Dieu en premier : Claire-Emerentienne Fichefeux, une jeune femme trisomique qui voulait aimer comme Jésus

A l’occasion de la journée mondiale de la trisomie 21, le 21 mars, nous republions le portrait de Claire-Emerentienne Fichefeux, une jeune femme porteuse d’une trisomie 21  qui avait compris que Dieu devait avoir la première place dans sa vie. Cette jeune femme membre de l’Emmanuel, simple et joyeuse, est partie vers le Père en 2014 à l’âge de 28 ans. Son témoignage a touché beaucoup de personnes. Voici le récit de sa vie publié par Charis Magazine n°3.

Née le 9 octobre 1986, Claire a été adoptée par une famille de la communauté Emmanuel à 9 mois. Elle était marquée par le handicap de la trisomie 21. Très stimulée par sa famille (une sœur et six frères), elle a vite choisi de vivre avec ténacité et courage, jusqu’à devenir à 22 ans fonctionnaire de la restauration à l’Arsenal de Toulon (France). A 18 ans, lors du mariage de sa sœur Marie, elle a douloureusement compris qu’elle ne se marierait pas. Elle découvrira au fil des années que sa vie pouvait avoir un sens, qu’elle pouvait connaître un autre Amour et se donner à sa mesure. On lit sur son carnet, 6 mois avant son décès subit : « Ma décision est d’adorer plus souvent et de prendre le Seigneur comme époux et d’aimer comme Jésus jusqu’au bout. » Jésus l’a prise au mot. Le 24 mai 2014, elle entre dans l’immortelle joie des noces royales.

Claire Émérentienne c’était La joie !

Cela ne veut pas dire qu’elle n’avait pas des changements d’humeur, ni quelques bouderies. Mais son fond, c’était la joie, une joie qui lui a permis de traverser diverses épreuves : découverte des conséquences de sa trisomie, départ et mariages de tous ses frères et sa sœur chérie, maladies graves de ses parents. Si elle pouvait se replier sur elle, elle savait rebondir. Au-delà de la joie spontanée, on percevait une joie plus profonde au milieu même des difficultés.

Sa famille

Claire était excessivement heureuse dans sa famille : sa sœur, ses frères, beau-frère, belles sœurs, ses nombreux neveux et nièces ! Claire qui avait été « abandonnée » est devenue le cœur battant et la mémoire de la famille.

Si elle percevait une tension, elle arrivait à rapprocher les uns avec les autres (elle avait plusieurs stratégies) dans un grand éclat de rire.

Sa vie charismatique

Claire a reçu le baptême dans l’Esprit Saint à l’âge de 15 ans. Elle a gardé précieusement le papier sur lequel des frères avaient noté les paroles reçues pour elle pendant la prière. Elle était rayonnante. Elle a vécu son effusion comme une étape très importante dans son désir de grandir et de « devenir adulte » (comme elle disait) tant sur le plan humain que spirituel. Elle a toujours eu une expression de foi simple et très charismatique, sans crainte. Elle aimait prendre le micro et animer la louange charismatique. Lors des temps de prière, elle avait toujours des paroles de Dieu qui tombaient juste. Elle a exercé aussi avec détermination un fort charisme de prophétie et de paroles d’exhortation. Ce qui a le plus marqué ceux qui l’ont connue, c’est son sens naturel, mais considérablement augmenté par l’Esprit Saint, de la compassion pour les personnes souffrantes. Elle les percevaient très vite et venaient les consoler avec beaucoup de délicatesse…

Sa compassion

Claire, adoptée, avait une grande peur de l’abandon. Elle disait à son père, souvent absent et en voyage, un « tu me manques » qui arrachait des larmes. Elle a mis du temps à être sûre de l’Amour des siens, de Dieu et des autres. Quand elle s’est enfin établie dans la confiance, elle a pu faire confiance et prier pour les autres.

Ainsi, elle fut « accroc » de l’intercession. Elle ne lâchait pas ses intentions ! Sa grande sensibilité à la souffrance et son amour de Jésus l’ont conduite à avoir une compassion proche du charisme. Elle avait des antennes et allait sans rien savoir vers ceux qui en avaient besoin.

Son amour pour l’Eucharistie et l’Adoration

Claire allait tous les dimanches à la messe. Elle se mettait au premier rang. Elle voulait voir le prêtre. Elle voulait voir Dieu. Elle a appris à adorer en famille et avec sa communauté.

Dans l’adoration, elle voyait son Jésus et tout simplement sans notre habituel respect humain, elle touchait l’ostensoir et embrassait Jésus. A 7 ans, elle a convaincu un jeune de 20 ans, très sceptique sur la présence réelle, que c’était JÉSUS. Conversion instantanée … !

On a noté ce qu’elle a dit un jour : « Seigneur, merci pour l’adoration, pour la chance qu’on a de te prier ici. Nous croyons en toi. Tu es présent dans cette hostie. Tu es là au milieu de nous. Montre-nous ta gloire. Nous voulons te voir. »

Son grand secret

Claire a vite découvert que l’Église était sa famille, celle où elle était aimée et où on lui donnait Jésus. Dès qu’elle rencontrait un prêtre elle s’agenouillait et demandait sa bénédiction, puis elle aimait à glisser dans son oreille « tu es mon préféré ». Dans les derniers mois de sa vie, elle a vécu une ascension spirituelle forte et visible et a pu se détacher de son attachement trop affectif aux prêtres proches d’elle et nous a un jour confié son grand secret : « les parents, j’ai compris. Je veux que Dieu soit en premier … même avant les prêtres ! »

Jacques et Marie-Hélène


Il est question d’ouvrir un procès de béatification pour Claire-Emérentienne. Si vous recevez des grâces par son intermédiaire, veuillez envoyer votre témoignage ici.


Tiré de Charis Magazine n°3
Dieu en premier : Claire-Emerentienne Fichefeux, une jeune charismatique, simple et joyeuse, morte en odeur de sainteté

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