Prier pendant les vacances : seul le Seigneur peut nous accorder le repos

« En dehors de moi, vous ne pouvez rien faire ! » nous dit Jésus dans l’Evangile. Pas « un peu » ou « pas grand-chose », non rien ! Alors, cette année, c’est décidé : pas de vacances pour la prière.

L’équipe d’Emmanuel Actu a rencontré, pour vous, le père Nathanaël Garric, formateur à la Maison Notre Dame de l’Emmanuel, à Paris, pour les séminaristes de la Communauté de l’Emmanuel, Isabelle et Didier, mariés depuis 40 ans et parents de 8 enfants, et Julien, marié lui aussi et père de famille. Ils racontent :

A la question : quel est l’enjeu de maintenir une vie de prière pendant les vacances ? La réponse du Père Nathanaël fuse : « L’enjeu c’est d’être fidèle au Seigneur, de Lui dire : Je suis avec toi tous les jours et pas uniquement quand cela m’arrange. » Ce que confirme Julien : « Jésus nous dit très clairement dans l’Evangile que sans lui, nous ne pouvons rien faire. » Notre relation au Seigneur est comme une relation d’amitié, elle se tisse dans le temps et dans la fidélité, au gré de chaque petit pas que nous faisons l’un vers l’autre.

« Venez à moi vous tous qui êtes fatigués de porter un lourd fardeau et je vous donnerai le repos. Prenez sur vous mon joug et laissez-moi vous instruire, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos pour vous-mêmes.” Mt 11, 28- 30

Le père Nathanaël ajoute : « Vivre sans Dieu c’est fatigant. C’est le Seigneur qui peut nous donner le repos que nous espérons tant. Les vacances sans Jésus seront peut-être source de détente mais pas de repos. La détente c’est penser à autre chose que le quotidien mais le repos c’est une réunification de mon être, une reconnexion à moi-même. Cela ne produit donc pas du tout le même effet. Beaucoup ont expérimenté qu’une semaine de retraite dans un monastère n’était pas particulièrement un temps de détente mais que cela apportait un vrai repos intérieur. Un repos qui ne se trouve qu’en Dieu. »

Bonne nouvelle : il existe des moyens de relever le défi de la prière pendant les vacances et d’y arriver : le maître mot c’est l’anticipation ! Mais, anticiper quoi au juste ?

Le père Nathanaël nous propose « avant le départ en vacances, de repérer où sont les différentes églises, les chapelles, de se renseigner sur les horaires de messe, les propositions spirituelles de la paroisse de notre lieu de vacances, sans oublier les éventuelles communautés religieuses à proximité. » Et d’ajouter : « Nous avons la chance en France d’avoir un patrimoine spirituel très riche. Pas un village sans église, sans calvaire, sans oratoire. Les vacances peuvent aussi être une occasion de découvrir des lieux de pèlerinage, des sanctuaires, mêmes simples, qui changent de l’Ile Bouchard, de Lourdes ou de Paray-le-Monial. »  

Avant de partir, Julien fait un petit examen intérieur : « Qu’est-ce que j’ai envie de vivre pendant les vacances ? Est-ce que je veux garder un temps de prière ? Comment vais-je pouvoir le mettre en œuvre ? » et décide, « comme le reste de l’année, de planifier ce rendez-vous dans son agenda, en tenant compte des nouvelles réalités. Si je ne décide rien, il ne se passe rien ! »

Pour Isabelle, « il est impératif de décider de ne pas lâcher sa vie de prière, en se disant que cela n’est pas possible. C’est un bon exercice de la volonté. » Et d’enfoncer le clou : « Il ne faut lâcher ni la prière du matin, ni celle du soir. Le matin, on offre sa journée, le soir, on rend grâce et l’un ne peut pas remplacer l’autre. Et pas moins de 15 minutes car il faut quand même un temps minimum pour écouter le Seigneur, quitte à mettre son réveil 15 minutes plus tôt… »

Didier ajoute que « l’heure de la sieste, le temps calme est le moment évident qu’il faut dédier à la prière. Chacun est dans sa chambre, c’est idéal. » « Tout en restant discrets… même si on partage un temps de vacances chez des cathos, dire que l’on se retire dans sa chambre pour prier peut-être perçu comme un jugement si, eux, ne prient pas. » précise Isabelle.

Quant à la prière en famille, Didier raconte : « On rassemblait tous les enfants sur le lit parental, au minimum pour un signe de croix, un merci, un pardon, des intentions de prière en commençant par les intentions les plus proches de nous et on terminait par un Je vous salue Marie chanté ou pas, en fonction des besoins de discrétion de la maison. Et ça ne durait pas plus de 5 minutes, c’est à la portée de tous ! »

Le père Nathanaël complète par un conseil pour les ados ou les étudiants (mais valable aussi pour les adultes !) : « Décidez de prier le matin avant de sortir de votre chambre. Pourquoi ? Car c’est le seul moment où vous serez sûrs de ne pas être dérangés. »

« Il faut saisir toutes les bonnes occasions. Dès que le Bon Dieu donne, il faut prendre ! »

Et pour ceux qui n’ont pas le charisme de l’anticipation ou qui voient leurs plans contrariés par les événements ?

