Saveur des cités : Tour du monde en 80 recettes & témoignages

À l’occasion des 20 ans du Rocher, habitants et équipes du Rocher révèlent le secret de leurs recettes de traditions diverses. Dans ce livre magnifique, faisant alterner témoignages et recettes, le lecteur est invité à découvrir les visages de personnes, qui, par leur cuisine, révèlent un peu de leur intimité et de leur culture dans une abondance de saveurs.

Au lecteur d’apprécier les trésors culinaires cachés dans chacune de ces pages. Qu’il goûte et il verra comme c’est bon ! Ainsi il est invité à oser la rencontre, à vivre l’aventure « Rocher », et à créer des ponts culinaires. Habitants, bénévoles et salariés des 9 antennes du Rocher (Bondy, Mureaux, Paris, Grenoble, Lyon, Toulon, Marseille, Nîmes) se sont mobilisés pour recueillir ces recettes et partager leurs témoignages. Nous sommes allés à la rencontre de Laetitia Thomas, responsable de l’antenne de Grenoble, qui a coordonné le projet, et de Louise Hazelart, photographe du livre. 

Comment est né ce projet ?

laetitia thomas

Laetitia Thomas :  L’été dernier, nous cherchions une idée fédératrice pour célébrer les 20 ans du Rocher. Dans les différentes antennes, la cuisine occupe une place centrale, il y a les repas partagés, les repas “saveurs du monde” etc… Nos idées tournaient autour des repas et c’est ainsi qu’a germée l’idée de faire un livre de cuisine écrit par les femmes de Grenoble. C’est aussi un moyen de mettre en avant toutes ces femmes, qui passent beaucoup de temps chez elles, aux fourneaux, qui gèrent toute l’intendance culinaire de leur famille.  Ce livre met en valeur ces femmes, âmes du foyer, vivant dans des conditions assez précaires, cuisinant au quotidien pour la famille, au cœur des quartiers oubliés ou stigmatisés. Il témoigne de leur dignité et de leurs talents.

 Les femmes avaient aussi l’envie de cuisiner et de faire un livre qui soit une trace, certes modeste, dans l’histoire du Rocher, mais une trace dont elles seront fières. Être mentionnées dans un livre était aussi vu comme quelque chose d’impossible, d’ inatteignable, une forme de rêve pour ces héroïnes de l’ombre. Je parle beaucoup des femmes c’est vrai puisque ce sont en majorité des femmes qui ont participé à ce livre même si une poignée d’hommes est également présente. 

J’ai parlé de notre projet avec Arnaud de Carmantrand le Directeur du Rocher et il a aussitôt souhaité associer toutes les antennes du Rocher pour en faire un projet de plus grande envergure. Ce petit projet local est donc rapidement devenu un projet important nécessitant tout un travail de coordination, avec pour objectif d’être publié début novembre, à l’occasion des 20 ans du Rocher. C’est donc un beau livre de 352 pages, avec de belles photos et 80 recettes et témoignages

Justement, parlez nous de ce livre, ce n’est pas simplement un livre de recettes! 

Effectivement, au fil des pages, on découvre les recettes mais aussi les personnes qui sont derrière, et nous avions à cœur dès le début de raconter les personnes qui font le Rocher, de les sortir de l’ombre. 

Aujourd’hui, elles sont fières d’avoir participé à ce livre. Récemment, une des femmes me disait: “mon père est mort en Irak. C’est une recette familiale que j’ai partagée, c’est le plus beau cadeau que j’aurais pu lui faire de son vivant” . Elles sont fières aussi que les amis du bled partagent sur les réseaux sociaux les publications autour du livre et souhaitent se le procurer.

Dans ce livre, il y a aussi un pari: celui de montrer le visage des personnes du Rocher. Seules deux n’ont pas souhaité être reconnues. Pour les autres c’était vraiment une marque de confiance car il fallait accepter de montrer son visage, de dire qui on est, son prénom, où on habite. Pour beaucoup cela a représenté un effort important. 

Ce livre est rempli de portraits et de témoignages, comment avez-vous fait pour les recueillir?

Il y a un enjeu c’est d’aider les personnes des cités à se raconter, à parler de leurs envies, de leurs besoins, et c’est ce que nous faisons dans les antennes du Rocher. Les femmes dans les cités ont peu l’occasion de s’exprimer, il y a la barrière de la langue, de la culture. Au début, elles n’osent pas se livrer. Dans ce livre, elles racontent ce qu’elles sont, les joies et les difficultés du quotidien.  

