Pauline Jaricot et le Curé d’Ars, une profonde amitié spirituelle

Cet article fait partie du dossier thématique :Pauline Jaricot, sa spiritualité missionnaire →

« Dieu seul pour témoin, Marie pour soutien, et puis rien… » Cette phrase gravée sur la croix donnée à Pauline Jaricot par le Curé d’Ars est une belle illustration des liens d’amitié qui les unissaient.

Par COLETTE TEMPÈRE-VAGANEY, historienne

Colette Tempère-Vaganey, guide conférencière, est l’auteur de La Basilique Notre Dame de Fourvière, son symbolisme, son histoire. Elle a mis en place des circuits à Lyon pour faire connaître Pauline Jaricot, accompagnés par deux guides de la Fondation Fourvière (dont elle).

La première entrevue entre Pauline Jaricot et Jean- Marie Vianney a lieu en 1816 à Tassin, dans la propriété des Jaricot. Antoine Jaricot, le père de Pauline, a coutume d’inviter à sa table, le père Balley, curé d’Écully. Cette année-là, le prêtre arrive accompagné de son nouveau vicaire, l’abbé Vianney. Pauline qui vient de perdre sa mère, de vivre de graves problèmes de santé et traverse des difficultés morales, « reçoit pour la première fois le sens de la vie et la beauté du monde. Une lumière nouvelle emplit ses yeux neufs » (R.P. de Parvillez, opus cit. p. 12).

Encouragements

En 1818, Jean-Marie Vianney est nommé curé à Ars. Il découvre une paroisse extrêmement pauvre tant sur le plan matériel que spirituel. Il décide alors d’aller à Lyon demander une aide financière à Antoine Jaricot. Il fait le trajet à pied, de nuit, et arrive à Fourvière au petit matin pour entendre la première messe. Il se rend ensuite chez les Jaricot. Il vient solliciter Pauline pour « ses pauvres », convaincu de recevoir une aide substantielle. Jean-Marie Vianney « reconnaît vite la rare qualité d’âme de celle qu’il vient visiter » (Jean Barbier op. cit. p. 29). En 1819, le Curé d’Ars revient frapper à la porte de sa bienfaitrice, tous ses subsides étant épuisés. Pauline fait part à son visiteur de son désir de répondre à la requête de son frère Philéas qui s’est converti et veut aider au financement des missions : « J’avais pensé à mes ourdisseuses. Mais Monsieur le curé, le rendement de la quête d’un sou dans un si petit groupement sera bien précaire. » Jean- Marie Vianney encourage Pauline : « Un sou par semaine, des groupes de dix personnes », « C’est une œuvre de Dieu. Il faudra qu’elle grandisse d’une façon ou d’une autre. Pourquoi vous tourmentez-vous ? ». Et de conclure : « Laissez faire Dieu, Mademoiselle, il saura bien trouver son instrument. Persévérez, ne vous laissez pas rebuter par les difficultés. Votre œuvre grandira » (Jean Barbier op.cit. pp. 51-52). Plus tard, Pauline, éprouvée, a le vif sentiment que « quelqu’un veille sur elle, quelqu’un qui a une étonnante connaissance des âmes, le Curé d’Ars. » (Jean Barbier, op.cit., p. 66).

Sainte Philomène

En 1835, Pauline, de retour de son voyage à Mugnano et à Rome, toute à la joie de sa guérison, s’achemine vers Ars pour y rejoindre le père Vianney. Deux années se sont écoulées depuis leur dernière entrevue. Dès qu’il la voit, Jean- Marie Vianney se précipite vers elle « Oh ! Ma chère sœur, vous ici, Dieu soit béni ! ». Pauline évoque sainte Philomène, « raconte les phénomènes étranges qui l’ont guérie . Les larmes mouillent les yeux du prêtre quand Pauline dépeint l’image de cire. Mademoiselle Jaricot ouvre sa cassette et lui remet, enveloppés de soierie, les fragments de l’humérus. Le Curé reçoit les restes de la vierge grecque avec une joie inexprimable. Il rit et pleure et dit à Pauline qu’il exposera les reliques dans son église ». (Jean Barbier op.cit. p. 92)

Plus tard, Jean-Marie Vianney vient à Lorette quêter pour ses pauvres. Mue par une inspiration subite, Pauline expose à ce vieil ami le projet qui la hante : « la banque universelle pour les pauvres ». Pendant son long plaidoyer, le prêtre l’écoute sans mot dire, pénétré d’une secrète émotion. Il a le pressentiment des épreuves qui attendent Pauline. Aussi projette-t-il de lui envoyer une aide qui lui deviendra précieuse, en la personne de Marie Dubouis dont il connaît l’absolu dévouement.

Le don de la croix

Un matin de l’hiver 1858, Pauline Jaricot qui vit des épreuves douloureuses, dit à Marie Dubouis : « Ma fille, je n’en peux plus. J’ai grand besoin de revoir mon frère d’Ars » (J.Barbier op.cit.p.137). Le curé les accueille avec joie mais dans une chambre glacée. Il veut faire du feu. Pauline le retient : « Père nous avons si peu de temps, j’aime mieux que vous réchauffiez mon âme. » Le bon prêtre fixe sur elle des yeux pleins de tendresse. Il la rassure par des paroles réconfortantes : « Ne croyez pas, chère sœur, que tout est perdu parce qu’on vous blâme universellement. L’abandon apparent de la Divine Providence ne peut ébranler votre confiance, car cette confiance vient de lui. Quant à vos persécuteurs, ils sont les instruments de votre perfection ». (J.B. p. 139). Alors qu’on l’appelle au confessionnal, il donne à Pauline une croix de bois en lui disant « Ma sœur, ce qu’il y a sur cette croix sera votre devise “Dieu seul pour témoin, Marie pour soutien, et puis rien…”. » Il lui tend ses deux grandes mains ouvertes, mains amicales et chaudes : « Adieu, ma sœur Pauline en Jésus Christ » (J.B. op.cit. p. 140). Pauline regagne sa maison de Lorette, l’âme en paix. ¨

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Le magazine Il est vivant a publié le numéro spécial :

IEV n°355 - Charles de Foucauld et Pauline Jaricot - L'Évangile en actes Se procurer le numéro →

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