Prier le chapelet

Le chapelet est une prière courante de la vie des chrétiens, particulièrement au mois de mai, traditionnellement dédié à la Vierge Marie. Le pape nous appelle à redécouvrir cette belle prière. Voici comment le prier et méditer ses mystères, et les messages de la sainte Vierge à Fatima sur la récitation du chapelet ainsi que des citations des papes sur le sujet.

Voici comment se déroule la récitation du chapelet. Les mystères à méditer sont développés en dessous, dans une seconde partie :

Introduction

+ Signe de Croix
-Je crois en Dieu
-Notre Père
-Je vous salue Marie (x3)
-Gloire au Père

Après l’introduction, on récite 5 dizaines, en méditant pour chaque dizaine l’un des mystères que l’on a choisi.

Pour chacun des mystères

-Notre Père
-Je vous salue Marie (x10)
-Gloire au Père

Les prières du Chapelet

Je crois en Dieu (Credo)

Je crois en Dieu, le Père tout-puissant, créateur du ciel et de la terre ; et en Jésus-Christ, son Fils unique, notre Seigneur, qui a été conçu du Saint-Esprit, est né de la Vierge Marie, a souffert sous Ponce Pilate, a été crucifié, est mort et a été enseveli, est descendu aux enfers, le troisième jour est ressuscité des morts, est monté aux cieux, est assis à la droite de Dieu le Père tout-puissant, d’où il viendra juger les vivants et les morts. Je crois en l’Esprit-Saint, à la sainte Église catholique, à la communion des saints, à la rémission des péchés, à la résurrection de la chair, à la vie éternelle. Amen.

Notre Père

Notre Père qui es aux cieux, que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au Ciel. Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour. Pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés. Et ne nous laisse pas entrer en tentation, mais délivre-nous du mal. Amen.

Je vous salue Marie

Je vous salue Marie, pleine de grâces, le Seigneur est avec vous, vous êtes bénie entre toutes les femmes, et Jésus le fruit de vos entrailles est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort. Amen.

Gloire au Père

Gloire au Père et au Fils et au Saint-Esprit, comme Il était au commencement, maintenant et toujours et pour les siècles des siècles. Amen

Les prières de Fatima (que l’on peut ajouter à la fin de chaque dizaine)

Ô mon Jésus, pardonnez-nous nos péchés, préservez-nous du feu de l’enfer, et conduisez au Ciel toutes les âmes, surtout celles qui ont le plus besoin de votre sainte miséricorde.

Mon Dieu, je crois, j’adore, j’espère et je vous aime et je vous demande pardon pour ceux qui ne croient pas, qui n’adorent pas, qui n’espèrent pas et qui ne vous aiment pas.

Les mystères Joyeux (Lundi et samedi)

Premier mystère joyeux : l’Annonciation à la Vierge Marie – Fruit de ce mystère : l’humilité
«Le sixième mois, l’ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée, appelée Nazareth, à une vierge, accordée en mariage à un homme de la maison de David, appelé Joseph; et le nom de la Vierge était Marie.» (Lc 1,26-27)

Deuxième mystère joyeux : la Visitation de la Vierge Marie à sa cousine Élisabeth – Fruit : la charité envers le prochain
«En ces jours-là, Marie se mit en route rapidement vers une ville de la montagne de Judée. Elle entra dans la maison de Zacharie et salua Élisabeth. Or, quand Élisabeth entendit la salutation de Marie, l’enfant tressaillit en elle. Alors, Élisabeth fut rempli de l’Esprit Saint, et s’écria d’une voie forte: “Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni!» (Lc 1, 39-42)

Troisième mystère joyeux : la Nativité de Jésus – Fruit : la pauvreté du cœur
«Or, pendant qu’ils étaient là, arrivèrent les jours où elle devait enfanter. Et elle mit au monde son fils premier-né; elle l’emmaillota et le coucha dans une mangeoire, car il n’y avait pas de place pour eux dans la salle commune» (Lc 2,1-7)

Quatrième mystère joyeux : la présentation de Jésus au Temple – Fruit : l’obéissance et la pureté
«Quand arriva le jour fixé par la loi de Moïse pour la purification, les parents de Jésus le portèrent à Jérusalem pour le présenter au Seigneur, selon ce qui est écrit dans la Loi: Tout premier-né de sexe masculin sera consacré au Seigneur» (Lc 2, 21-24)

