Le témoignage de “conversion à l’écologie” du pape François

Cet article fait partie du dossier thématique :Laudato si,
un nouvel art de vivre ? →

Le 3 septembre 2020, un groupe de Français de tous horizons politiques engagés dans l’écologie a rencontré le pape François. Le Saint-Père a improvisé un discours (extraits).

En 2007, à la conférence de l’épiscopat latino-américain à Aparecida (Brésil), j’étais dans le groupe des rédacteurs du document final ; arrivent les propositions sur l’Amazonie. Je disais : « Mais ces Brésiliens, ils nous embêtent avec cette Amazonie ! Qu’est-ce qu’a à voir l’Amazonie avec l’évangélisation ? » Ça, c’était moi en 2007. Puis, en 2015, est sorti Laudato si’. Entre les deux, j’ai vécu un parcours de conversion, de compréhension de la question écologique […]

La sagesse du bon vivre

Quand je suis allé en Amazonie, j’ai parlé avec les gens de beaucoup de cultures indigènes différentes. J’ai déjeuné avec 14 de leurs chefs. Ils parlaient un langage de sagesse et d’intelligence très élevé ! […] J’ai découvert au coude à coude, la sagesse des peuples indigènes, et aussi la sagesse du bon vivre, comme ils l’appellent. Le bon vivre ce n’est pas la dolce vita, non, le doux farniente, non. Le bon vivre, c’est vivre en harmonie avec la création. Cette sagesse du bon vivre, nous, nous l’avons perdue. Les peuples autochtones nous conduisent à cette porte ouverte. […]

L’harmonie des trois langages

Nous avons perdu l’harmonie des trois langages. Le langage de la tête : penser ; le langage du cœur : sentir ; le langage des mains : faire. Et favoriser cette harmonie, que chacun pense ce qu’il sent et fait, que chacun sente ce qu’il pense et fait, que chacun fasse, sente et pense. C’est l’harmonie de la sagesse. […] Je crois que, dans notre conversion écologique, nous devons travailler sur cette écologie humaine, sur notre tendresse et notre capacité de caresser… Elle fait partie du bien vivre en harmonie.

Prendre soin des racines pour porter du fruit

[…] La conversion écologique nous fait voir l’harmonie générale, le lien entre tout : tout est lié, tout est en relation. Dans nos sociétés humaines, nous avons perdu ce sens du lien humain. […] Et souvent nous avons perdu aussi le sens des racines, de l’appartenance. Quand un peuple perd le sens des racines, il perd sa propre identité. Il y a l’appartenance à une tradition, à une humanité, à un mode de vie… Il est très important aujourd’hui de prendre soin des racines, de notre appartenance, pour que les fruits soient bons.[…]

C’est pourquoi le dialogue entre grands-parents et petits-enfants est plus que jamais nécessaire aujourd’hui. Si un jeune n’a pas le sens d’un rapport avec ses grands-parents, des racines, il n’aura pas la capacité de faire avancer sa propre histoire, l’humanité, et il devra finir par pactiser, se compromettre selon les circonstances. Les grands-parents sont comme le bon vin : plus il vieillit, meilleur il est. Les grands-parents ont cette sagesse. « Les grands-parents rêveront, les vieux rêveront et les jeunes prophétiseront », dit le prophète Joël. Les jeunes sont des prophètes. Les vieux sont des rêveurs. Ça semblerait le contraire, mais c’est comme ça ! À condition que les jeunes et les grands-parents se parlent. C’est cela l’écologie humaine.

J’ai voulu vous donner mon témoignage pour avancer. Et la parole clé est harmonie. Et la parole clé humaine est tendresse.

Source : http://www.vatican.va/content/francesco/fr/speeches/2020/september/documents/papa-francesco_20200903_laici-ecologia.html

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