Ce qui est beau c’est que chaque recette a vraiment une histoire, rappelle une odeur, un souvenir d’enfance, une grand-mère disparue. 

Qu’est ce que ce livre dit du Rocher? 

C’est une belle synthèse du Rocher en image, en saveur, en goût, en couleur. Ce livre témoigne vraiment du slogan “oser la rencontre”.

Dans chaque ville, les familles préparaient la veille et venaient avec leur plat à l’antenne du Rocher, ou bien Louise, la photographe, se rendait dans les familles et suivait la préparation des plats. Il y a eu de belles rencontres entre Louise, les habitants et les volontaires. 

De mon côté, j’ai conduit quasiment tous les témoignages pour l’antenne de Grenoble, j’ai rencontré des femmes que je pensais connaître. Or j’ai compris plein de choses en entendant l’une parler de l’indifférence rencontrée lors de son arrivée, une autre disant qu’elle n’osait pas parler aux autres femmes et que grâce au Rocher, elle avait rompu la solitude. Il y a beaucoup d’émotions, de frissons dans ce livre. 

Le Rocher prend soin de ces familles. “Sans Le Rocher, on ne pourrait pas dire qu’on a une famille en France, on aurait peur de sortir, d’aller de l’avant”,  me confiait une habitante. Nous sommes une présence chrétienne, tant qu’on a l’espérance, la joie, les amitiés, on peut braver toutes les difficultés. 

Ce livre vient nourrir notre espérance dans les banlieues. On peut continuer à avoir une image péjorative des cités mais en réalité, il y a beaucoup de solidarité de quartier. Ici, au moindre pépin, j’ai dix mamans qui m’appellent. Dans notre ancien quartier parisien, il y avait beaucoup d’indifférence, ici, rien de tel alors que ce sont des familles qui n’ont rien, qui parfois n’ont pas de papier et vivent dans l’insécurité et la peur de retourner dans leur pays. 

Ce livre reflète tout l’amour que le Rocher met dans ses actions, pour que ces personnes se sentent aimées. Le Rocher fait face à 3 défis: la pauvreté, la paix , le changement de regard. Ce livre réunit ces 3 défis.

Nous avons prié tout le long de la création du livre, afin que ce dernier soit une réussite et ouvre les cœurs. J’espère qu’il en sera ainsi.

Rencontre avec Louise Hazelart, photographe, qui a pris les photos du livre.

Qu’est ce qui vous a amenée à participer à ce livre?

EE Saveurs des cités 1Je connaissais un peu le Rocher via mes beaux-parents, Isabelle et Pierre Chazerans qui sont partis 5 années vivre en cité avec le Rocher. J’ai eu l’occasion de leur rendre visite et ainsi de découvrir le Rocher. Au début, ce livre de recettes était un petit projet porté par une antenne, et puis finalement il a pris beaucoup plus d’ampleur, chaque antenne a participé et de fil en aiguille le Rocher a souhaité confier les photos à une photographe professionnelle, c’est comme ça que j’ai participé au livre. Pendant deux mois, j’ai fait le tour des 9 antennes, rencontré les bénévoles et les habitants. 

Qu’est ce qui vous a marqué pendant cette aventure avec le Rocher?

Ces deux mois ont constitué une aventure humaine incroyable. Ils ont été l’occasion de magnifiques rencontres: avec les bénévoles du Rocher qui m’ont hébergée la nuit, avec les habitants. Les femmes, dont beaucoup de mamans, m’ont ouvert leur maison en toute simplicité, m’ont accueilli dans leur cuisine. J’ai rencontré des personnes de nationalités très diverses, heureuses de mettre en avant leur culture, à travers la cuisine. 

Ce livre n’est pas simplement un livre de recettes, pouvez-vous nous en dire un peu plus?

Ce livre est bien plus qu’un livre de recettes, il met en avant des tranches de vie, des moments inoubliables où l’on voit des femmes, arabes, italiennes, africaines, cuisiner ensemble. Le livre met en valeur les recettes et les plats mais il donne également la parole aux personnes qui sont derrière et qui témoignent. Pour moi cette expérience a été très marquante. 

Ce livre nous dit qu’il est possible de vivre ensemble dans la fraternité. J’ai vraiment découvert une belle association qui n’ a pas peur de mélanger les cultures. On a souvent une image très négative des cités, à l’inverse ce livre amène de la joie. 

 

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