Cinquième mystère joyeux : le recouvrement de Jésus au temple – Fruit : la recherche de Dieu en toutes choses
«Ne le trouvant pas, ils revinrent à Jérusalem en continuant à le chercher. C’est au bout de trois jours qu’ils le retrouvèrent dans le Temple, assis au milieu des docteurs de la Loi : il les écoutait et leur posait des questions, et tous ceux qui l’entendaient s’extasiaient sur son intelligence et sur ses réponses» (Lc 2, 41-47)

Les mystères Douloureux (Mardi et vendredi)

Premier mystère douloureux : l’agonie de Jésus au jardin des oliviers – Fruit : la contrition de nos péchés
«Alors Jésus parvient avec eux à un domaine appelé Gethsémani et leur dit: “Restez ici, pendant que je m’en vais là-bas pour prier”. Il emmena Pierre, ainsi que Jacques et Jean, les deux fils de Zébédée, et il commença à ressentir tristesse et angoisse. Il leur dit alors: “Mon âme est triste à en mourir. Demeurez ici et veillez avec moi”. Il s’écarta un peu et tomba la face contre terre, en faisant cette prière: “Mon Père, s’il est possible, que cette coupe passe loin de moi! Cependant, non pas comme je veux, mais comme tu veux”» (Mt 26, 36-39)

Deuxième mystère douloureux : la flagellation – Fruit : la mortification de nos sens
«Alors, Pilate ordonna d’emmener Jésus pour le flageller. Les soldats tressèrent une couronne avec des épines, et la lui mirent sur la tête; puis ils le revêtirent d’un manteau de pourpre. Ils s’avançaient vers lui et ils disaient: “Honneur à toi, toi des juifs!”. Et ils le giflaient » (Jn 19,1-3)

Troisième mystère douloureux : le couronnement d’épines – Fruit : la lutte contre l’orgueil et la gloire du monde
«Alors les soldats du gouverneur emmenèrent Jésus dans le prétoire et rassemblèrent autour de lui toute la garde. Ils lui enlevèrent ses vêtements et le couvrirent d’un manteau rouge. Puis, avec des épines, ils tressèrent une couronne, et la posèrent sur sa tête; ils lui mirent un roseau dans la main droite et, pour se moquer de lui, ils s’agenouillaient en lui disant: “Salut, roi des Juifs!”». (Mt 27, 27-29)

Quatrième mystère douloureux : le portement de la Croix – Fruit : la patience dans les épreuves
«Ils réquisitionnent, pour porter la croix, un passant, Simon de Cyrène, le père d’Alexandre et de Rufus, qui revenait des champs. Et ils amènent Jésus à l’endroit appelé Golgotha, c’est-à-dire: Lieu-du-Crâne, ou Calvaire» (Mc 15, 21-22)

Cinquième mystère douloureux : la crucifixion et la mort de Jésus sur la croix – Fruit : un plus grand amour pour Jésus, et la soif de la conversion des pécheurs
«Lorsqu’on fut arrivé au lieu dit Le Crâne, ou Calvaire, on mit Jésus en croix, avec les deux malfaiteurs, l’un à droite et l’autre à gauche. Jésus disait: “Père, pardonne-leur : ils ne savent pas ce qu’ils font”… Il était déjà presque midi ; l’obscurité se fit dans tout le pays jusqu’à trois heures, car le soleil s’était caché. Le rideau du temple se déchira par le milieu. Alors, Jésus poussa un grand cri : “Père, entre tes mains je remets mon esprit”» (Lc 23, 32-33, 44-46).

Les mystères Glorieux (Mercredi et dimanche)

Premier mystère glorieux : la Résurrection – Fruit : la foi
«Elles entrèrent, mais ne trouvèrent pas le corps du Seigneur Jésus. Elles ne savaient que penser, lorsque deux hommes se présentèrent à elles, avec un vêtement éblouissant. Saisies de crainte, elles baissaient le visage vers le sol. Ils leur dirent: “Pourquoi cherchez-vous le Vivant parmi les morts? Il n’est pas ici, il est ressuscité”» (Lc 24, 1-6)

Deuxième mystère glorieux : l’Ascension – Fruit : l’espérance du Ciel
«Le Seigneur Jésus, après leur avoir parlé, fut enlevé au ciel et s’assit à la droite de Dieu» (Mc 16, 19)

Troisième mystère glorieux : la Pentecôte – Fruit : l’effusion de l’Esprit Saint
«Quand arriva le jour de la Pentecôte, ils se trouvaient réunis tous ensemble. Soudain, il vint du ciel un bruit pareil à celui d’un violent coup de vent: toute la maison où ils se tenaient en fut remplie. Ils virent apparaître comme une sorte de feu qui se partageait en langues et qui se posa sur chacun d’eux. Alors ils furent tous remplis de l’Esprit Saint: ils se mirent à parler en d’autres langues, et chacun s’exprimait selon le don de l’Esprit» (Ac 2, 1-4)

