Scoutisme : «Saint François fait partie de notre vie»

Cet article fait partie du dossier thématique :Saint François d’Assise →

« Je suis tombée dans le scoutisme quand j’étais enfant. Je suis devenue louvette à 8 ans et je vis en uniforme depuis, quasiment sans interruption ! » Témoignage de Cécile Moreau, Commissaire nationale louvetisme (branche des 8-12 ans, louveteaux et louvettes), des Scouts d’Europe, depuis septembre 2020.

« Saint François fait partie de notre vie »

Vignette carree Cecile Moreau IEV scoutsFrançois d’Assise est le saint patron des louvettes et des louveteaux. Dès leur arrivée, on leur explique qui il est et quand ils préparent leur promesse, il leur est demandé de raconter ou de dessiner des épisodes de sa vie ; plus tard, pour obtenir sa première étoile, l’enfant doit faire faire un petit mime aux plus jeunes sur la vie de saint François. Par ailleurs, des jeux et des veillées sont organisés autour de sa vie. Et sur l’emblème des louveteaux, il y a un loup qui peut évoquer le loup de Gubbio. Enfin, il est toujours invoqué à la fin de la prière. Saint François fait donc partie de notre vie.

À l’école des bois

Il nous a transmis l’amour de la nature. Les louveteaux et les louvettes vivent comme lui dans la nature avec simplicité, et apprennent à s’émerveiller dans les plus petites choses : une fourmi qui traverse devant eux, etc. Les chefs d’unité, que l’on appelle Akela, cherchent à éveiller en eux cette disposition. Deux à trois fois par mois, les activités des louvettes et louveteaux ont lieu dans la nature : ils apprennent à faire du feu pour les repas et les veillées, à organiser de grands jeux dans les bois etc. Et à la fin de l’année, ils partent en camp. Comme le soulignait notre fondateur, Baden Powell, le scoutisme se fait à l’école des bois.

Le sens de la fraternité

Tout se fait en “famille heureuse”. Le louveteau a en effet besoin d’une ambiance de famille pour pouvoir se construire et grandir. Ils vivent en “unité” (“meutes” ou “clairières”), à 24 : et c’est tous ensemble qu’ils apprennent à avancer. À l’intérieur de la “sizaine” – petite équipe de 6 – les aînés aident le plus petit, qui peut aussi faire sa part. Bien qu’ils ne soient pas frères ou sœurs de sang, la fraternité grandit entre eux et peut être très forte. Lors des grands jeux, les enfants sont divisés en équipes, différentes des “sizaines”. L’objectif est de les ouvrir à d’autres enfants. Ils expérimentent ainsi que nous sommes tous frères, faits pour grandir ensemble et s’entraider. De plus, il n’y a jamais de gagnants et de perdants. Les chefs s’arrangent pour que tous soient gagnants : telle équipe a apporté tel élément, telle autre a apporté autre chose. Chacun apporte sa pierre à l’édifice, ce qui peut évoquer l’épisode de Saint-Damien dans la vie de François. N’étant pas en compétition, les enfants grandissent en sérénité, chacun faisant selon ses moyens. Notre devise est d’ailleurs : « Faire de son mieux ! »

Pour une vie de service

Chaque jour, les louveteaux et louvettes ont une petite résolution à mettre en pratique : dire bonjour à chaque personne rencontrée ; se placer à table à côté de quelqu’un que l’on connaît moins, etc. Et le jour de sa promesse, le louveteau promet de faire une “bonne action” par jour, à son initiative, ce qui le renvoie à sa liberté et responsabilité. Car on n’est pas louveteau seulement en activité scoute mais dans toute sa vie : à la maison, à l’école, etc. Finalement, l’objectif de cette pédagogie est de faire grandir la personne dans toutes ses dimensions. Nous sommes là pour les accompagner dans leur croissance en vue de devenir des adultes capables de se mettre au service de leur famille, de leurs frères, de la société.

Propos recueillis par L. de Louvencourt

Anne-Bérengère, 23 ans

Je suis assistante du commissaire de district branche louvetisme en Lorraine Sud : j’aide les Akéla (les responsables) et le commissaire de district dans leur mission. Je suis RS – Rester en Service : j’ai pris mon engagement Guide aînée en juillet 2018 (il s’agit de s’engager à être toujours en service).

François d’Assise inspire toute la pédagogie scoute.

• Nous cherchons tout d’abord à faire grandir chez nos loups l’esprit de fraternité : Chaque membre de l’unité a sa place et son rôle à jouer ; chacun apprend à mieux connaître l’autre.

• L’émerveillement, qui est une disposition très naturelle chez l’enfant, grandit à travers des jeux qui lui font mieux connaître la nature. Il apprend que chaque bête est l’œuvre de Dieu : l’araignée qui est dans la tente va être remise dehors, on ne la tuera pas. Il apprend l’amour et le respect de la nature.

• La joie est aussi au cœur de la vie scoute. Apprendre à remercier Dieu pour chaque joie, y compris dans les petites et les grandes imperfections de la vie. Cela renvoie à la joie parfaite décrite par saint François. Par exemple, quand on dort dehors, certes il ne fait pas chaud ; en même temps, quelle joie de pouvoir observer les étoiles !

• Le louvetisme est encore une école de simplicité et de pauvreté pour, comme saint François, s’approcher de Dieu. Nos installations restent très simples : par exemple, le mat des couleurs n’est composé que d’un tronc et d’un pavillon.

• Enfin l’obéissance. Les enfants vivent sous la Loi de la Jungle ; ils apprennent à obéir parce que cela rend libre.

Cet article fait partie du dossier thématique :Saint François d’Assise →

Le magazine Il est vivant a publié le numéro spécial :

IEV n°350 - François d'Assise, un message universel Se procurer le numéro →

Vous avez aimé cet article ? Partagez-le !

Partager sur facebook
Je partage
sur Facebook
Partager sur whatsapp
J'envoie
via Whatsapp
Partager sur email
Je transmets
par mail

Derniers articles d'actualité

« Rencontrer, écouter, discerner » au programme du synode

Samedi 9 octobre, 300 participants du monde entier se sont réunis salle du Synode autour du pape François. Le lendemain, le Pape a présidé la messe d’ouverture du parcours synodal sur la synodalité. Voici son homélie en forme de “programme”.

« Église et synode sont synonymes »

Dès 2015, dans son discours pour les 50 ans du Synode des évêques, le pape François indiquait clairement, dans la continuité de ses prédécesseurs, sur quel chemin devait s’engager l’Église pour devenir plus “synodale”. Un discours marquant. Extraits. Par le

Autres articles

Synodalité : éviter les pièges

Comme dans tout voyage, nous devons être conscients des pièges qui pourraient entraver notre progression pendant cette période de synodalité.