Quels sont vos « trucs » pour vivre la foi en confinement ?

Vous avez été nombreux à répondre à notre sondage sur la foi en confinement. Merci de nous avoir partagé vos « trucs », vos joies et vos peines. Voici un résumé de ce que vous nous avez dit, et quelques témoignages.

La messe sur écran, ce n’est pas toujours facile : avez-vous mis en place des « trucs » pour mieux la vivre ? Lesquels ?

Pour ceux à qui elle convient, vous nous partagez ce qui vous aide à bien vivre la messe en ligne. D’abord, la préparation de ce temps est importante. Beaucoup s’aménagent un coin prière qui permet de rester 1h à prier sans inconfort, et qui aider à prier. Une croix, des cierges, une petite statue de la Vierge, une nappe blanche peuvent aider à embellir ce lieu pour mieux prier. Ensuite, on peut s’isoler des distractions en s’éloignant des sources de bruit, et en éteignant tous les téléphones. Utiliser un grand écran, ou projeter sur un mur donne une meilleure immersion dans la messe en ligne.

Une fois la messe en ligne choisie et lancée, vous nous dites vivre certains des gestes de la messe pour vous y associer plus pleinement. Il est à noter que certains choisissent la messe en audio seulement, afin de ne pas trop faire de confusion entre la messe réelle et sa retransmission. Divers documents aident aussi à bien vivre la messe : des livrets de messe, parfois proposés par les paroisses elles-mêmes, des feuilles de chants, des liturgies de la Parole adaptées aux enfants… Certains d’entre nous, enfin, interrompent la diffusion de la messe à certains moments pour vivre des éléments de liturgie domestique : partage de la Parole de Dieu, temps de louange, prière universelle personnalisée…

On installe une icône avec une bougie allumée à côté de l’écran. Nous coupons le son pendant la liturgie de la Parole et prenons un temps en famille autour de l’Évangile avec le livre « Découvrons la Parole » adapté pour la liturgie avec les enfants.

Lors du premier confinement, j’ai eu le covid, fort heureusement sans complication respiratoire, Père Jacques mon confesseur, qui, tous les jours, célébrait la messe sur les réseaux sociaux, m’a téléphoné très souvent et voyant que la guérison tardait à venir m’a dédié un chemin de croix dans notre église, comment trouver les mots pour cette accompagnement, j’ai pleuré à chaque station de la passion du Christ. Nous étions tous les trois, les distances complètement abolies, Jésus sur sa croix, Père Jacques énonçant son calvaire et moi plongée dans ma douleur, à l’issue, le poids sur mes épaules en a été allégé. J’avais installé sur une petite table, un autel, pour suivre, en ligne, les messes bienfaisantes que j’attendais jour après jour. Aujourd’hui, pour ce reconfinement, bien que parfaitement en bonne santé, je ne rate aucune messe, avec ferveur, face à mon petit autel temporaire.

Vivre la messe en ligne ne fait pas l’unanimité, loin de là. Une proportion importante d’entre nous  a choisi des moyens alternatifs à la messe en ligne pour, notamment pour le dimanche. La liturgie domestique est notamment pratiquée dans beaucoup de familles qui la préfèrent à des cérémonies transmises en direct, rarement adaptées aux enfant. De manière générale, ceux qui ne veulent pas suivre la messe par internet donnent une place importante à la Parole de Dieu, la lisant, la méditant et partageant à son sujet entre eux, et à la prière en silence. Ils profitent des églises ouvertes pour aller y prier, y adorer le Saint Sacrement, y recevoir la communion ou s’y confesser. Certains ont la chance de pouvoir assister à des cérémonies privées, (ou publiques, car tous nos lecteurs ne sont pas en France).

« Nous utilisons un livret donné par notre prêtre pour vivre la messe à la maison. Nos enfants participent bien mieux en lisant et en chantant qu’en étant statiques devant l’écran. Nous ne regardons plus la messe à la télévision. Notre prêtre fait des permanences de confession et d’adoration ou il est aussi possible de communier. Nous avons depuis des conversations pendant le repas du dimanche sur comment chacun a compris la Parole de Dieu, une sorte de lectio divina familiale ! Qu’il est beau de voir circuler ainsi l’Esprit Saint dans la famille. »

En couple, nous chantons un chant de louange, demandons pardon au Seigneur puis lisons les textes du jour et les commentons afin d’y voir un chemin pour la journée puis nous donnons 5 intentions de prières avec un refrain et enfin récitons un Notre Père avant d’aller à nos occupations. Jacqueline

Comment « marquer » la journée du dimanche pour qu’elle ne soit pas une journée tout à fait comme les autres ?