Quatrième mystère glorieux : l’Assomption – Fruit : la grâce d’aller au ciel
«Désormais tous les âges me diront bienheureuse. Le Puissant fit pour moi des merveilles» (Lc 1, 48-49)

Cinquième mystère glorieux : le couronnement de Marie – Fruit : une plus grande dévotion envers la très sainte vierge Marie
«Un signe grandiose apparut dans le ciel: une Femme, ayant le soleil pour manteau, la lune sous les pieds, et sur la tête une couronne de douze étoiles» (Ap 12, 1).

Les mystères Lumineux (Jeudi)

Premier mystère lumineux : le baptême de Jésus dans le Jourdain – Fruit : la grâce du baptême pour tous
«Dès que Jésus fut baptisé, il sortit de l’eau; voici que les cieux s’ouvrirent, et il vit l’Esprit de Dieu descendre comme une colombe et venir sur lui. Et des cieux, une voix disait: “Celui-ci est mon Fils bien-aimé; en lui j’ai mis tout mon amour”». (Mt 3,16-17)

Deuxième mystère lumineux : les noces de Cana – Fruit : la confiance et l’intercession de Marie
«Trois jours plus tard, il y avait un mariage à Cana en Galilée. La mère de Jésus était là. Jésus aussi avait été invité au repas de noces avec ses disciples. Or, on manqua de vin; la mère de Jésus lui dit: “Ils n’ont plus de vin”. Jésus répondit: “Femme, que me veux-tu ? Mon heure n’est pas encore venue”. Sa mère dit aux serviteurs : “Faites tout ce qu’il vous dira”». (Jn 2, 1-5)

Troisième mystère lumineux : l’annonce du royaume et l’appel à la conversion – Fruit : l’état de grâce et la conversion
« Les temps sont accomplis: le règne de Dieu est tout proche. Convertissez-vous et croyez à la Bonne Nouvelle » (Mc 1, 15)

Quatrième mystère lumineux : la transfiguration – Fruit : la paix de l’âme
« Six jours après, Jésus prend avec lui Pierre, Jacques et Jean son frère, et il les emmène à l’écart, sur une haute montagne. Il fut transfiguré devant eux ; son visage devint brillant comme le soleil, et ses vêtements, blancs comme la lumière » (Mt 17, 1-2)

Cinquième mystère lumineux : l’institution de l’Eucharistie – Fruit : l’union parfaite avec Jésus, l’amour de l’Eucharistie
« Pendant le repas, Jésus prit du pain, prononça la bénédiction, le rompit et le donna à ses disciples, en disant: “Prenez, mangez: ceci est mon corps”» (Mt 26, 26)

Notre-Dame de Fatima et le chapelet

Dans les 6 apparitions de Notre-Dame de Fatima, la Vierge Marie a demandé à chaque fois, avec insistance, que l’on prie le chapelet pour obtenir la paix dans le monde.

« Dites le chapelet chaque jour afin d’obtenir la paix pour le monde et la fin de la guerre. » (13 mai 1917)

« Je veux que vous disiez le chapelet tous les jours. […] Jésus veut établir dans le monde la dévotion à mon Cœur Immaculé ; Il promet le salut à ceux qui embrasserons cette dévotion ; ces âmes seront aimées par Dieu comme des fleurs placées par moi devant Son trône. » (13 juin 1917)

« Je veux que vous soyez fidèles à dire le chapelet tous les jours en l’honneur de Notre Dame du Rosaire afin d’obtenir la paix pour le monde et la fin de la guerre car elle seule peut vous secourir. […] Sacrifiez-vous pour les pécheurs et répétez souvent, surtout quand vous faites un sacrifice pour eux : O Jésus, c’est par amour pour Vous, pour la conversion des pécheurs et en réparation des péchés commis contre le Cœur Immaculé de Marie. » (13 juillet 1917)

« Je veux que vous récitiez votre chapelet tous les jours. L’Enfant Jésus viendra avec saint Joseph bénir le monde, Notre Dame du Rosaire et Notre Dame des douleurs viendront aussi et Notre Seigneur viendra donner la paix au monde. Priez, priez beaucoup et faites des sacrifices pour les pécheurs car beaucoup d’âmes vont en enfer parce qu’elles n’ont personne qui se sacrifie et qui prie pour elles. » (19 août 1917)

