Olivia*, en première ligne pour trouver un traitement contre le Covid

Dans la lutte contre le Covid 19, il y a certes la vaccination mais également la recherche d’un traitement efficace. Et c’est sur cet aspect, à la fois stratégique et d’une urgence extrême, que travaille Olivia, membre de la Communauté de l’Emmanuel, à la tête d’une biotech fondée en 2014. Le laboratoire vient de publier les résultats très encourageants de la première phase d’essai clinique de son traitement contre le Covid. À l’été, la biotech espère obtenir une autorisation temporaire d’utilisation, première étape avant un déploiement plus large. Rencontre avec une femme pressée de guérir les malades du Covid !

Quelle complémentarité y a-t-il entre le traitement que vous développez et la stratégie vaccinale ?

Medecin Unsplash bermix studioAujourd’hui, la priorité c’est de guérir les gens malades. On ne soigne personne avec un vaccin. Et en même temps, il faut aussi éviter la propagation. On a donc vraiment une stratégie à deux bras: le traitement et la vaccination. Prenez l’exemple de la tuberculose, elle est vaincue par un vaccin et la population vaccinée ne tombe pratiquement pas malade sauf exception, mais il reste les personnes non vaccinées qui peuvent tomber malade et qu’il faut soigner.

Aujourd’hui, les chiffres fluctuent mais il y a environ 1500 personnes par jour qui sont hospitalisées à cause du Covid-19, si on extrapole cela fait 600 000 personnes par an soit environ 1% de la population française. C’est à eux que s’adresse notre traitement, sur lequel nous travaillons depuis 2015 !

Pour éviter la propagation du virus il y a la vaccination mais encore faut-il qu’elle empêche la transmission du virus, et cela reste à confirmer. 

On a présenté la vaccination comme un outil de protection individuelle contre la maladie mais du coup si vous posez la question à des jeunes de 20 ans, ils n’ont aucune envie de se faire vacciner car ils savent que la probabilité qu’ils aillent en réanimation à cause du virus est quasi nulle. A l’inverse, si demain, la vaccination devient un moyen de bloquer la circulation du virus alors beaucoup plus de gens voudront se faire vacciner. 

En quoi le traitement que vous développez est-il efficace contre le Covid 19 ? et est il efficace contre les variants ?

Notre traitement a 3 effets: il est neutralisant, il détruit le virus et empêche l’inflammation. Comme il est à base d’anticorps polyclonaux, il reconnaît le virus et est également efficace sur les variants. Tout cela restant à confirmer pendant les essais cliniques.

Quand est-ce que ce traitement sera mis sur le marché ?

Nous avons commencé le développement de ce traitement en 2015 et sommes passés en phase d’essais cliniques l’été dernier. La première phase de résultats a été publiée, elle est  très encourageante mais reste à confirmer. 

Le prochain objectif désormais est d’obtenir cet été, une autorisation temporaire d’utilisation qui permettra de déployer le traitement à grande échelle dans les hôpitaux français.

Depuis 1 an, on assiste à une compétition sur les approvisionnements: masques, blouses, tests, vaccins. Est ce que ce l’État a pré-commandé des doses ?

Depuis un an, on voit bien que les États prennent des options d’achat en amont des résultats d’efficacité. L’État nous a aidé et financé depuis 1 an, nous lui avons proposé en priorité une option d’achat. 

Avoir la foi : qu’est ce que cela change dans votre vie professionnelle ?

Avoir la foi change le cap que j’essaie de donner à cette entreprise. Notre métier a du sens, puisque nous développons des médicaments pour guérir des malades mais en même temps, les intérêts financiers sont importants. Certains investisseurs sont dans une logique principalement financière. Il y a un risque d’épouser cette logique.

La priorité de l’entreprise est très claire : c’est de guérir les patients ! 

Dans mon expérience, pour un chrétien, les tentations dans l’aventure entrepreneuriale sont l’attrait de l’argent et l’orgueil de la réussite. Je confie cela dans la prière. J’essaie de rester vigilante pour ne pas me mettre trop en avant. Le risque est également de glisser vers une forme d’abus de pouvoir. Je demande souvent une grâce d’humilité.

Je vois aussi que ce n’est pas toujours facile d’être dans la prière quand on travaille 70 heures par semaine. 

Qu’est ce qui nourrit votre prière en ce moment ?

J’ai créé la biotech en 2015, avec mon fils. Il est mort il y a bientôt 2 ans, mais je continue cette aventure avec lui. La phrase de la Bible qui me guide en ce moment est: “Sans moi, vous ne pouvez rien faire” (Jean 15,5). 

 

* : Nota Bene : Pour ne pas perturber les certifications en cours, le prénom a été modifié

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