Si, faute de ministre sacré ou pour toute autre cause grave, la participation à la célébration eucharistique est impossible, il est vivement recommandé que les fidèles participent à la liturgie de la Parole s’il y en a une dans l’église paroissiale ou dans un autre lieu sacré, célébrée selon les dispositions prises par l’Évêque diocésain, ou bien s’adonnent à la prière pendant un temps convenable, seul ou en famille, ou, selon l’occasion, en groupes de familles. (Can 1248 § 2)

La messe, dont nous avons parlé au dessus, est souvent au centre de la journée du dimanche confiné. Dans tous les cas, la prière prend une importance particulière en ce jour béni : oraison silencieuse, louange ou adoration, doublée quand cela est possible de la réception des sacrements (communion eucharistique et confession). Certains d’entre nous se déplacent à l’église pour prier, ou pour déposer une bougie pour des intentions particulières. Le dimanche est aussi une journée ou certains font une relecture de leur semaine, et rendent grâce à Dieu de ce qu’ils ont vécu de bon et de moins bon.

Intrinsèquement, ce n’est pas une journée comme les autres. Ce n’est pas moi qui la rend différente c’est Dieu lui-même. Mon rôle c’est de rendre Gloire à Dieu en lui offrant toute la journée. Il n’y a pas de truc, c’est un état d’esprit, un état d’âme.

Le dimanche pour moi c’est une journée de fête avec un peut plus d’attention aux personnes isolées de mon quartier et qui ne sont pas « croyants… » à travers eux c’est à notre Dieu que je dis : « Je t’aime car Tu m’aime Toi le premier ! »

Le dimanche est aussi une jour de fête. Beaucoup d’entre nous apportent un soin spécial au repas, à la décoration de la maison. Le soucis de bien s’habiller même si on ne sort pas est aussi une manière d’honorer le Seigneur. C’est aussi l’occasion de prendre soin de ses relations amicales ou familiales, et des personnes isolées en les appelant ou en leur rendant visite. Cette journée est aussi celle ou l’on fait un effort pour ne pas travailler, pour ne pas aller faire des courses ni regarder d’écrans afin de rester centrés sur Dieu. D’autres personnes préfèrent utiliser les écrans pour regarder et écouter des émissions spirituelles, ou de la musique chrétienne.

On mange dans le salon, avec une nappe et de la viande au menu. On se fait beau. On essaie de faire une activité tous ensemble. Dimanche dernier nous avons pu aller communier et nous confesser.

Chacun se fait beau, la table est belle aussi et le repas est soigné. Il nous ait arrivé aussi lors d une promenade de lire les textes du jour en pleine nature devant la beauté de la création et de continuer notre marche en silence pour laisser descendre la Parole de Dieu. C’est un jour de fête et de repos. Pas d’écran ce jour là.

Les familles en profitent pour faire des activités en commun, et pour utiliser des moyens adaptés aux plus petits afin de leur partager la Parole de Dieu. Certains d’entre nous partagent aussi la Parole avec des amis. De manière générale, chacun prends le temps de faire des choses agréables, de s’arrêter, de lire des lectures spirituelles, ou de laisser libre court à ses gouts artistiques. Dieu est aussi présent dans le beau !

A l’issue de la messe communautaire suivie par internet, nous avons profité de ce temps béni pour partager autour de la table en famille de ce que nous avions retenu de la Parole de Dieu du jour et de l’homélie. Nous avons été très touchés par les partages de nos enfants d’âge différents.

Un geste concret de charité (toute la famille se répartit les personnes à appeler comme les grands-parents – ce peut-être sonner chez des voisins pour prendre des nouvelles) – appeler une personne seule et se retrouver dans la rue pour marcher ensemble.

