Les chants de l’Emmanuel : un répertoire vivant

Cet article fait partie du dossier thématique :La liturgie, l’Eglise en prière →

D’où sortent les chants du répertoire Il est vivant ! ? Pourquoi une telle créativité ? Comment les nouveaux chants sont-ils composés et sélectionnés ?

Par GUILLEMETTE PRADÈRE

Avant les chants, il y a l’expérience fondatrice de la Communauté, l’effusion de l’Esprit Saint1 avec ses fruits : la joie, la louange, la prière, l’amour de la parole de Dieu, le désir de faire connaître son amour jusqu’aux extrémités de la terre, etc.

Guillemette Pradère, du service Emmanuel Music

Au départ, cette expérience s’est transmise par les groupes de prière, dans lesquels le chant a tout de suite eu une place importante. Le premier carnet de chant, assez hétéroclite, rassemblait des chants du renouveau charismatique américain, du répertoire paroissial de l’époque, de la tradition orthodoxe et des groupes pentecôtistes ! On cherchait des chants qui expriment la louange, la foi, l’action de grâce, la prière. Nous avons aussi beaucoup reçu de la Liturgie chorale du peuple de Dieu du père André Gouzes, un chant choral priant et accessible au service de la beauté des textes de l’Écriture et de la Tradition.
Peu à peu, l’engagement commun dans une vie de prière, la méditation de la Parole, l’amour de la liturgie et la louange, ont inspiré la composition de nouveaux chants. Une activité créatrice propre à la communauté à laquelle participent Charles-Éric Hauguel, Jean-Marc Morin, Michel et Marie-Françoise Penhard, Elisabeth Baranger, Gilles du Boullay et beaucoup d’autres par la suite.

Le fruit d’une vie fraternelle et d’une mission commune

La créativité jaillit de la vie de prière, mais aussi de la vie fraternelle et de la mission commune. Un exemple très récent illustre ce point. Pendant la crise du coronavirus, une petite équipe de la Communauté d’Allemagne a eu l’idée de proposer la prière des vêpres en ligne. Leur objectif, en ces temps éprouvants d’isolement et d’inquiétude, était de soutenir ceux qui cherchent le Seigneur et veulent s’unir à la prière de l’Église pour le monde. Comme ils sont musiciens et créatifs, ce désir d’aider les gens à prier leur a inspiré de nouvelles mélodies simples et joyeuses pour les hymnes et cantiques du bréviaire. Ces nouvelles compositions, qui aident à entrer dans la profondeur des textes liturgiques dans un souffle de louange et d’espérance, resteront un fruit inattendu de cette période de confinement.

Une œuvre communautaire

Au service Emmanuel Music, le service “Liturgie et musique” de la Communauté de l’Emmanuel, nous recevons jusqu’à 80 nouvelles compositions chaque année. Elles proviennent de membres de la Communauté ou de personnes proches de notre famille spirituelle, de tous âges et de tous états de vie. Certains sont des compositeurs chevronnés, d’autres débutent. Avec le développement international de la Communauté, nous bénéficions de chants composés un peu partout dans le monde. Ils apportent la richesse de leur culture et de leurs traditions : puissance et profondeur de la louange d’Afrique, musicalité et sens liturgique des Néerlandais, des Allemands ou des Japonais, force entraînante de la musique worship du monde anglophone mise au service de textes liturgiques parfois très classiques, etc. On ne peut ici citer chaque pays, mais cette dimension internationale est très importante pour la vie du charisme de chants de la Communauté aujourd’hui.
Certains auteurs-compositeurs proposent des chants aboutis (texte, parole, harmonisation). D’autres auront besoin d’aide pour terminer leur chant. Tous n’ont pas les mêmes dons et charismes. Certains sont très musiciens, d’autres formés à l’écriture des textes. Claudine Blanchard raconte l’aide reçue d’Élisabeth Baranger (lire encadré page 58) pour la finalisation du chant Jésus toi qui as promis. « C’était lors un weekend pour les compositeurs. J’avais 26 ans. C’était mon deuxième chant. J’avais présenté un petit refrain pour demander l’Esprit Saint entre l’Ascension et la Pentecôte, mais il n’était pas complètement abouti. On m’a mis en atelier avec Élisabeth. Elle m’a aidée à mettre au point le texte, et le chant s’est répandu comme une traînée de poudre. » Beaucoup pourraient témoigner de cette entraide reçue de l’un ou l’autre.

Une floraison de chants à discerner

Cette floraison de compositions est un don de Dieu. Nous essayons d’être à l’écoute de ce qui est donné, dans la Communauté comme dans d’autres lieux d’Église, pour l’intégrer dans notre répertoire. Ce discernement se fait toujours à plusieurs. Nous sommes attentifs à ce que les nouveaux chants, en particulier leur texte, nourrissent une expérience spirituelle. Nous expérimentons combien chanter aide à prier, à se tourner vers Dieu, à lui parler, et à garder sa Parole. C’est pourquoi il est important aussi que les chants soient facilement repris par le peuple de Dieu et pas uniquement par des spécialistes. Ce répertoire est vivant et se renouvelle sans cesse. ¨

1.L’effusion de l’Esprit reçue par Pierre Goursat et Martine Lafitte Catta en février 1972, est à l’origine de la fondation de la communauté. Plus d’informations et sur l’effusion de l’Esprit sur le site emmanuel.info

TÉMOIGNAGE

Élisabeth Baranger, auteur-compositeur de nombreux chants connus, rappelée auprès du Seigneur le jour de l’Ascension 2020, témoignait en 2008 : « C’est le débordement de louange qui m’a amené de nouveaux airs dans la tête, parfois même dans des moments où j’étais plus déprimée, quand je décidais de sortir de moi-même pour louer Dieu. »

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