Pape François : « Ne pas virtualiser l’Église »

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Des millions de chrétiens, qui ne pouvaient participer physiquement à la messe, ont suivi chaque matin la “messe du Pape” par Internet ou la télévision. Une expérience virtuelle qui n’est pas sans limite, note François dans cette homélie (extraits).

« … Cette familiarité des chrétiens avec le Seigneur est toujours communautaire. Oui, elle est intime, elle est personnelle, mais en communauté. Une familiarité sans communauté, une familiarité sans le pain, une familiarité sans l’Église, sans le peuple, sans les sacrements est dangereuse. Elle peut devenir une familiarité – disons – gnostique, une familiarité seulement pour moi, détachée du peuple de Dieu. La familiarité des apôtres avec le Seigneur était toujours communautaire, elle était toujours à table, signe de la communauté. Elle était toujours avec le sacrement, avec le pain. (…) Quelqu’un m’a fait réfléchir sur le danger que nous vivons en ce moment. Cette pandémie a eu pour effet que nous communiquons et communions tous, même religieusement, à travers les médias, les moyens de communication ; même pendant cette messe, nous communions tous, mais pas ensemble, spirituellement ensemble. Nous sommes ensemble, mais pas ensemble. Aujourd’hui vous [ici] avez l’Eucharistie, mais les gens qui sont en liaison avec nous ont seulement la communion spirituelle. Et cela n’est pas l’Église : c’est l’Église dans une situation difficile, que le Seigneur permet, mais l’idéal de l’Église est toujours avec le peuple et avec les sacrements. Toujours. (…) [L’évêque] me disait : « Faites attention à ne pas virtualiser l’Église, les sacrements, le peuple de Dieu. » L’Église, les sacrements, le peuple de Dieu sont concrets. Il est vrai qu’en ce moment nous devons avoir cette familiarité avec le Seigneur de cette manière, mais pour sortir du tunnel, pas pour y rester. Et il s’agit de la familiarité des apôtres : elle n’est pas gnostique, elle n’est pas virtuelle, elle n’est pas égoïste pour chacun d’entre eux, mais c’est une familiarité concrète, dans le peuple. La familiarité avec le Seigneur dans la vie quotidienne, la familiarité avec le Seigneur dans les sacrements, au milieu du peuple de Dieu. Ces derniers ont accompli un chemin de maturité dans la familiarité avec le Seigneur : apprenons nous aussi à le faire. Dès le premier moment, ils ont compris que cette familiarité était différente de celle qu’ils imaginaient, et ils sont arrivés à cela. Ils savaient que c’était le Seigneur, ils partageaient tout : la communauté, les sacrements, le Seigneur, la paix, la fête. Que le Seigneur nous enseigne cette intimité avec lui, cette familiarité avec lui, mais dans l’Église, avec les sacrements, avec le saint peuple fidèle de Dieu. ¨

PAPE FRANÇOIS, Vendredi 17 avril 2020

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