« Continuez à dire le chapelet tous les jours en l’honneur de Notre Dame du Rosaire afin d’amener la fin de la guerre. » (13 septembre 1917)

« Continuez à dire fidèlement le chapelet tous les jours. La guerre tire à sa fin, les soldats retourneront bientôt dans leur foyer. Je suis la Dame du Rosaire ; j’accorderai quelques guérisons mais non pas toutes ; qu’ils amendent leur vie et demandent pardon pour leurs péchés. Que l’on n’offense plus Notre Seigneur qui est déjà grandement offensé. » (13 octobre 1917)

Les papes parlent du chapelet

François

“J’ai donc pensé proposer à tous de redécouvrir la beauté de prier le Rosaire à la maison pendant le mois de mai. On peut le faire ensemble ou personnellement ; c’est à vous de choisir selon les situations, en évaluant les deux possibilités. Mais, de toute manière, il y a un secret pour le faire : la simplicité” (Lettre du pape aux fidèles pour le mois de mai 2020)

Benoît XVI

“Le Rosaire est une prière contemplative accessible à tous: grands et petits, laïcs et clercs, personnes cultivées ou peu instruites. C’est un lien spirituel avec Marie pour rester unis à Jésus, pour se conformer à Lui, en assimiler les sentiments et se comporter comme Il s’est comporté. Le Rosaire est une “arme” spirituelle dans la lutte contre le mal, contre toute violence, pour la paix dans les cœurs, dans les familles, dans la société et dans le monde. (Visite pastorale au sanctuaire pontifical de Pompéi, 19 octobre 2008)

“Le chapelet est une école de contemplation et de silence. A première vue, il pourrait sembler une prière qui accumule des paroles, et donc difficilement conciliable avec le silence qui est justement recommandé pour la méditation et la contemplation. En réalité, cette répétition cadencée de l’Ave Maria ne dérange pas le silence intérieur mais au contraire le requiert et le nourrit. De la manière que pour les Psaumes, lorsque l’on prie la Liturgie des Heures, le silence affleure à travers les paroles et les phrases, non comme un vide, mais comme une présence de sens ultime qui transcende les paroles elles-mêmes et parle avec elles au cœur. Ainsi, en récitant les Ave Maria, il faut faire attention à ce que nos voix ne “couvrent” pas celle de Dieu, qui parle toujours à travers le silence, comme “le bruit d’une brise légère” (1R 19, 12). Combien il est alors important de prendre soin de ce silence rempli de Dieu, tant dans la récitation personnelle que communautaire! Même lorsqu’il est prié, comme aujourd’hui, par de grandes assemblées, et comme vous le faites chaque jour dans ce Sanctuaire, il est nécessaire de percevoir le chapelet comme une prière contemplative, et cela ne peut pas advenir sans un climat de silence intérieur.” (Récitation du chapelet, 19 octobre 2008)

“Nous confirmons ensemble aujourd’hui que le Rosaire n’est pas une pratique reléguée au passé, comme une prière d’un autre temps à laquelle on pense avec nostalgie. […] Dans le monde actuel qui est si fragmenté, cette prière nous aide à placer le Christ au centre, comme le faisait la Vierge, qui méditait intérieurement tout ce qui se disait sur son Fils, et ensuite ce qu’Il faisait et disait. Quand on récite le chapelet, on revit les moments importants et significatifs de l’histoire du salut; on parcourt de nouveau les différentes étapes de la mission du Christ. Avec Marie, on tourne son cœur vers le mystère de Jésus. On place Jésus au cœur de notre vie, de notre temps, de nos villes, à travers la contemplation et la méditation de ses saints mystères de joie, de lumière, de douleur et de gloire. Que Marie nous aide à accueillir en nous la grâce qui émane de ses mystères, afin qu’à travers nous elle puisse “irriguer” la société, à partir de nos relations au quotidien, et la purifier de si nombreuses forces négatives en l’ouvrant à la nouveauté de Dieu. Le Rosaire, quand il est prié de manière authentique, non d’un manière mécanique et superficielle, mais profonde, apporte en effet la paix et la réconciliation. Il contient en lui-même la puissance qui guérit du très saint Nom de Jésus, invoqué avec foi et amour au centre de chaque Ave Maria. (Prière du Rosaire, 3 mai 2008)

