Merci Steven !

"Bien des fois, la mort de quelqu'un fait quelque chose de merveilleux !" Ces mots de la maman de Steven nous portent vers l'espérance.

Voici les mots bouleversants de Carole, lus pendant les obsèques, mardi 10 mai :

« Steven a beaucoup fait dans sa vie. Il avait plein de projets en tête…ça ne finissait jamais. On a même commencé une page sur Facebook, afin de pouvoir tout savoir à son sujet. Quiconque l’a connu, qu’il y mette ses photos, vidéos… Je veux tout savoir. Si je suis debout devant vous… Le cœur brisé, c’est pour lui, car c’est ce qu’il veut. Je dois être la maman digne d’être mère d’un tel fils et faire comme il m’a appris, aimer le Seigneur comme lui, il l’a aimé. Oui… J’aime mon fils, mais j’aime Dieu plus… Steven m’a appris cela. Je dois suivre ses pas. J’ai beaucoup prié… Dieu et surtout la Vierge Marie qui, Elle, connaît la peine, la douleur que je, ainsi que n’importe quelle maman qui a perdu son enfant, connais et, pourtant, le chagrin de la Vierge est beaucoup plus grand que le mien et je prie afin d’avoir sa foi, son courage, même si ce n’est que le quart, pour surmonter cette perte, cette peine. On peut se demander pourquoi… Pourquoi maintenant, si jeune ? Mais cela n’est pas juste, on n’en a pas le droit.

Seul Dieu tient ce droit, Seul, Lui, sait pourquoi… Et je ne veux pas savoir car peut-être cela me fera encore plus mal. Si on regarde dans le passé, bien des fois, la mort de quelqu’un fait quelque chose de merveilleux. Regardez comment tout le monde s’est éveillé… Peut-être que les Églises vont se remplir à nouveau, que les jeunes qui cherchent le bonheur, le trouvent auprès du Bon Dieu et cela, grâce à Steven. Son départ peut en réalité être le début. Tous ceux qui se sont éloignés du Seigneur, qu’ils y retournent. J’ai beaucoup pleuré. J’ai tellement pleuré que mes larmes se sont séchées. J’étais à la cuisine hier, avec ma nièce, et d’un coup, je lui ai dit… Je ne pleure plus… Je n’ai plus de larmes à verser… Le Saint Esprit a calme mon cœur blessé, je sais que Steven a aidé, du Ciel, à ce que cela se produise. 

Je sais, bien que plusieurs aussi le savent, que Steven est heureux, réjouissant, en train de danser dans le Ciel. Steven est auprès de Celui qui aimait plus que tout au monde : Jésus. Il voulait et a tout fait pour que tout le monde connaisse cet Amour. C’est extrêmement dur… Mais il ne faut pas pleurer, il faut continuer le travail qu’il a commencé. Je suis sa maman, je suis fière d’être sa mère, je dois faire ce qu’il veut, comme il nous a appris. »

Hier matin, une heure de louange a précédé la messe d’obsèques du père Steven Labat. Alors que les cœurs criaient leur désespoir, leur infinie tristesse face à la perte d’un être cher, d’un jeune prêtre plein d’allant, les chants de louange ont résonné et enflé dans la basilique de la bienheureuse Vierge Marie d’Héliopolis. Ces chants de louange ont permis de passer d’un « pourquoi ? » qui étouffe à un « Merci ! » qui libère.

Mgr Nicolas Henry Thévenin, prononçait ces mots lors de la messe d’A-Dieu du Père Steven Labat, mardi dernier :

« Au cours de ces dernières heures, un des mots qui a pu revenir dans la pensée de beaucoup d’entre nous et même dans son expression et : « pourquoi ? ». Pourquoi Seigneur ? Pourquoi l’avoir appelé si vite ? Pourquoi cette vie sacerdotale si courte, même pas un an ? Pourquoi alors qu’à travers lui le Seigneur commençait à faire tant de choses, tant de promesses qui allaient se réaliser, tant d’espoirs, pourquoi ?

Mais le mot qui, aujourd’hui, doit être le mot qui nous rassemble, c’est « merci ». Merci Seigneur pour cette vie, pour cette famille qui l’a accueilli, merci pour cette famille d’Eglise l’Emmanuel, merci pour ces diocèses où il a été. Merci pour tout ce que le Seigneur nous a donné à travers ce qu’il a fait, à travers sa disponibilité. Merci pour ces grâces de son baptême, de sa confirmation. Merci pour avoir mis en lui, dans le père Steven, sa disponibilité à la volonté du Seigneur. Merci. 