Pas de panique, rien n’est perdu : au fil des années et des enfants qui arrivaient, Isabelle a appris, avec Didier, « à saisir toutes les bonnes occasions qui se présentent : dès qu’on voie une église, on entre, on prie, même quelques minutes. Le bénédicité ? Une aubaine pour louer le Seigneur et quand on sent que ça pourrait devenir trop long, on bénit le repas et on passe à table. Un soir, je me souviens, on était en train de mettre le couvert et un de nos enfants a commencé à remercier pour une merveille vécue dans la journée. On en a profité pour inciter tous les autres enfants à dire merci à leur tour. Mettre le couvert s’est transformé en action de grâce. Dès que le Bon Dieu donne, il faut prendre ! »

Autre conseil concret donné par la père Nathanaël : « Emporter dans sa valise une Bible me parait aussi plus pertinent que de compter sur les applis téléchargées sur nos téléphones. La Bible pèse plus lourd et prend plus de place… une occasion de se rappeler que le Seigneur nous attend même pendant les vacances. »  Un peu comme un nœud à son mouchoir…

De son côté, Julien, lui, témoigne combien l’appli Découvrir Dieu lui a été d’un grand secours lors de leur voyage en Grèce, à l’occasion de leurs 20 ans de mariage. Il se souvient combien les évangiles et les méditations avaient été particulièrement porteurs…

Bible ou appli, c’est à vous de choisir, l’important est de ne pas oublier le Seigneur ! On peut également glisser dans sa valise, une petite icône, une croix et une bougie pour pouvoir prier en toutes circonstances.

Et la prière en couple ? Lorsqu’on n’est pas synchronisés pendant l’année, c’est sans doute peine perdue pendant les vacances ? Isabelle raconte : « Avec Didier, on n’est raccord sur rien. Donc lorsque l’un propose et que l’autre traine des pieds, la formule qui marche c’est : est-ce que tu as une meilleure idée ? Si tu n’as rien de mieux à proposer, suis la mienne, sinon, je veux bien suivre la tienne. » Du vécu ! Imparable !

Loin d’être une mission impossible, prier seul, en couple ou en famille pendant les vacances est plutôt une chance à saisir. Comme un ticket de loto garanti gagnant !

Le père Nathanaël témoigne : « Quand j’étais séminariste, j’avais repéré une messe à 20 minutes en voiture de mon lieu de vacances. Elle avait lieu tôt le matin, pendant que tout le monde dormait. Si j’avais eu le choix, je ne serais jamais allé à la messe dans cette paroisse car je ne me trouvais pas d’affinités particulières avec le prêtre. En fait, la messe quotidienne m’a permis une rencontre très forte et très profonde avec ce prêtre qui m’a beaucoup touché. La fidélité offre des cadeaux insoupçonnés et le Seigneur se sert de notre fidélité pour nous surprendre. Aujourd’hui encore, des années après, cette figure de prêtre continue de me marquer. »

Isabelle et Didier expliquent : « Aujourd’hui, si nos enfants ne sont pas tous croyants ni pratiquants, ils savent d’où vient notre amour et notre fidélité l’un envers l’autre, notre amour pour chacun d’eux et ce qui nous a permis de traverser les années. Ils savent que ce n’est pas grâce à nos qualités personnelles, car ils connaissent nos limites, mais que cet amour vient d’ailleurs. »  

Le mot de la fin sera pour Isabelle : « La seule bonne question à se poser, pendant les vacances et tout au long de l’année, est la suivante : est-ce que je suis tourné vers le Bon Dieu ? Si je le suis, chaque instant de ma vie devient une occasion de prier l’Esprit Saint, l’Angélus ou quelques Je vous salue Marie. »  

« Soyez toujours dans la joie, priez sans relâche, rendez grâce en toute circonstance : c’est la volonté de Dieu à votre égard dans le Christ Jésus. » 1 Th 5, 16-18.

DIEU DONNE LA PRIERE A CELUI QUI PRIE

Saint Silouane (1866-1936), patriarche orthodoxe russe du monastère du Mont Athos.

Celui qui aime le Seigneur se souvient toujours de Lui, et le souvenir de Dieu fait naître la prière. Si tu ne te souviens pas du Seigneur, tu ne prieras pas non plus. Sans prière, l’âme ne demeurera pas dans l’amour de Dieu, car c’est par la prière que vient la grâce du Saint-Esprit. Par la prière, l’homme se garde du péché, car l’esprit en état de prière est absorbé par Dieu. Avec humilité, il se tient devant la Face du Seigneur que son âme connaît.

