Mary Healy : Évangéliser par la puissance du Saint-Esprit

Mary Healy, docteur en théologie biblique dirige la commission doctrinale de Charis, la nouvelle instance générale du renouveau charismatique. Dans cette interview, elle rappelle combien l’action de l’Esprit-Saint est puissant dans ses réalisation et combien elle a toujours été visible dans l’Église.

L’Évangile de Marc se termine par ces paroles : « Ils s’en allèrent proclamer partout l’Évangile. Le Seigneur travaillait avec eux et confirmait la Parole par les signes qui l’accompagnaient. » Quelle belle description de ce qu’est l’évangélisation de l’Église à toutes les époques ! Le Seigneur ressuscité « travaillait avec eux » (en grec, synergeo) afin que, par leur proclamation de l’Évangile remplie de foi, sa puissance de salut se manifeste à ceux qui en ont le plus besoin.

« Les guérisons et les miracles de Jésus manifestent visiblement que le royaume est là. » Mary Healy (ici en France en mai 2019).

Le ministère en prison de mon ami Jean est un bon exemple d’une telle collaboration. Il visite régulièrement des prisons et des centres de réhabilitation, apportant l’amour et la compassion du Christ aux prisonniers. Un jour, il avait réuni quelques détenus pour prier et voilà ce qui s’est produit : « Un prisonnier, Rick, a dit qu’il avait mal au dos. J’ai prié pour cela, et le mal a disparu. Mais l’Esprit Saint m’a poussé à lui demander s’il avait une jambe plus courte que l’autre. Il a répondu qu’il ne savait pas mais qu’il avait eu une opération à la cheville. Je lui ai demandé de s’asseoir par terre pour vérifier et, effectivement, c’était le cas. Et j’ai dit à la douzaine d’hommes présents dans la pièce de se rassembler autour de lui et de regarder. Jésus ne déçoit pas. La jambe a grandi jusqu’à devenir aussi grande que l’autre. Ils étaient tous stupéfaits d’avoir vu ce prodige se produire sous leurs yeux. J’ai profité de cette occasion pour leur parler de l’amour de Dieu et leur dire que le Seigneur ne voulait pas seulement guérir Rick physiquement, mais aussi sa relation avec lui, et qu’il voulait faire de même pour chacun d’entre nous. »

« Nous ne pouvons plus rester impassibles, à l’intérieur de nos églises »

Depuis plus de 50 ans, l’Église fait retentir l’appel à la nouvelle évangélisation. Cela a commencé par le concile Vatican II, qui a cherché à renouveler l’Église pour mieux annoncer l’Évangile aujourd’hui. Après le Concile, le pape Paul VI a déclaré avec audace « Évangéliser est, en effet, la grâce et la vocation propre de l’Église, son identité la plus profonde. Elle existe pour évangéliser. » (Evangelii Nuntiandi, 14).

Et tous les papes suivants ont répété ce message. Le pape François quant à lui l’exprime ainsi : « “Nous ne pouvons plus rester impassibles, dans une attente passive, à l’intérieur de nos églises”… il est nécessaire de passer “d’une pastorale de simple conservation à une pastorale vraiment missionnaire” » (La Joie de l’Évangile, N° 15)… » C’est donc toute l’Église qui est invitée à redécouvrir son identité de “communauté de disciples
missionnaires”.

Comme cette invitation retentit continuellement depuis la chaire de Pierre, il est sage de se demander de temps en temps : comment se porte cette nouvelle évangélisation ? Et dans de nombreuses régions du monde, la réponse honnête est : « Pas si bien que ça… » En Europe et en Amérique du Nord, le nombre de catholiques pratiquants a baissé rapidement et particulièrement parmi les jeunes. Aux États-Unis, une enquête a montré récemment que pour chaque adulte qui rejoint l’Église catholique, 6,5 la quittent… Les enquêteurs ont noté qu’aucun autre groupe religieux ne connaît un ratio aussi élevé de perte. En Amérique latine, la région la plus catholique au monde, des millions de personnes ont quitté l’Église pour rejoindre des groupes évangéliques ou pentecôtistes. En Afrique et dans certaines régions d’Asie, l’Église est en croissance, mais là encore, assez peu de catholiques sont pleinement conscients de leur appel à être des disciples missionnaires.

