si on les donne à nos sœurs, puis aux copines de nos sœurs, puis à leurs filles, etc.) et on a fini par se faire gronder car on avait oublié de monter dans la salle de cours ! Enfin, ce soir, j’ai été bien surprise de découvrir sur mon lit le collant de danse tout neuf que Maman m’avait acheté pour me faire plaisir !

Incroyable mais vrai Avant d’arriver dans ton armoire, ton jean a fait le tour du monde, entre la cueillette du coton dans un pays (souvent l’Inde ou l’Afrique), la teinture dans un autre, la fabrication en Asie et la vente en France. Pour le fabriquer, on utilise souvent des produits chimiques très polluants et environ 10 000 litres d’eau, c’est ce que tu bois en dix ans1 !

1. D’après l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe).

Ce que François m’a dit

Combien de paires de chaussures ai-je ? Une, deux, trois, quatre, quinze, vingt… Tout le monde peut le dire. Un peu trop… Moi j’ai connu un monsignore qui en avait quarante. Mais si tu as tant de chaussures, donnes-en la moitié ! […] On peut faire des miracles avec la générosité. La générosité des petites choses. Homélie du 26 novembre 2018

L’effet papillon

On sait qu’au printemps, les gens aiment bien ranger et nettoyer leur maison, ils appellent ça le ménage de printemps. À la maison, on a décidé d’en profiter pour faire un grand tri de nos vêtements. Bien qu’on garde la plupart de nos habits pour nos petits frère et sœurs, on s’est rendu compte qu’il y en a tout de même trop. Dans les caisses de vêtements trop petits comme dans nos placards, il y en a beaucoup qu’on ne garde que parce qu’ils nous plaisent, alors qu’on ne les porte presque jamais. On n’a pas besoin d’en avoir autant, alors nos parents nous ont proposé de préparer une petite vente de vêtements à la maison. Ils se sont organisés avec d’autres familles et chacun a apporté ses habits pour les mettre en vente dans le jardin, au tarif d’environ 2 € par tenue. C’était chouette de voir nos amis essayer nos vêtements, ou bien d’acheter le pull du frère d’une amie. Plus tard, c’était amusant, dans la cour de l’école, de voir nos vêtements sur d’autres enfants. Comme ça, on est maintenant de plus en plus nombreux à s’échanger nos habits plutôt que d’en acheter des neufs. Nos parents ont même un groupe sur leur téléphone pour s’emprunter ou échanger des affaires entre amis, par exemple la tenue du concert de fin d’année ou des bottes de pluie quand on change de pointure. Plein de bonnes affaires se font ainsi !

À toi de jouer

Ton défi est de donner un vêtement que tu ne portes jamais. Pour cela, tu peux regarder dans tes placards et prendre le temps de trier tes habits. Tu mets de côté ceux que tu ne portes jamais (ou une à deux fois par an). Tu peux même faire le tri parmi tes maillots de bain ou tes chaussures de sport et en mettre de côté si tu en as plusieurs. Bien sûr, tu gardes la combinaison de ski qui sera peut-être utile cet hiver si tu pars en classe de neige. En revanche, il est sans doute possible de te séparer de tel vêtement que tu n’aimes pas trop et dont tu n’as pas vraiment besoin. Lorsque tu auras formé un petit tas de vêtements, tu peux regarder avec tes parents lequel tu pourrais donner, parce que tu peux t’en passer. Le plus simple est de le donner directement à une association que tu connais. Si tu n’en connais pas, tu peux le déposer dans un gros bac de recyclage comme les « Relais ». Il y en a partout en France, tu en trouveras certainement un près de chez toi. Après, ton habit sera donné à une association ou recyclé (par exemple pour faire des chiffons ou de l’isolation). Bien sûr, tu peux en donner plusieurs !

À découvrir

Le site internet et l’application Vinted (www.vinted.fr), pour acheter ou vendre des habits d’occasion. Tu pourras le regarder avec tes parents la prochaine fois que tu auras besoin d’un vêtement.


Pour aller plus loin


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