La « participation active »

Cet article fait partie du dossier thématique :La liturgie, l’Eglise en prière →

Par MGR BRUNO VALENTIN

Rebâtir ou laisser tomber ? L’Église au cœur – Mgr Bruno Valentin, Édition Emmanuel 2020 (extraits)

« La Mère Église désire beaucoup que tous les fidèles soient amenés à cette participation pleine, consciente et active aux célébrations liturgiques, qui est demandée par la nature de la liturgie elle-même et qui, en vertu de son baptême, est un droit et un devoir pour le peuple chrétien, “race élue, sacerdoce royal, nation sainte, peuple racheté” (1 P 2, 9 ; cf. 2, 4-5). »1 Cette attention portée à la « participation active » domine la préoccupation de Vatican II en matière de réforme liturgique2. On n’en trouve pourtant aucune définition précise dans les textes du concile, ce qui a pu nourrir bien des confusions et des expérimentations plus ou moins heureuses dans les décennies qui ont suivi. Un des contresens les plus courants a consisté à confondre participation active et activisme, cherchant à tout prix à faire faire sans cesse quelque chose à chacun. […] La notion de « participation active » indique d’abord que dans la liturgie, plus que nulle part ailleurs, il est donné à chacun la possibilité d’agir avec le Christ. L’Eucharistie actualise l’offrande de Jésus à son Père, et c’est bien par cette offrande qu’il sauve le monde. Participer à la messe n’est jamais une simple dévotion personnelle, mais l’implication dans l’unique prière que le Fils, par l’Esprit, adresse au Père. Si nous avons bien compris cela, alors nous comprenons qu’à chaque messe, nous participons à la prière du Christ de manière active, pleine et consciente, en entrant directement en relation avec lui. Ce faisant, avec lui, nous sauvons le monde. Dès lors, cette idée de « participation active » fixe aussi la règle de notre action, non seulement pendant la liturgie, mais tout au long de notre vie. Elle dit notre juste manière d’agir, comme le Christ et avec lui, en toutes circonstances. La messe nous apprend à être non seulement croyant, mais pratiquant : croyant comme celui qui accueille et célèbre le don de vie du Seigneur dans le sacrement de l’Eucharistie ; pratiquant comme celui qui, nourri de ce don, le porte au cœur du monde pour le partager à tous. Une notion liturgique, comme la participation active, peut être aussi la clé de ce que nous pouvons entreprendre dans tous les domaines de la vie ecclésiale pour guérir du cléricalisme. L’erreur consistant à réduire cette question à un jeu de pouvoir est en effet la même que celle qui a conduit à confondre participation active et activisme liturgique. Dans un cas comme dans l’autre, l’enjeu réel est d’articuler nos attitudes extérieures avec la vérité intérieure de ce que nous sommes, afin d’agir comme le Christ, par lui avec lui et en lui, pour la gloire de Dieu et le salut du monde. ¨

1.Constitution Sacrosanctum Concilium, n° 14.

2.Elle n’était toutefois pas une nouveauté. Déjà le pape saint Pie X l’avait formulée en 1903 : cf. Motu proprio Tra le sollecitudini.

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