Cette réponse mitigée suscite une nouvelle question : qu’est-ce qui manque ? Qu’est-ce qui n’a pas été fait et qui devrait l’être pour que la nouvelle évangélisation prenne son envol ? Aurions-nous oublié quelque chose de la grande mission que Jésus nous a confiée ?

Revenir à la source de l’Évangile

Guérir – Comment offrir au monde la miséricorde de Dieu. Mary Healy, Éditions des Béatitudes. Guérir au nom de Jésus n’est pas réservé à des spécialistes.
Pour répondre à cette question, je crois qu’il nous faut retourner aux Écritures, où nous trouvons le récit de la première évangélisation, cette extraordinaire expansion de l’Évangile dans le monde antique. Nous découvrons comment un petit groupe de pêcheurs, de collecteurs d’impôts et d’autres gens ordinaires « ont semé le désordre dans le monde entier » (Ac 17, 6) pour Jésus alors même qu’ils étaient victimes de violentes persécutions. Leur proclamation de la Bonne nouvelle du salut dans le Christ était si efficace qu’au milieu du quatrième siècle, quand devenir chrétien se faisait enfin sans risque, déjà presque la moitié de la population de l’empire romain était chrétienne.

Jésus a enseigné à ses disciples que leur mission est enracinée dans sa propre mission : « Comme le père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie » (Jn 20, 21). Sa mission commence officiellement avec son baptême par Jean dans le Jourdain, qui est un acte d’humble obéissance à la volonté du père. Immédiatement après que les cieux se sont ouverts, le Saint-Esprit descend sur lui sous la forme d’une colombe et Jésus entend la déclaration d’amour du père : « Toi, tu es mon Fils bien-aimé ; en toi, je trouve ma joie. » (Lc 3, 22).

L’Évangile ne dit pas que le ciel s’est ensuite refermé. Aussi Jésus a-t-il vécu sous un ciel ouvert ! Après son baptême, il est rempli du Saint-Esprit et se rend dans la puissance de l’Esprit en Galilée pour commencer son ministère d’enseignement, de guérison et de libération des opprimés (Lc 4, 1, 14). C’est seulement à partir de ce jour, et pas avant, qu’il a commencé à agir avec puissance. Bien qu’il soit le Fils de Dieu, Jésus a choisi de vivre comme un homme, dépendant de l’Esprit Saint.

Après avoir résisté aux tentations de Satan dans le désert, Jésus va dans la synagogue de Nazareth prononcer son sermon inaugural dans lequel il résume sa mission en tant que Messie. Il prend le rouleau du prophète Isaïe et lit une prophétie messianique : « L’Esprit du Seigneur est sur moi parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction. Il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres, annoncer aux captifs leur libération, et aux aveugles qu’ils retrouveront la vue, remettre en liberté les opprimés, annoncer une année favorable accordée par le Seigneur » (Luc 4, 18-19).

Puis Jésus déclare que ce passage s’accomplit en lui. C’est en fait la description parfaite de ce qu’il est venu faire. Il est oint par le Saint- Esprit pour être envoyé dans tous les lieux de servitudes, de cécités, de maladies, d’oppressions, de culpabilités et de misères humaines, pour proclamer la bonne nouvelle du Salut et la manifester de façon visible en libérant réellement les gens.

Jésus nous enseigne que l’Évangile qu’il prêche est une bonne nouvelle parce qu’il vient avec la puissance(du Saint-Esprit) ! Inversement, sans cette puissance, l’Évangile ne serait pas une bonne nouvelle.

