Un livre pour croire en l’entreprise

Aime, prie et travaille: un ouvrage qui redonne espérance dans la capacité des entreprises à œuvrer pour le bien commun. L’auteur, Thomas Jauffret est membre de la communauté de l’Emmanuel depuis une dizaine d’années. Ce touche-à-tout est à la fois consultant en fusion-acquisition, stratégie et finance mais également investisseur. En 2018, il publie un premier ouvrage : Dieu, l’entreprise, Google et moi  (Editions Salvator), couronné par le prix Humanisme chrétien. Son nouveau livre: “Aime, prie et travaille” est pétri de doctrine sociale de l’Église et nous invite à appliquer à l’entreprise le modèle de l’économie monastique.

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Lire aussi : « Le progrès ressemble parfois à Minority Report » – Interview de Thomas Jauffret pour le Forum Zachée / Dieu, l’entreprise, Google et moi, un livre sur l’entreprise et l’Église reçoit le prix Humanisme chrétien

Pourquoi avoir écrit ce livre?

J’ai commencé ma vie professionnelle dans les fusions-acquisitions. Comme beaucoup, je me posais la question du sens de mon travail, j’ai toujours associé les questionnements business et spirituels. J’investissais dans le domaine des médias, un univers dans lequel on peut vite être grisé par le côté paillettes. Je ne me sentais pas toujours serein. C’est à ce moment là que j’ai suivi une préparation au mariage avec Rose, ma femme. J’avais alors une foi assez intellectuelle tandis que la sienne était beaucoup plus incarnée. J’ai commencé à m’interroger sur le sens de mon travail et à écrire, pour moi, pour y voir plus claire

Si l’amour est la vocation intrinsèque de la personne, c’est donc également la vocation du couple, de la famille, des amis et par voie de conséquence, de l’entreprise, composée d’un groupe de personnes qui ont, toutes, l’amour pour vocation. 

C’est à ce moment-là que, pour avoir plus de liberté, je me suis mis à travailler à mon compte et qu’avec mon épouse, nous sommes entrés dans la communauté.

On nous a alors proposé de relancer le forum Zachée et je me suis pris au jeu de me plonger dans la Doctrine Sociale de l’Eglise (DSE).

Un éditeur m’a proposé d’écrire un livre pour vulgariser la doctrine sociale de l’Église mais je ne voulais pas paraphraser le magistère ou des auteurs comme Pierre-Yves Gomez.  Et puis dans mon univers professionnel un homme non croyant m’a interpellé en me disant: “vous les cathos, vous avez plein de choses à dire au monde mais on ne comprend rien à ce que vous dites”. C’est l’origine de mon premier livre: confronter la DSE au monde dans lequel on vit. 

Ce nouveau livre part d’un constat: les entreprises sont toutes dans une course au “good”, on parle d’entreprises à mission, de “tech for good”, tout le monde se targue d’être vertueux en matière économique, écologique etc.. mais dans le fond, on ne sait pas vraiment ce qui est bon, ni comment aider une entreprise qui veut aider le monde. Un professeur d’Harvard pose cette question qui me paraît très pertinente: “Qu’est ce que tu as fait pour aider les gens à devenir meilleurs?”. On pourrait la traduire par : comment j’aide ma famille, mes enfants, l’entreprise, l’écosystème, à devenir meilleur? 

Il y a une hypothèse de départ dans mon livre: j’aime le monde dans lequel je vis. Parfois les catholiques ont un regard très critique sur notre société. Or si le Seigneur m’a placé dans cette époque de l’histoire ce n’est pas par hasard. Bien sûr, je peux essayer de faire quelques corrections fraternelles mais pour cela il faut au départ que j’aime le monde. 

Dans mon livre, je propose aussi de nombreux exemples inspirés de l’économie monastique et de la règle de St Benoît. Ce livre a aussi pour objectif de nous aider à poser un regard plus ajusté sur le monde dans lequel nous vivons;

Qu’est ce qui nourrit ton espérance aujourd’hui ?

Je suis actif dans des médias digitaux très populaires. Quand je regarde les posts qui marchent le mieux: sexe, argent, maternité/ famille, cela me touche car en fait, quand un rappeur parle de sexe, derrière, il y a une recherche d’amour. Quand un autre parle d’argent, c’est d’abord pour offrir à ses parents tout ce que lui-même n’a pas reçu petit. Les gens veulent tous une famille stable, de l’amour, de la beauté. On ne leur offre pas de beauté en les critiquant tout le temps. Les jeunes générations sont toujours touchées par la beauté, l’amour et la stabilité. Ma foi me laisse penser qu’il y a quelque chose de très vrai dans ce que Jésus nous transmet. Les clés du bien commun, de l’option préférentielle pour le pauvre et de la beauté sont vraiment des clés pour le monde. Nous les chrétiens avons souvent du mal à aimer le monde et pourtant ce que nous avons à lui transmettre est tellement beau!

Quel est le verset de la Bible qui te porte particulièrement en ce moment ?

“Soyez toujours prêts à la défense contre quiconque vous demande raison de l’espérance qui est en vous” (Pierre 3, 15) . Selon moi, ce verset est une invitation pour nous les chrétiens à toujours proclamer l’Espérance qui est en nous. 

Je trouve que dans notre société on a du mal à dire qui on est, ce qui nous porte, vers quoi notre vie est tendue. Pourtant il me semble qu’une fois que les gens savent qui tu es, ils te comprennent mieux. 

Il me paraît aussi essentiel de relire son histoire personnelle à la lumière des grâces reçues.

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