« Nous sommes de simples serviteurs » : La joie de l’évangélisation

Je m’appelle Étienne, j’ai 21 ans. A la sortie d’une double licence en Science Politique et Lettres, j’avais un grand désir de mission et de formation. Cette année que j’ai passée à Emmanuel campus a répondu à mon désir de vivre une année en mission au cœur du monde étudiant pour découvrir la mission comme mode de vie.

Tout y a été fait pour que nous puissions entrer en profondeur dans notre relation à Dieu pour le donner au monde : formation forte, vie fraternelle riche et dense, vie de prière importante, temps de mission quotidiens.

Cette année, on a eu la joie de vivre l’évangélisation sur le campus environ 3 après-midis par semaine. On prenait le temps, pendant 1h30, d’aller rencontrer des jeunes de tous horizons pour répondre à des questions, prier avec eux, ou rencontrer tout simplement et écouter. Un jeudi, on sortait de cours de philo avec une de mes sœurs d’Emmanuel Campus. On était vraiment fatigués, dans un état de grande lassitude, on est partis en trainant la patte. On a prié l’Esprit Saint avec simplicité, en lui exposant l’état de notre cœur : on n’avait tout simplement pas envie d’y aller. Mais on est partis quand même avec foi : l’Esprit Saint ne nous abandonne jamais. Quand tu pries l’Esprit Saint, il vient ! Après quelques rencontres rapides, on a rencontré une fille qui s’est annoncée comme athée. Et on a vraiment pris le temps de discuter, de se rencontrer joyeusement. Il y avait énormément de choses en elle qui criaient un désir de justice, un désir d’amour… un désir de Dieu en fait ! Elle était en colère contre l’Église, en colère contre les religieux… Elle ne voulait pas entendre parler de Dieu à cause de personnes qui l’ont blessée. Petit à petit, en nous rencontrant, en voyant des jeunes chrétiens, paisibles, sereins dans notre manière d’être avec elle, libres, elle s’est laissée un peu interpeller, par nos goûts aussi. On fait des passerelles entre nos vies : étudiante en cinéma elle est fan d’un film que j’aime beaucoup ; elle est interpellée par le personnage de Mère Teresa, et j’ai été au service des sœurs de Mère Teresa en Inde quelques semaines. Je lui ai donné une médaille que m’avait donnée une sœur de Mère Teresa en Inde, elle en a été très touchée. Cette discussion lui a permis de se rappeler certains moments où elle a elle-même été touchée par Dieu. Elle nous a raconté un moment où elle était en humanitaire en Roumanie, ou elle a compris qu’une enfant dont elle s’occupait, un jour en priant, elle a dit « Seigneur, je te prie pour Charlotte ». Elle le racontait hyper émue, cette foi d’enfant l’a beaucoup touchée. Ce souvenir a dilaté son cœur. On s’est arrêtés là, on n’a pas prié avec elle, on ne l’a pas revue, mais on a été disponibles pour elle et elle a pu se souvenir de ces moments qui l’ont façonnée au plus profond d’elle. Ça a éveillé en elle quelque chose de bon, de beau qui l’avait touchée. On a discuté de plein de choses en vérité. Elle est sortie joyeuse et transformée après cette discussion, avec un magnifique sourire !

Ma joie dans cette rencontre, réside dans cette phrase de l’Évangile : « Nous sommes de simples serviteurs : nous n’avons fait que notre devoir » (Luc 17, 10). J’ai fait mon devoir en persévérant dans ma lassitude jusqu’à rencontrer cette étudiante qui en avait sûrement besoin. C’est une joie c’est de se mettre au service de l’autre et de lui donner Dieu. Je peux rencontrer Dieu en rencontrant l’autre. En évangélisant, je découvre qui est Dieu et qui je suis pour Dieu. Souvent, il faut exprimer les choses pour ouvrir son cœur à Dieu, et on a été ce réceptacle pour cette fille-là, on a reçu ses cris, ces élans de colère qu’il y avait en elle… une fois qu’elle les a eu déposés, elle a pu s’ouvrir à autre chose. On était un outil dans les mains de Dieu, et rien d’autre. Ce n’est pas nos mots, ni notre attitude qui l’ont retournée, c’est Dieu qui est venu agir en profondeur à ce moment-là. On ne l’a pas convaincue de devenir chrétienne, mais on lui a donné à gouter Dieu par notre liberté, notre joie d’être chrétiens : aimés et sauvés.

C’est dans ce genre de rencontres que je réalise la richesse d’Emmanuel Campus : on prend le temps, tout se fait dans la durée. Il n’y a eu aucun moment hyper spectaculaire cette année qui m’a davantage marqué que la puissance de prendre le temps. Cette rencontre avec cette étudiante nous a bousculés intérieurement, parce qu’on s’est rendus compte de la puissance de l’Esprit Saint quand on se livre à lui. Et tout cela est enraciné dans la prière. Cette année, j’ai mis en place dans ma vie de chrétien un long temps de cœur à cœur avec Dieu chaque jour, où je viens puiser à la source dans la prière et dans l’adoration : lorsque je suis abreuvé, je peux entendre le jeune que je rencontre me dire « donne-moi à boire ». Cette fille, on a pu lui donner à boire parce que nous-mêmes on avait déjà bu, et ça, ça prend du temps. Au fur et à mesure, on a vu la manière dont on a gagné en sérénité, en liberté et en paix. On était libres d’annoncer Dieu parce qu’on avait nous-même rencontré Dieu dans la prière. On demandait à Dieu de nous abreuver, et de ça jaillissait une vraie liberté de le donner au monde, particulièrement les étudiants.

Cette année m’a fait découvrir en profondeur les bienfaits de prendre le temps, et j’avais sûrement besoin de passer par un moment fort, long de mission, ce qu’on peut vivre à Emmanuel Campus, pour ensuite devenir missionnaire au quotidien. La mission ça s’apprend ; et on apprend en la vivant, avec des frères. Pour cela il me fallait du temps. Maintenant, au terme de cette année, je désire être missionnaire au quotidien, parce que j’ai eu la grâce d’y gouter 24h/24 pendant un an.

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