« La question de la vocation était pour moi une source de stress » – Témoignage de Louis-Marie

Dans le cadre de mon travail (Communication Emmanuel Jeunes), j’ai été amené à lire Christus vivit. Cette exhortation du pape est à lire en entier : c’est plein de punchlines à méditer et à partager aux autres.

Louis-Marie, 29 ans

Le chapitre sur les vocations et le discernement m’a particulièrement touché. Pour moi, la vocation, c’était : ou je deviens prêtre, ou je me marie. Mais dès le début du chapitre, le pape François dit que la vocation inclut l’appel à la vie, à l’amitié avec le Christ et à la sainteté. C’est tellement plus large que ce que l’on imagine ! Et il ajoute : « Je suis une mission sur cette terre et c’est pour cela que je suis dans le monde. » Il ne s’agit plus seulement de savoir à quel état de vie on est appelé mais ce pour quoi Dieu m’a créé. C’est très libérant !

En relisant mon histoire personnelle, je peux dire que, en tant que jeune homme catholique engagé, très vite, je me suis dit que je ne voulais pas être prêtre. C’était trop “flippant”. Et plus je m’engageais dans des activités spirituelles, plus je sentais mon admiration grandir pour la figure du prêtre. Je pensais : « Il ne faut pas que je sois “trop catho”, sinon, Dieu risque de m’appeler à être prêtre… » C’était pour moi une très grande source de stress, partagée d’ailleurs avec pas mal de mes amis. Puis, en m’investissant dans des projets artistiques, associatifs et entrepreneuriaux, j’ai découvert peu à peu mes talents. En parallèle, un prêtre m’a conseillé d’arrêter de me poser la question de la vocation et de me demander plutôt ce que je voulais faire de ma vie, pour Dieu et au service des autres. « Pose-toi en silence et note ce que tu aimes faire, les talents que tu souhaites développer, les défauts que tu veux travailler, et à la fin, il ne faut plus qu’il ne te reste qu’une phrase. Cette phrase, tu pourras la garder toute ta vie. » En suivant ce conseil, j’ai abouti à cette phrase : « Rendre l’Église plus belle. » C’était un désir très inspirant et qui m’ouvrait tous les possibles : être prêtre, travailler pour l’Église tout en étant marié, etc. À ce moment précis, la question de la vocation ne m’a plus fait peur. Je suis parti marcher avec un ami entre Paris et Rome et au retour, j’étais complètement apaisé et j’ai pu avancer sereinement jusqu’à aujourd’hui.

Prendre les choses dans le bon ordre

Ce qui est lumineux, dans Christus vivit, c’est que le Pape nous invite à “prendre les choses dans l’ordre”. Il nous conseille de nous demander d’abord : qu’est-ce que je désire faire de ma vie ? Quels sont mes talents ? Comment est-ce que je désire les mettre au service de Dieu et des autres ? Où est-ce que je pourrais mieux les développer ? etc. À travers des engagements concrets et une amitié avec le Christ, émerge peu à peu de notre cœur un désir apaisé (sacerdoce, vie consacrée ou mariage). Le chemin devient de plus en plus clair, et on n’a plus peur de se jeter à l’eau. Notre bonheur grandit en même temps que l’intensité de notre engagement à la suite de Jésus, quel que soit l’état de vie auquel il nous appelle.

Cela n’a rien à voir avec du développement personnel par lequel beaucoup souhaitent gommer leurs faiblesses. Le Pape dit aux jeunes : choisis l’amitié avec le Christ, accepte-toi dans son regard tel que tu es, et de là, tout va découler. Tu vas apprendre à t’aimer, à découvrir tes talents et le chemin sur lequel il t’appelle. Une fois que l’axe t’est donné, à toi de faire le chemin ! ¨

POUR ALLER PLUS LOIN

« Le mot vocation peut être compris au sens large comme appel de Dieu. La vocation inclut l’appel à la vie, l’appel à l’amitié avec lui, l’appel à la sainteté, etc. C’est important parce que cela place notre vie face à Dieu qui nous aime, et cela nous permet de comprendre que rien n’est le fruit d’un chaos privé de sens, mais que tout peut être intégré sur un chemin de réponse au Seigneur qui a un plan magnifique pour nous » (CV 248).

« Cette vocation missionnaire a à voir avec notre service des autres. Parce que notre vie sur la terre atteint sa plénitude quand elle se transforme en offrande. Je rappelle que « la mission au cœur du peuple n’est ni une partie de ma vie ni un ornement que je peux quitter, ni un appendice ni un moment de l’existence. Elle est quelque chose que je ne peux arracher de mon être si je ne veux pas me détruire. Je suis une mission sur cette terre, et pour cela je suis dans le monde » (1) (CV 254).

(1). Exhortation apostolique Evangelii gaudium (24 novembre 2013), 273 AAS 105 (2013), 1130.

SESSION DE L'EMMANUEL 2020