« Chaque dimanche après-midi, et ça, depuis le premier confinement, je vais voir mon voisin qui est veuf, pour lui apporter des gâteaux. On discute une demi heure, il est content. »

Comment parler de Dieu quand on est confiné et qu’on voit peu de monde ? Quelles sont vos idées ?

Les moyens pour parler de Dieu sont nombreux. La manière la plus facile est de partager des médias sur le sujet : témoignages de guérison ou de conversion, livres spirituels, conférences en ligne, cartes avec la Parole de Dieu, revues chrétiennes. D’autres choisissent de signaler leur foi en mettant une croix à leur cou ou sur leur porte, ou en inscrivant « Jésus sauve » sur leur masque, ce qui peut déclencher des discussions.

L’annonce de l’Évangile se joue aussi dans nos relations avec ceux qui nous entourent. Cultiver la joie par la louange et la gratitude, et en témoigner par le sourire est une manière de rayonner sans forcément parler explicitement. La vie de prière est la base de toute évangélisation, et l’intercession pour ceux qui souffrent, un réel acte de charité silencieux. Prendre soin aussi de grandir dans les vertus est un témoignage. Quand nous allons à la rencontre des gens, prendre le temps de les écouter, de les laisser exprimer leur souffrance ou leur colère est aussi une manière de rendre présente la bienveillance de Dieu. Il est aussi important de leur redonner espoir en leur partageant le sens que l’on peut donner à ces épreuves.

Une partie des réponses au sondage fait aussi référence au catéchisme donné aux enfants et à la prière en famille, mais aussi au parcours La traversée.

Le silence m’aide à rester en paix. Pas de témoignage possible sans paix. Le témoignage est une façon d’être avant d’être une façon de faire.

Au pied du lit d’une personne qui est en train de mourir, on en parle forcément…

On offre de prier pour ceux qui souffrent et nous le racontent

Chanter des louanges dans son salon permet d’entamer une conversation avec les voisins de l’immeuble quand on se rencontre…

Je prie en marchant spécifiquement pour les gens que je croise. Parfois, spécialement pour certains que je vois tristes.

Dans notre paroisse, des enfants du caté vont faire un dessin ou écrire un poème ou une prière qui sera remis à une personne seule.

On part tous à la boulangerie, au supermarché faire des courses… remercier la caissière, encourager la boulangère sont des actions de grâce accessibles à tous ! Ce sont des moments où les personnes attendent une lumière, une parole de réconfort…

Je continue d’envoyer des messages à mon amie, quelquefois un chant de l’Emmanuel, elle apprécie beaucoup, ça l’aide à vivre mieux son cancer.

Le confinement du printemps nous a beaucoup interrogé sur notre façon de vivre. Quelles sont les résolutions que vous avez prises ? Qu’est-ce que le confinement a changé de manière durable dans votre vie ?

Le confinement a changé notre rapport au temps. Beaucoup témoignent que c’est une occasion pour eux de ralentir leur rythme, d’être plus disponibles, de donner plus de temps à leur famille, à Dieu et à eux-mêmes. Ce temps, ils le donnent aussi davantage aux plus vulnérables de ceux qui nous entourent. C’est aussi un approfondissement de la vie spirituelle : la prière prends plus de place, le désir d’évangéliser se renouvelle ainsi que celui d’être saints.

Notre rapport aux moyens de communication est aussi modifié par le confinement. Si certains les ont pleinement intégré à leur habitudes, d’autres, au contraire, constatent leur nocivité sur leur qualité de vie et décident de s’en éloigner le plus possible.

Enfin, le confinement est un temps pour mettre de l’ordre dans sa vie, et dans sa maison. Beaucoup témoignent d’un désir d’une vie plus simple et plus sobre, et en profitent pour mettre en place une nouvelle hygiène de vie, avec davantage de sport, par exemple, et des temps de prière réguliers, mais aussi en cultivant la gratitude au quotidien. Beaucoup de choses peuvent ainsi grandir intérieurement : c’est le moment pour se former sur sa foi, pour se mettre à la culture ou à une forme d’expression artistique, mais aussi pour grandir en patience, pour apprivoiser sa solitude et ses peurs. C’est un temps de relecture de vie et de retour sur soi, qui permet aussi de vivre plus pleinement à l’instant présent. Les couples, en particulier, témoignent des bienfait que ce temps leur accorde pour développer leur communication entre eux, et partager davantage de temps.