Jean-Paul II

“Qu’est-ce, en effet, que le Rosaire? Un résumé de l’Évangile. Il nous fait continuellement revenir aux principales scènes de la vie du Christ, comme pour nous faire “respirer” son mystère. Le Rosaire est une voie privilégiée de contemplation. C’est, pour ainsi dire, la voie de Marie. Qui mieux qu’elle connaît le Christ et l’aime ? […] le Rosaire est une prière orientée, de par sa nature, vers la paix. Elle l’est non seulement dans la mesure où elle nous la fait invoquer, forts de l’intercession de Marie, mais également parce qu’elle nous fait assimiler, avec le mystère de Jésus, également son projet de paix. (Récitation du Rosaire à Pompéi, 7 octobre 2003)

“Pour la tâche exigeante, mais extraordinairement riche de contempler le visage du Christ avec Marie, existe-t-il un meilleur moyen que la prière du Rosaire? Nous devons cependant redécouvrir la profondeur mystique contenue dans la simplicité de cette prière, si chère à la tradition populaire. Dans sa structure, en effet, cette prière mariale est surtout une méditation des mystères de la vie et de l’œuvre du Christ. En répétant l’invocation de l'”Ave Maria”, nous pouvons approfondir les événements essentiels de la mission du Fils de Dieu sur terre, qui nous ont été transmis par l’Évangile et par la Tradition. Pour que cette synthèse de l’Évangile soit plus complète et offre une plus grande inspiration, j’ai proposé, dans la Lettre apostolique Rosarium Virginis Mariæ, d’ajouter cinq autres mystères à ceux actuellement contemplés dans le Rosaire, et je les ai appelés “mystères lumineux”. Ils comprennent la vie publique du Sauveur, du Baptême dans le Jourdain jusqu’au début de la Passion. Cette suggestion a pour but d’amplifier l’horizon du Rosaire, afin qu’il soit possible à celui qui le récite avec dévotion, et non de façon mécanique, de pénétrer encore plus profondément dans le contenu de la Bonne Nouvelle et de conformer toujours sa propre existence à celle du Christ. (audience du 16 octobre 2002)

“Le Rosaire de la Vierge Marie, qui s’est développé progressivement au cours du deuxième millénaire sous l’inspiration de l’Esprit de Dieu, est une prière aimée de nombreux saints et encouragée par le Magistère. Dans sa simplicité et dans sa profondeur, il reste, même dans le troisième millénaire commençant, une prière d’une grande signification, destinée à porter des fruits de sainteté. Elle se situe bien dans la ligne spirituelle d’un christianisme qui, après deux mille ans, n’a rien perdu de la fraîcheur des origines et qui se sent poussé par l’Esprit de Dieu à « avancer au large » (Duc in altum!) pour redire, et même pour “crier” au monde, que le Christ est Seigneur et Sauveur, qu’il est « le chemin, la vérité et la vie » (Jn 14, 6), qu’il est « la fin de l’histoire humaine, le point vers lequel convergent les désirs de l’histoire et de la civilisation ». En effet, tout en ayant une caractéristique mariale, le Rosaire est une prière dont le centre est christologique. Dans la sobriété de ses éléments, il concentre en lui la profondeur de tout le message évangélique, dont il est presque un résumé. En lui résonne à nouveau la prière de Marie, son Magnificat permanent pour l’œuvre de l’Incarnation rédemptrice qui a commencé dans son sein virginal. Avec lui, le peuple chrétien se met à l’école de Marie, pour se laisser introduire dans la contemplation de la beauté du visage du Christ et dans l’expérience de la profondeur de son amour. Par le Rosaire, le croyant puise d’abondantes grâces, les recevant presque des mains mêmes de la Mère du Rédempteur.

[…] La raison la plus importante de redécouvrir avec force la pratique du Rosaire est le fait que ce dernier constitue un moyen très valable pour favoriser chez les fidèles l’engagement de contemplation du mystère chrétien que j’ai proposé dans la lettre apostolique Novo millennio ineunte comme une authentique “pédagogie de la sainteté”: « Il faut un christianisme qui se distingue avant tout dans l’art de la prière ». Alors que dans la culture contemporaine, même au milieu de nombreuses contradictions, affleure une nouvelle exigence de spiritualité, suscitée aussi par les influences d’autres religions, il est plus que jamais urgent que nos communautés chrétiennes deviennent « d’authentiques écoles de prière ». Le Rosaire se situe dans la meilleure et dans la plus pure tradition de la contemplation chrétienne. Développé en Occident, il est une prière typiquement méditative et il correspond, en un sens, à la « prière du cœur » ou à la « prière de Jésus », qui a germé sur l’humus de l’Orient chrétien.” (Lettre apostolique Rosarium Virginis Mariæ)

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