Un exemple peut nous aider à comprendre. Imaginez une prison souterraine, sombre et humide, dans laquelle des centaines de personnes sont enchaînées ; elles sont sales, affamées, froides, malades, misérables, pleines d’amertume et de désespoir. Supposons alors que quelqu’un entre et annonce haut et fort : « Hé, tout le monde ! J’ai une bonne nouvelle : il y a un sauveur qui est venu ouvrir les portes des prisons et laisser tous les captifs partir libres. Je voulais simplement que vous le sachiez. Passez une bonne journée ! » Puis cette personne s’en va, laissant tout le monde enchaîné comme avant. Ce message était-il une bonne nouvelle ? Bien sûr que non. Ce n’est pas une bonne nouvelle, à moins que ce qu’a annoncé cette personne se concrétise.

Ainsi en est-il de l’Évangile : l’Évangile est une bonne nouvelle parce qu’il vient avec le pouvoir d’apporter réellement ce qu’il annonce : la guérison, la liberté, le pardon, la bénédiction et le salut.

Sans la puissance de l’Esprit Saint, rien n’est possible

Une autre vérité immensément importante est inscrite dans l’énoncé de mission de Jésus (Luc 4, 18-19). Jésus attribue toutes les oeuvres puissantes qu’il est sur le point de faire – guérisons, miracles, chasser les démons, prêcher avec autorité, inaugurer le royaume de Dieu – non à sa toute-puissance divine, en tant que Fils de Dieu, mais à l’onction de l’Esprit Saint qui lui est donnée dans sa nature humaine. C’est très important parce qu’il a promis de nous donner, à nous ses disciples, le même Esprit qui l’avait oint. Tout comme sa mission a été fondée sur le fait qu’il a été rempli de l’Esprit Saint dans sa nature humaine, Esprit Saint qui lui a donné la puissance, de même notre mission est fondée sur le fait que nous sommes remplis de l’Esprit Saint, qui nous donne la puissance. L’Esprit Saint a été répandu pour la première fois à la Pentecôte et est maintenant donné par le baptême et la confirmation, et sa présence doit être continuellement renouvelée dans la vie d’un chrétien. Après avoir révélé l’essence de sa mission, Jésus fait ce qu’il dit. À partir de ce moment, une grande partie des Évangiles est consacrée aux récits de ses guérisons, délivrances et miracles. Son ministère est sans cesse résumé en ces termes : « Jésus parcourait toute la Galilée ; il enseignait dans leurs synagogues, proclamait l’Évangile du royaume, guérissait toute maladie et toute infirmité dans le peuple. » (Mt 4, 23).

À propos du charisme de guérison

Mary, dans votre livre, Guérir, vous écrivez : « Ceux qui ont un charisme de guérison verront, lorsqu’ils prient pour les malades, un nombre inhabituel de guérisons remarquables. Cependant, vous n’avez pas besoin d’avoir le charisme pour prier et voir des guérisons. » Cela signifie-t-il que nous n’avons pas tous le charisme de guérison mais que Dieu peut se servir de nous malgré tout pour guérir quelqu’un ?
Mary Healy Je ne crois pas que le charisme est quelque chose que vous avez ou que vous n’avez pas, avec une frontière stricte entre les deux. Avoir un charisme signifie plutôt que le Saint-Esprit agit à travers vous avec une fréquence ou une efficacité inhabituelle dans un domaine particulier. La plupart des chrétiens peuvent enseigner la foi d’une certaine manière (par exemple, les parents enseignent à leurs enfants), mais certains sont capables d’enseigner avec une efficacité extraordinaire : ils ont le charisme. Il en va de même avec la guérison. Il est également vrai que les charismes grandissent avec la pratique. Pour recevoir le charisme de la guérison, il faut prier régulièrement pour les malades pour qu’ils soient guéris !