J’ai découvert à quel point la messe était centrale dans ma vie. À quel point elle changeait vraiment tout dans la vie.

Pendant le confinement de printemps, j’ai pris conscience en mon cœur (et plus seulement dans mon intelligence) que je n’étais pas seule, et ne serais plus jamais seule puisque Jésus habite en moi.

Pour moi c’est devenu vraiment important de consommer local, de faire vivre les paysans et les commerçants près de chez moi et d’éviter un maximum les achats à l’étranger sur internet.

Je vis seule et le confinement m’a aidé à vivre de mieux en mieux cette pesante solitude

Mon mari et moi avons définitivement arrêté une mauvaise habitude: après le travail prendre le dîner devant la tv pour écouter les infos. Lors du confinement on a décidé après 3 jours de ne pas allumer la tv qui propageait et propage toujours des infos anxiogènes. Du coup, on dîne calmement en discutant dans la cuisine (pas de tentation de tv). La communication dans le couple a complètement changé.

Cela m’a rapproché du Seigneur. J’ai repris la liturgie des heures, le chapelet et depuis ce printemps j’ai commencé une lecture continue de la Bible depuis le début.

J’ai compris à quel point les offices étaient importants dans ma vie de prière, notamment celui des laudes ; depuis ce nouveau confinement, je me rends à l’église pour chanter et psalmodier tout doucement devant le tabernacle pour ne pas déranger. Parfois certains viennent me rejoindre, et c’est vraiment très beau cette communion du moment. Je ne travaille pas pour le moment et je pouvais assister aux offices organisés par la paroisse, ce que je ne pourrais peut être plus faire quand je retravaillerais et qu’il n’y aura pas de confinement ; alors c’est paradoxal, mais c’est en étant privée de liberté que j’ai trouvé une certaine liberté dans ma vie de prières.

Le Seigneur est venu renouveler mon désir d’évangéliser, que j’avais un peu enfoui, notamment après avoir écouté en couple le parcours « La joie de la rencontre ».

Vous avez encore plein d’autres idées ou un témoignage à donner ?

Quand je vois le monde, cela me donne d’avantage envie de prier plus. Je remarque que Dieu, agit dans biens des vies. Il y a des conversions qui n’auraient peut-être pas eu, si il n’y avait pas le confinement ?

Maintenant je suis réellement heureuse d’être pauvre ! Car ma richesse c’est notre Dieu!!! Je souhaite aux riches d’être pauvres déjà dans leur têtes puis dans le cœur car la fortune terrestre est très très éphémère !

Quand les messes ont été arrêtées j’ai promis à Jésus de venir le voir tous les jours à l’église. Je m’agenouille à côté du tabernacle, je le remercie et lui parle un peu de ma vie. Ensuite je prie le chapelet à la Miséricorde Divine pour son Sacré Cœur.

Responsable d’aumônerie, j’ai pris le temps de rester en contact avec mes 20 jeunes et ils ont été beaucoup plus profonds que d’habitude. Cela nous a permis de changer de relations dès le début de l’année en septembre. Les jeunes ont besoin d’accompagnement dans cette période si étrange.

Lire et relire les évangiles, la Bible, cela fortifie. La confession donne confiance et joie.

Je porte ma croix autour du cou et souvent je la touche en lui disant : « Je ne suis pas seule, tu es là ». Une vraie prise de conscience.

Lors du premier confinement nous avons décidé d’en profiter pour avoir un long temps de louange en famille, bien plus conséquent que notre petit chant rapide avec juste quelques uns en temps normal. Nous louions avec nos instruments et c’était vraiment réjouissant et plein d’espérance. Adultes ados et enfants étaient vraiment fidèles. Nous nous sommes dit que les personnes confinées seules ne pouvaient pas avoir cette joie aussi nous avons proposé à quelques un de les appeler au moment de la louange. Cela nous a vraiment maintenus dans la joie et la présence du Seigneur tout au long des jours. Nous avons aussi pu constater combien la Parole du Seigneur est performatrice.

L’isolement m’éloigne des hommes mais me rapproche du Seigneur

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