Mais, bien entendu, un débutant a besoin d’un guide spirituel, parce qu’avant la venue de la grâce du Saint-Esprit, l’âme doit soutenir un grand combat avec les ennemis et ne peut pas encore reconnaître quand c’est l’Ennemi qui lui apporte sa douceur. Seul peut le discerner celui qui a personnellement goûté à la grâce du Saint-Esprit. Qui a goûté au Saint-Esprit distingue la grâce à son goût.

O homme apprends l’humilité du Christ, et le Seigneur te donnera de goûter la douceur de la prière. Si tu cherches la prière pure, sois humble, sois sobre, confesse-toi sincèrement, et la prière t’aimera. Sois obéissant, soumets-toi de bon cœur aux autorités, sois content de tout, et alors ton esprit se purifiera des vaines pensées. Souviens-toi que le Seigneur te voit et sois dans la crainte de blesser ton frère ; ne le juge pas, ne le peine pas, même par l’expression de ton visage, – et alors le Saint-Esprit t’aimera et t’aidera en tout.

Le Saint-Esprit ressemble à une mère pleine de tendresse. Comme une mère aime son enfant et le protège, ainsi le Saint-Esprit nous protège, nous pardonne, nous guérit, nous instruit, nous réjouit ; l’Esprit-Saint est connu dans la prière accomplie avec humilité (…)

Celui qui prie par habitude n’éprouve pas de changement dans sa prière, mais celui qui prie de tout son cœur connaît bien des épreuves dans la prière ; il se trouve en lutte avec l’Ennemi, en lutte avec lui-même, avec ses passions, en lutte avec les hommes ; et en tout cela, il s’agit d’être vaillant. La prière incessante procède de l’amour, mais on la perd par les jugements, les vaines paroles et l’intempérance. Celui qui aime Dieu peut penser à Lui jour et nuit, car aucune occupation ne peut empêcher d’aimer Dieu. Les Apôtres aimaient le Seigneur sans que le monde ne les dérange, et cependant ils se souvenaient du monde, ils priaient pour lui et ils s’adonnaient à la prédication (…)

A moins de prier pour les ennemis, l’âme ne peut pas avoir de paix. L’âme à laquelle la grâce de Dieu a enseigné à prier aime avec compassion toute créature, et tout particulièrement l’homme. Sur la Croix, le Seigneur a souffert pour les hommes et son âme a été dans l’agonie pour chacun d’entre nous.

Le Seigneur m’a appris l’amour des ennemis. Privés de la grâce divine, nous ne pouvons pas aimer les ennemis, mais l’Esprit-Saint apprend à aimer ; et alors on aura de la compassion même pour les démons, car ils se sont détachés du bien, ils ont perdu l’humilité et l’amour de Dieu. je vous en supplie, faites un essai. Si quelqu’un vous offense, ou vous méprise, ou vous arrache ce qui vous appartient, ou persécute l’Eglise, priez le Seigneur en disant : « Seigneur, nous sommes tous tes créatures ; aie pitié de tes serviteurs et tourne les vers le repentir. » Alors, tu porteras perceptiblement la grâce dans ton âme. Au commencement, force ton cœur à aimer tes ennemis ; le Seigneur, voyant ta bonne intention, t’aidera en tout, et l’expérience elle-même t’instruira. Mais celui qui pense du mal de ses ennemis, l’amour de Dieu n’est pas en lui, et il n’a pas connu Dieu (…)

Oh ! comme il faut demander au Seigneur de donner à l’âme humble l’Esprit-Saint ! L’âme humble jouit d’une grande paix, mais l’âme orgueilleuse se tourmente elle-même. L’homme orgueilleux ne connaît pas l’amour divin, il est loin de Dieu. Il est fier d’être riche, ou instruit, ou dans la gloire, mais il ignore, le malheureux, sa pauvreté et sa ruine en ne connaissant pas Dieu. Mais le Seigneur aide celui qui lutte contre son orgueil à triompher de cette passion (…)

Avant d’être touché par la grâce, l’homme vit en pensant que tout est bien et en ordre dans son âme : mais lorsque la grâce le visite et demeure avec lui, il se découvre tout autre ; et ce n’est qu’ensuite, lorsque la grâce l’abandonne de nouveau, qu’il se rend compte que vivre sans la grâce est un grand malheur (…)

J’écris la vérité parce que j’aime les hommes. En effet, mon cœur souffre pour eux. Si je peux aider une seule personne à trouver le chemin qui sauve, je remercierai toujours Dieu. 0 peuples de la terre ! J’ai soixante-douze ans. Je vais bientôt mourir. J’écris pour vous sur la tendresse de Dieu. Par le Saint-Esprit, le Seigneur m’a fait connaître cette tendresse. Et le Saint-Esprit m’a appris à aimer tous les hommes. Je vous dis la vérité : je ne trouve rien de bon en moi. J’ai fait beaucoup de péchés, mais le Saint-Esprit les a effacés. C’est l’amour de Dieu qui m’a poussé à écrire.

In « Starets Silouane, Vie-Doctrine-Ecrits, par l’Archimandrite Sophrony, Ed. Présence P : 274, 344, 288, 298

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