« Viens reposer sur mon cœur » : la grâce de l’adoration eucharistique

« Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos… car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos pour votre âme » (Mt 11, 28-29). C’est ce que le Seigneur nous invite à vivre dans l’adoration eucharistique.

Cet article est paru dans la revue Il est vivant! n°361

Par le père Stéphane Esclef,
recteur de la Basilique du Sacré-Cœur de Montmartre (Paris).

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Comment répondre à cet appel pressant du Christ ? Où trouver le vrai repos dont nous avons tant besoin ?

Je suis toujours émerveillé, comme recteur de la basilique du Sacré-Cœur, de voir tant de personnes, jeunes ou moins jeunes, hommes ou femmes, riches ou pauvres, venir donner une heure de leur temps, pour simplement être là, en présence de cette grande hostie blanche disposer dans ce splendide ostensoir en argent que portent deux anges.

À simple vue humaine, ils ne font rien. Mais c’est peut-être là que Dieu par la présence sacramentelle du Christ, peut entrer en relation avec eux. C’est là, dans cette prière contemplative d’adoration, quand nous cessons toutes activités, quand nous nous rendons disponibles, que le Seigneur peut rejoindre et toucher nos cœurs, ces cœurs si fatigués par la vie d’aujourd’hui. Alors, à travers ces quelques lignes, je vous invite à plonger dans la grandeur de ce mystère de l’adoration eucharistique, dans ce bain d’amour qui régénère nos cœurs et âmes, cette véritable oasis de repos.

La prière d’adoration

Au moment ultime de sa vie, alors que se profilait la nuit de sa Passion d’amour pour le monde et qu’il allait quitter les siens sous sa forme visible, Il voulut nous donner sa présence sacramentelle afin que nous ayons le mémorial de l’amour dont Il nous a aimés « jusqu’à la fin » (Jean 13, 1), jusqu’au don de sa vie. Dans sa présence eucharistique, le Christ reste mystérieusement au milieu de nous comme celui qui nous a aimés et qui s’est livré pour nous, et Il le reste sous les signes qui expriment et communiquent cet amour et qui exprime la tendresse et la douceur de son cœur sacré.

Dans l’adoration eucharistique, Jésus, source du salut, est offert à notre contemplation et adoration de manière incessante. De lui, tous ceux qui le prient, reçoivent abondance de grâces pour vivre en ce monde en « enfants bien-aimés du Père », et par lui, dans l’Esprit, chacun fait un retour au Père, « Dieu de tendresse et de pitié », pour le bénir et le glorifier.

Quelles que soient nos pauvretés et nos richesses, par notre prière confiante, nous pouvons puiser dans les richesses insondables du Cœur du sauveur, livrées à nous dans l’Eucharistie.

Le plus pauvre des croyants, quand il n’a plus grand-chose à donner, dispose encore d’une richesse méconnue : puiser par la prière dans le trésor infini de la Miséricorde de Dieu qui se révèle dans la blessure du Cœur du Christ.

Un cœur à cœur reposant

Dans une société qui souffre de la solitude et de l’individualisme, l’adoration eucharistique nous fait découvrir la présence réelle du Christ à nos côtés : « Et moi, je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde » (Matthieu 28, 20). Son amour pour nous ne change pas. De lui seul viennent la stabilité de notre vie et le repos de nos âmes.

La prière d’adoration du Saint-Sacrement nous permet d’accueillir cet amour, de prendre ce temps de recul dans le silence, pour nous enraciner dans le Christ et faire grandir notre liberté intérieure.

Il ne s’agit pas de prier seulement au rythme de nos “coups de cœur” mais de prier en adorant cœur à Cœur.

Dans le don de l’Eucharistie, le Christ nous trace un chemin de vie : “Vous ferez cela en mémoire de moi”, c’est-à-dire : “Vous vous donnerez dans l’amour, comme je me suis donné dans l’amour”. C’est là, le secret du bonheur. C’est ce que le pape François n’a eu de cesse de répéter au million de jeunes, réunis à Lisbonne, pour les journées mondiales de la jeunesse. L’adoration eucharistique a la puissance de transfigurer nos relations les plus quotidiennes, en leur redonnant le vrai sens de l’amour humain. Il serait dommage de s’en priver.

Retrouvons le sens de la beauté, du sacré. Habituons notre regard à recevoir dans l’adoration la pure lumière du Seigneur. Patiemment, nous le laissons façonner, dans l’Esprit Saint, notre vrai visage, à son image et ressemblance, jusqu’au jour du face-à-face : « Qui m’a vu a vu le Père » (Jean 14, 9). Notre cœur se transforme et peut devenir, ainsi, semblable au sien. En lui nous trouvons le vrai repos. C’est en lui qu’est la vraie paix. C’est en lui que nos soucis s’apaisent.

« Tu nous as faits pour toi Seigneur et notre cœur est sans repos tant qu’il ne demeure en toi » Saint Augustin, Confessions, 1,1,1).

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