Gabriel Morin

Gabriel : « Le cœur de cette vocation, c’est la fraternité ! »

Gabriel est célibataire consacré au sein de la Communauté.

A 19 ans, j’ai vécu une expérience personnelle très forte de l’amour de Dieu pour moi dans le cadre d’un groupe de prière d’étudiants à Paris. Bien que déjà croyant, cet événement a vraiment bouleversé ma vie. Très amoureux du Seigneur, très attaché à lui, j’ai senti le désir de lui consacrer ma vie d’une manière particulière.

Je ne pensais pas à la vie consacrée. Je me suis demandé si ça pouvait être le sacerdoce mais je n’en avais pas le désir.

Deux ans plus tard, à travers une lecture sur Pierre Goursat et l’engagement définitif d’un frère dans le célibat pour le royaume, la porte de la vie consacrée dans la communauté de l’Emmanuel s’est ouverte à moi. Quand j’ai compris de quoi il s’agissait, je me suis tout de suite dit que c’était fait pour moi : être donné au Seigneur, témoin de son amour, tout en vivant au cœur de la société une vie ordinaire qui ne se distingue en rien de celle des autres, avec simplicité, me parlait très fortement.

A partir de ce moment-là, je n’ai plus eu de doute sérieux. J’étais attiré par cette vocation nouvelle que l’Eglise redécouvre et par son apparence ordinaire, sans signe distinctif. Une vocation qui me permettrait de rester en contact avec des non-croyants et de vivre avec eux une amitié désintéressée qui témoigne de la proximité de Dieu avec chacun.

« Ceux que, d’avance, il connaissait, il les a aussi destinés d’avance à être configurés à l’image de son Fils, pour que ce Fils soit le premier-né d’une multitude de frères. » Rm 8, 29

Pour moi le cœur de cette vocation, c’est la fraternité, celle de Jésus avec chacun de nous et celle que nous sommes appelés à vivre entre nous. Dieu modèle en nous un cœur de plus en plus fraternel qui nous rend de plus en proche des autres. Notre mission est d’en témoigner de manière particulière auprès de tous, que ce soit dans ou hors de l’Eglise. A l’image de Jean Baptiste, « l’ami de l’époux », de Charles de Foucault, le « frère universel », de Pierre Goursat, « adorateur dans le monde », ou encore de Madeleine Delbrêl, consacrée et travailleuse sociale, à qui on doit un texte magnifique sur la sainteté des gens ordinaires : « Il y a des gens que Dieu prend et met à part et il y en a d’autres qu’il laisse dans la masse et qu’il ne retire pas du monde. Ce sont des gens qui font un travail ordinaire, qui ont un foyer ordinaire ou sont des célibataires ordinaires. Ils ont une maison ordinaire, des vêtements ordinaires, ce sont des gens de la vie ordinaire : les gens qu’on rencontre dans n’importe quelle rue. »