Rencontre avec Géraldine Catta « Changer d’alimentation transforme aussi notre mode de vie ! »

Cet article fait partie du dossier thématique :Laudato si,
un nouvel art de vivre ? →

Conseillère en alimentation, Géraldine Catta nous livre son point de vue sur la sobriété dans le domaine de l’alimentation, à la lumière de sainte Hildegarde de Bingen.

PRÉSENTATION

Mariée, mère de famille. Conseillère en alimentation et en remèdes naturels selon sainte Hildegarde de Bingen. Auteur du cahier coach Soigner son alimentation au jour le jour avec sainte Hildegarde. « J’aime contempler les dons de la nature et me ressourcer des innombrables cadeaux que par elle le Seigneur nous offre pour nourrir, soigner, contempler, louer… »

Soigner son alimentation Au jour le jour avec sainte Hildegarde Claire S2C, Géraldine Catta 2019, Éditions Quasar

Que nous enseigne sainte Hildegarde sur la sobriété, le rapport aux biens ?

Toute bénédictine qu’elle est, sainte Hildegarde nous apprend à aimer la sobriété heureuse à travers la sentence « Ora et Labora ». Prier d’abord, mettre Dieu en premier, mais de manière incarnée, avec notre grâce propre. Hildegarde faisait par exemple danser ses religieuses et les jours où elles recevaient l’Eucharistie, les vêtait des plus belles parures. Et travailler. Avec ses mains, comme faire son pain par exemple, ou avec son intelligence en lisant et en étudiant. Un bon équilibre de vie nécessite de donner sa juste place à notre âme, à notre corps, et à notre esprit.

Comment mettre en pratique cette sobriété dans le domaine de l’alimentation ?

Apprendre à écouter son corps, ce dont il a besoin et ce dont il se passerait volontiers est pour moi la première étape. Le discernement n’est pas destiné qu’aux grands choix de vie ! C’est une habitude de vie qui nous aide à simplifier nos repas, à les rendre plus équilibrés : moins de protéines animales, de bons légumes assortis de la céréale tant vantée par Hildegarde : l’épeautre (qu’il faut choisir aujourd’hui non hybridée pour retrouver toutes ses vertus), agrémentés d’herbes et épices, véritables remèdes naturels. L’épeautre est une céréale essentielle car elle contient tous les acides aminés nécessaires à l’alimentation ainsi qu’une bonne dose de protéines. Il s’agit également de consommer moins mais de manière plus ajustée, en privilégiant par exemple ce qui est cultivé proche de soi, et dans une perspective soucieuse de ne pas multiplier les intrants chimiques ; accepter de payer au juste prix des produits de qualité qui rémunèrent décemment les agriculteurs ou encore éviter les produits suremballés suppose également une vraie conversion du regard et du portefeuille ! Petit à petit, nous réapprenons ainsi à découvrir le vrai plaisir lié au sens du goût dans toute sa subtilité, et à ne plus nous contenter du sucré et du gras qui saturent nos papilles. Ces réajustements successifs finissent par colorer tout notre mode de vie : le sac en tissu est de mise chez le boulanger pour éviter les emballages éphémères, les conditionnements individuels se réduisent, la manière de conserver les aliments se modifie (par ex. échanger le film plastique et le papier aluminium contre des bees’wrap ou charlottes réutilisables), les éponges et essuietout deviennent lavables, les produits ménagers naturels comme le vinaigre blanc ou le bicarbonate sont préférés aux produits chimiques… les exemples sont innombrables et les chemins personnels aussi divers que nos aspirations et nos intuitions !

Auriez-vous 2 ou 3 conseils pratiques à donner à quelqu’un qui souhaite amorcer des changements dans ce domaine ?

Prendre conscience de ce que l’on mange et de ce qui nous fait plus ou moins de bien. Troquer son blé contre de l’épeautre (non hybridé avec du blé !) à consommer au moins deux fois par jour (pâtes, pain, farine pour gâteaux, tartes…, couscous, flocons, riz…) ¨

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