Et qui a-t-il de plus beau pour dire « merci » que cette célébration de l’eucharistie ? Rendre grâce pour une vie. En se rappelant toujours que le Seigneur fait les choses le mieux que l’on puisse imaginer, même si nous ne comprenons pas toujours sur le moment. C’est toujours le mieux. Le Seigneur appelle toujours au meilleur moment, et le Seigneur permet qu’une personne, quelle que soit la longueur de sa vie, ait la possibilité de donner le maximum. Nous sommes toujours limités par le temps, le Seigneur a l’éternité pour Lui. Et nous oublions souvent que, si le cours de la vie terrestre s’arrête, la vie éternelle continue. La vie éternelle est vraiment pour nous ce soutien, non seulement dans l’espérance de la Résurrection mais dans la force de la communion des saints qui nous unit aujourd’hui. Si vraiment, pour nous, cette communion des saints, qui est non seulement est une manifestation de l’amour de Dieu entre nous, de l’union avec les saints du ciel qui sont pour nous les modèles et des intercesseurs, mais également avec les âmes du purgatoire qui ont besoin de nos suffrages pour voir face à face ce Dieu qu’elles espèrent, avec cet amour réciproque, nous nous projetons vers l’avenir, nous nous projetons déjà dans ces moments, comme les témoignages de sa famille nous l’ont montré, dans cette certitude que nous sommes dans les mains de Dieu.

Il n’y a pas dans la vie d’un chrétien, d’un catholique, d’une personne baptisée et confirmée, de hasard. Jamais de destin. Il y a la providence divine. Dieu pourvoit et pourvoit toujours. De la meilleure façon, au meilleur moment. L’important est que nous soyons disponibles à l’écouter, le recevoir, à voir les signes que Dieu nous a donné dans le passé, qu’Il nous donne ces jours-ci et nous donnera dans le futur. C’est un encouragement pour chacun d’entre nous (…) à nous poser cette question : qu’est-ce qui est le plus important dans ma vie ? Qu’est-ce que cette séparation physique soudaine doit m’enseigner ? D’avoir toujours cette sérénité profonde, nous savoir dans les mains de Dieu, de savoir que Dieu nous accompagnera, qu’il nous donnera les signes, qu’il nous réconfortera. Et quand, maintenant ou dans le futur, nous aurons des moments où nous ne saurons pas trop où aller, ni comment interpréter ce qui peut nous arriver ou arriver à d’autres, nous trouverons les mots en demandant l’intercession des saints du ciel. Nous prions le Seigneur pour qu’il accueille le père Steven au ciel, pour qu’il soit un intercesseur de plus. Il y a tellement de saints qui existent que nous ne connaissons pas, qui sont pour nous des modèles, des intercesseurs qui portent vers Dieu, qui ne se mettent pas en avant mais qui nous conduisent directement vers le Seigneur.

Ces paroles, ce mot-clé d’aujourd’hui, c’est « merci ». Merci de nous donner toujours cette présence. Le Seigneur est dans cette logique de l’incarnation. Le Seigneur s’est fait petit, il s’est fait humble, il nous a donné son Esprit-Saint pour nous rappeler sa vie, pour nous rappeler ce qu’il nous a dit, pour nous rappeler son regard depuis la Croix, pour nous rappeler son rayonnement dans la Résurrection, pour nous rappeler cette vie éternelle à laquelle il nous appelle. Oui, aujourd’hui, nous sommes tous unis dans la communion des saints et nous savons que nous ne sommes pas seuls. Nous sommes dans cette sérénité de la personne qui sait qu’elle est portée par Dieu. Cela n’empêche pas la douleur légitime, ça n’empêche pas de se demander « pourquoi ? », mais rappelons-nous toujours, le plus important aujourd’hui, c’est de remercier Dieu. De remercier Dieu et de faire que nous soyons davantage ouverts à toutes les grâces que Dieu nous distribue sans cesse, les personnes que Dieu met sur notre chemin, pour être celles qui sont les canaux de la grâce, qui nous amènent vers le Seigneur, qui nous ramènent vers le Seigneur, qui nous donnent cette espérance, cette confiance. Voilà ce que le Seigneur veut que nous ayons aujourd’hui dans le cœur : un grand merci. Avec le Seigneur, remercions pour cette vie, cette vie donnée jusqu’à la mort au moment où le Seigneur l’a voulue mais au moment où nous aussi nous sommes appelés à renforcer notre foi, notre espérance et notre charité dans la communion des saints. »

 

Et nous, sommes-nous prêts à crier ce MERCI Seigneur pour la vie de Steven, et pour toutes les vies perdues des êtres qui nous sont chers, sans nous laisser submerger par la peine ? Oui, assurément, la louange nous permet d’entrer dans cette grâce.

Le Père Steven avec les jeunes volontaires au service des sessions de Paray-le-Monial en juillet 2021.

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