Les guérisons et les miracles de Jésus ne peuvent être séparés de sa prédication. Ils ne sont pas seulement une preuve extérieure de la vérité de la bonne nouvelle qu’il prêche ; ils en sont l’incarnation. Ils manifestent visiblement que le royaume est là. Ils montrent de manière convaincante que son message est vrai : il est vraiment le Messie, il est victorieux du péché et de toute sorte de mal ; il a de la compassion pour tous les malades et tous les pécheurs, et il est venu libérer les hommes.

« Voici les signes qui accompagneront ceux qui deviennent croyants »

Après avoir manifesté dans sa propre vie comment évangéliser, Jésus a chargé ses disciples de poursuivre sa mission. Il leur a commandé de prêcher l’Évangile de la même façon qu’il l’avait fait : non seulement en paroles, mais en actes surnaturels qui démontreraient la vérité des paroles. Il a dit aux apôtres : « Prêchez en disant : “Le royaume des cieux est proche. Guérissez les malades, ressuscitez les morts, purifiez les lépreux, chassez les démons” » (Mt 10, 7-8).

En lisant ce passage de l’Évangile, beaucoup de chrétiens pensent que cette mission ne s’applique qu’aux apôtres. Mais cette hypothèse n’est pas fondée, puisque plus tard, Jésus envoie un groupe plus important de soixante-dix disciples, représentant pour toujours tous ses disciples, et leur donne essentiellement la même charge : « Chaque fois que vous entrez dans une ville et qu’ils vous reçoivent… guérissez les malades qui s’y trouvent
et dites-leur : “Le royaume de Dieu s’est approché de vous” » (Lc 10, 8-9).

D’autres personnes disent que ce mandat n’a été donné qu’à la première génération de chrétiens, pendant la période de la croissance initiale de l’Église. Mais l’Écriture ne laisse aucune place à une telle conclusion. Le Seigneur ressuscité le répète de nouveau juste avant de monter au ciel, comme un commandement et une promesse valables pour toujours : « Allez dans le monde entier. Proclamez l’Évangile à toute la création. Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé ; celui qui refusera de croire sera condamné. Voici les signes qui accompagneront ceux qui deviendront croyants : en mon nom, ils expulseront les démons ; ils parleront en langues nouvelles ; ils prendront des serpents dans leurs mains et, s’ils boivent un poison mortel, il ne leur fera pas de mal ; ils imposeront les mains aux malades, et les malades s’en trouveront bien » (Mc, 16, 15-18). Jésus ne dit pas : « Ces signes accompagneront de grands saints » ou « quelques personnes extraordinairement douées », mais « ceux qui croient », c’est-à-dire les chrétiens. Il fait une promesse semblable au cours du discours de la dernière cène : « Amen, amen, je te le dis, celui qui croit en moi accomplira aussi les oeuvres que je fais ; et il accomplira des oeuvres plus grandes que celles-ci, parce que je vais vers le Père » (Jn 14, 12).

Mais comment le Seigneur peut-il attendre des chrétiens ordinaires qu’ils fassent ce qui est extraordinaire, voire impossible ? Il nous le dit dans ses dernières paroles avant de monter au ciel : « Mais vous allez recevoir une force quand le Saint-Esprit viendra sur vous ; vous serez alors mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre. » (Ac 1, 8). C’est l’Esprit Saint qui revêtira les disciples de « la puissance d’en haut » (Lc 24, 49) pour accomplir des oeuvres qui dépassent ce qui est humainement possible, et qui donc démontrent que Jésus Christ est vraiment victorieux du péché, de Satan et de la mort.

