Prêtre avec les gens du Voyage

Le père Vincent Bedon est le nouvel aumônier national des gens du Voyage. Avec Babatche, un Voyageur, il forme un duo détonnant, au service de l’annonce de l’Évangile auprès de ces mal aimés de notre société, qui se voient pourtant comme des « pèlerins permanents”. Pour nous, Il revient sur sa mission.

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Qu’est ce qui vous a amené à devenir aumônier national des gens du voyage ?

babatche v bedonAu départ, rien ne m’y prédestinait puisque j’ai grandi à Paris, une ville dans laquelle les gens du Voyage sont absents. J’ai reçu un appel à entrer dans la communauté de l’Emmanuel et à devenir prêtre en 1988, à Paray-le-Monial, cela fait maintenant 26 ans que je suis prêtre.

Or la communauté de l’Emmanuel, d’abord à travers son fondateur, Pierre Goursat, a toujours été en lien étroit avec les gens du Voyage, et certains y sont entrés très tôt.

Pendant mon séminaire, en Belgique, j’ai commencé à aller sur des terrains visiter des gens du Voyage. J’ai vécu des Semaines Saintes puis plusieurs sessions d’été à Paray avec eux. Quand j’étais chapelain et aumônier de l’École d’évangélisation, j’ai participé à l’animation d’écoles de la foi pour Voyageurs et j’allais souvent célébrer des messes chez eux.

Avant, quand ils venaient à Paray, ils changeaient de lieu tout le temps, mais désormais, la communauté ayant fait le choix d’acheter un terrain, les voyageurs ont leur propre terrain depuis 5-6 ans.

Quand mon prédécesseur, le Père Thierry Destremeau, est mort brutalement en octobre 2019, il a fallu le remplacer et c’est Babatche qui a suggéré mon nom à l’évêque accompagnateur, Mgr François Jacolin.

Qu’est ce qui vous plaît dans cette nouvelle mission?

A Paray-le-Monial, l’été, on peut parfois avoir le sentiment d’être entre gens bien, il peut y avoir un côté un peu mondain. Les gens du voyage sont beaucoup plus cash et vivent une belle simplicité dans les relations, il n’y a pas de faux semblants. Ces “fils du vent” ont une liberté qui est très belle. 

Qu’est ce que vous diriez à quelqu’un qui a peur des gens du Voyage?

On véhicule beaucoup d’a priori sur eux, parce qu’on ne les connaît pas. A quelqu’un qui a peur d’eux, je dirais : venez les rencontrer ! Venez à une session avec les gens du Voyage! Mettez vous à leur service, en faisant la catéchèse ou du soutien scolaire pour leurs enfants!

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En quoi consiste votre mission ?

L’aumônerie nationale est née après la deuxième guerre mondiale, c’est un bon fruit d’une chose dramatique : la déportation des gitans. Après la guerre, ils furent signalés à un prêtre venant visiter les internés Juifs qui lui dirent: “allez voir les gitans, ils sont encore plus malheureux que nous”. 

Je coordonne toutes les aumôneries diocésaines de France. Nous définissons une pastorale que nous diffusons auprès des aumôneries des diocèses. Je veille aussi à ce que des aumôniers diocésains soient nommés, formés et qu’ils travaillent avec des Voyageurs recevant des lettres de mission. 

Il y a environ 400 000 gens du Voyage en France. Entre les Voyageurs et nous, sédentaires, les modes de vie sont très différents. A nous aussi d’intégrer les mœurs des gens du Voyage. 

Mon rôle est également de constituer des équipes pour les deux grands pèlerinages nationaux: les Saintes-Maries-de-la-mer et Lourdes. Je suis également responsable du journal “la Roulotte”.

Je participe enfin à la défense des Voyageurs, au sein d’une association : l’ANGVC (Association nationale des gens du voyage citoyens). 

Mon souci est que les voyageurs soient fiers de leur identité. Certains se sédentarisent à la suite d’un mariage avec une sédentaire ou pour trouver du travail. Pourtant cette identité nomade est très ancrée en eux.

Mon objectif pastoral est double : il s’agit surtout de mettre en responsabilité les gens du Voyage eux-mêmes pour qu’ils soient les protagonistes de l’évangélisation de leur peuple : pour cela, il faut leur procurer une formation adaptée. La communauté de l’Emmanuel a fait un gros travail de formation et de mise en mission des Voyageurs.

Quelle est la phrase de la Bible qui guide votre action aujourd’hui?

Je suis touché par le verset : “le vent souffle où il veut (Jn, 3, 8), car il ressemble tellement aux gens du Voyage !

Je m’efforce d’être “tout à tous” dans la grande variété de mes activités, ce qui nécessite une grande disponibilité intérieure.


Pour aller plus loin


Comme chaque année, il y avait une session spécifique aux gens du voyage à Paray-le-Monial en juillet 2019. Elle a vu un évènement important pour cette communauté : l’institution d’une douzaine de voyageurs comme lecteurs et acolytes :

Vignette lectorat

Des gens du voyage envoyés en mission aux sessions de Paray

Le 23 juillet 2019, 12 gens du voyage ont été institués lecteurs et acolytes par Mgr Benoît Rivière, évêque d’Autun, ...

Présentation, historique et contacts de la mission Voyageurs de la Communauté de l’Emmanuel

Commencée il y a 35 ans, l’aventure des Gens du Voyage au sein de la Communauté de l’Emmanuel s’est poursuivie avec le développement d’initiatives pastorales propres au monde du Voyage. Aujourd’hui, de nouveaux projets sont envisagés pour aller encore plus loin.

En 1977, alors que la Communauté de l’Emmanuel est encore naissante, un Voyageur participe au groupe de prière du jeudi soir dans la crypte de l’église Saint-Sulpice à Paris. Issu d’une famille pentecôtiste, il vient de faire une rencontre personnelle avec le Christ par la médiation de la Vierge Marie et cherche un soutien catholique […]

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Contacter la mission Voyageurs de la Communauté de l’Emmanuel

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