Le jour de la Pentecôte, la promesse de Jésus s’est accomplie. L’Esprit Saint est tombé sur les chrétiens réunis au Cénacle avec un vent puissant et des langues comme du feu. L’amour de Dieu a commencé à brûler en eux, leur timidité et leur peur ont disparu, et ils ont été remplis d’une audace extraordinaire. Contraints par l’amour du Christ, ils firent exactement ce qu’il leur avait ordonné : ils sortirent dans toutes les directions pour annoncer l’Évangile, accompagnés de guérisons, de miracles, de signes et de merveilles. Un exemple frappant de leur dynamisme évangélisateur est la mission de Philippe, l’un des sept premiers diacres ordonnés, en Samarie. Les Juifs et les Samaritains n’étaient pas amicaux les uns envers les autres, c’est le moins que l’on puisse dire. Pourtant Philippe, un Juif, vient dans un village de Samaritains proclamant Jésus, un Messie juif, et voici, les foules croient et sont baptisées ! Luc nous dit pourquoi : « Les foules, d’un même coeur, s’attachaient à ce que disait Philippe, car elles entendaient parler des signes qu’il accomplissait, ou même les voyaient. Beaucoup de possédés étaient délivrés des esprits impurs, qui sortaient en poussant de grands cris. Beaucoup de paralysés et de boiteux furent guéris. » (Ac 8, 6-7). De leurs oreilles, ils entendaient le message de l’Évangile ; et de leurs yeux, ils voyaient les signes qui accompagnaient et qui confirmaient visiblement la vérité du message.

Des signes qui n’ont jamais disparu

Les œuvres puissantes qui accompagnaient l’évangélisation ne se sont pas terminées avec l’âge apostolique. Les écrits des Pères attestent que les miracles ont souvent été faits non seulement par de grands évêques et évangélistes, mais par des gens ordinaires. En effet, ces signes ont été une raison majeure de la croissance rapide de l’Église dans le monde antique. Le royaume de Dieu se brisait visiblement sur une société embourbée dans les ténèbres morales et spirituelles, avec toutes les ruptures émotionnelles et physiques qui en résultent. Et « Le soleil de la justice s’était levé, avec la guérison dans ses rayons » ! (Ma 3, 20).

Saint Irénée de Lyon donne un aperçu de ce qu’était le christianisme normal au IIIe siècle : [Les chrétiens] « font des miracles en son nom pour le bien des autres, selon le don que chacun a reçu de lui. Car certains chassent vraiment les démons, de sorte que ceux qui ont été purifiés des mauvais esprits croient souvent dans le Christ et rejoignent l’Église. D’autres ont la connaissance des choses à venir ; ils ont des visions et des prophéties. D’autres encore guérissent les malades en posant leurs mains sur eux, et ils sont guéris. Oui, d’ailleurs, les morts ont même été ressuscités, et sont restés parmi nous pendant de nombreuses années. »

Dans les temps qui suivirent, les signes et les merveilles sont devenus moins fréquents au fur et à mesure que des vues erronées sur les dons de l’Esprit ont commencé à apparaître. Mais ces signes n’ont jamais disparu de la vie de l’Église, surtout en période d’intense évangélisation. Dans une de ses lettres d’Inde, saint François-Xavier décrit ce qu’il a fait quand il a été assailli de demandes de visite et de prière pour les malades dans les villages voisins :

« Il m’était impossible de satisfaire tout le monde… alors j’ai trouvé une façon de les servir tous. Comme je ne pouvais pas y aller moi-même, j’envoyai des enfants en qui j’avais confiance. Ils se rendirent auprès des malades, rassemblèrent leurs familles et leurs voisins, récitèrent le Credo avec eux, et encouragèrent les malades à croire qu’ils seraient guéris. Puis, ils ont récité les prières de l’Église. Et Dieu a été ému par la foi et la piété de ces enfants et des autres, et a restauré la santé de corps et de l’âme d’un grand nombre de malades. Comme il a été bon avec eux ! Il a fait de la maladie de leur corps l’occasion de les appeler au salut, et les a attirés à la foi chrétienne presque par la force. » (Lettre 14, À la société de Rome, 1542).

En guérissant les gens par la foi de ces enfants, le Seigneur donnait un message puissant au peuple que François évangélisait :

Un médecin témoin de miracles

Il y a quelques années, Tom, médecin américain et une équipe de ministère de prière pour les malades, sont partis en mission au Mexique auprès des pauvres vivant sur une décharge. Ces personnes tiraient leur subsistance de ce qu’elles trouvaient dans les ordures. Tom a prodigué des soins médicaux à celles qu’il pouvait aider, mais c’est à l’équipe de prière qu’il a envoyé les cas difficiles. Il raconte. « Beaucoup des gens qui venaient à la tente médicale avaient des afflictions permanentes que je ne pouvais pas changer significativement. En le constatant, mon cœur s’est brisé. Le mieux que je pouvais faire pour beaucoup était de leur donner une dose d’ibuprofène, qui n’allait soulager leur douleur que pour un court moment.

Une femme âgée est entrée, appuyée sur une canne, toute courbée du fait de fractures dans le dos. Elle vivait dans la douleur quotidienne. Presque en larmes, je lui donnai deux comprimés, puis je l’envoyai recevoir la prière. Un peu plus tard, je la vis revenir. Elle s’est redressée, m’a lancé sa canne, riant et criant joyeusement qu’elle n’avait plus de douleur !

Un homme avait eu une fracture des vertèbres cervicales ; sa tête était constamment courbée vers le bas de sorte que son menton touchait le haut de son torse. Après qu’on eut prié pour lui, il est revenu me voir en me disant : “Plus de douleur.” Son cou était droit. Un autre avait une hernie énorme, qui a disparu. Un autre, une tumeur dans la paroi de l’estomac : disparue aussi…

La mission terminée, je suis rentré aux États-Unis. L’un de mes patients, qui avait développé un cancer du poumon, devait subir une intervention chirurgicale avec ablation du poumon. Cela m’a saisi de compassion : ce patient avait été alcoolique, mais était désormais sobre grâce aux Alcooliques anonymes. Il avait aussi rencontré Jésus et évangélisait avec ardeur autour de lui.

J’ai raconté à ce patient ce que j’avais vécu au Mexique, et je lui ai demandé s’il me permettait de prier avec lui. Il a accepté. Nous avons donc prié, demandant à Jésus d’ôter le cancer ou au moins de permettre que l’opération soit sûre et efficace. Et quand cet homme est allé à l’hôpital pour une radio préopératoire, il n’y avait plus de tumeur ! Deux ans se sont écoulés et il a des radios pulmonaires normales depuis !»

« Vous n’avez pas besoin d’être un missionnaire européen pour être un instrument de la puissance de guérison de Dieu. Vous n’avez pas besoin d’être un prêtre, un érudit, ou un saint. Vous n’avez même pas besoin d’être un adulte ! Vous avez juste besoin d’un cœur rempli d’une foi simple, la foi d’un enfant, dans le Seigneur Jésus. »

Des signes et des prodiges : un simple retour à la normale

Aujourd’hui, le Seigneur Jésus rappelle à son Église qu’il est vivant, et que ce qu’il a fait de son temps, il le fait encore aujourd’hui. Mon ami Tom, médecin, l’a appris il y a quelques années alors qu’il était en mission au Mexique (lire l’encadré). La résurgence extraordinaire des signes et des merveilles aujourd’hui n’est pas quelque chose d’étranger à l’Église catholique, c’est un simple retour à la normale et une redécouverte de ce qui fait notre ADN : la puissance de l’Esprit Saint et ses dons surnaturels, comme l’équipement normal donné par le Seigneur ressuscité à tous les croyants baptisés pour leur mission évangélisatrice. Pas moins que les gens du Ier siècle, les gens d’aujourd’hui ont besoin de plus que d’un message. Ils ont besoin d’une rencontre avec notre Sauveur tout-puissant, ébranlant la prison, brisant la chaîne, guérissant, délivrant. Et le Seigneur habille une fois de plus ses enfants avec la puissance d’en-haut pour leur permettre d’apporter sa bonne nouvelle aux extrémités de la terre.

 

Article extrait du magazine Il est vivant ! n°344.

 


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