« Marie nous reçoit comme une mère » – enseignement de Pierre Goursat

Décédé le jour de l’Annonciation 1991, Pierre Goursat avait un attachement particulier à la Vierge Marie. Voici un enseignement qu’il avait donné à son sujet à un week-end communautaire près de Barcelone, le 29 mai 1988.

Nous allons parler de l’Annonciation. Dans l’Annonciation, Jésus était un petit embryon. Quelques jours après sa conception, son cœur a commencé à battre. Dès ce moment, il dit : « Me voici, Seigneur, pour faire ta volonté. » La volonté du Père, c’est que son Fils s’offre en sacrifice.

Il y a une intimité très grande entre Marie et Jésus. Marie comprend que son Fils s’offre en sacrifice. Peu de temps après la naissance, ils vont à Jérusalem. Et il y a là-bas une prophétesse, Anne, qui dit qu’un glaive va transpercer le cœur de Marie. En réalité, ce que ces paroles nous montrent, c’est l’unité entre le Cœur de Jésus et le cœur de Marie.

C’est pourquoi saint Jean Eudes disait que le Cœur de Jésus et le cœur de Marie forment un seul cœur. C’est difficile de le comprendre, parce qu’il y a un cœur humain de Marie et un cœur divin de Jésus. Et nous qui par l’Esprit, sommes [frères] de Jésus et de Marie, nous devenons comme des petits enfants de Marie. Cela nous donne cette grâce d’abandon comme un enfant entre les mains de Marie. Parce que Marie nous reçoit comme une mère, elle nous reçoit comme fils dans son sein. Nous devons vivre dans son Fils dans l’abandon comme des petits enfants. C’est très simple et si nous arrivons à cette simplicité, tout est très facile dans la vie : comme un enfant qui va dans une clinique pour une opération chirurgicale.

Rappelons-nous l’exemple de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus. Elle avait sur elle une petite croix qui a provoqué une infection. Elle disait : « Je suis trop petite pour porter cette croix. Le Seigneur ne me demande pas ça. Je suis contente avec les petits sacrifices que je fais. »
Quand nous parlons de martyre, c’est difficile de comprendre la joie. Mais dans le Renouveau charismatique, nous sommes simples et joyeux. Comme nous disons dans le chant : « Me voici, Seigneur, me voici comme un enfant. »

Marie nous montre tout ça. Avec elle, tout se fait avec facilité. Sans elle, nous nous endurcissons avec un esprit volontariste et ça ne marche pas. Regardons saint Pierre et saint Jean. Saint Pierre disait : « Je suis très fort. Même si tous t’abandonnent, moi, je ne t’abandonnerai pas. » Il s’appuyait seulement sur ses propres forces et le Seigneur lui donne une leçon. « Avant que le coq ne chante, tu me renieras trois fois. » Mais Jean a été jusqu’à la croix avec Marie. Et Jésus en croix dit : « Voici ton fils. » « Voici ta Mère. » Ça, c’est l’abandon.

L’abandon est une grâce. Cela paraît très facile, mais c’est facile et difficile. Si nous le comprenons bien, c’est très facile. Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus disait des paroles très belles. Elle faisait des petits sacrifices. Et de petit sacrifice en petit sacrifice, elle en a fait d’autres plus grands. Quand Jésus nous dit : « Mon joug est facile à porter et mon fardeau léger », il dit la vérité. Dans l’Écriture, saint Paul nous dit : « Portez les fardeaux les uns des autres. » Comme ça, c’est moins lourd de le porter.

Vous connaissez l’association de la Croix glorieuse. Il y a certains frères de la Communauté qui souffrent beaucoup et qui ont demandé d’intégrer la Croix glorieuse dans la Communauté. Ils se retrouvent chaque mois et prient les uns pour les autres. Une sœur, atteinte d’un diabète non stabilisé, devait se faire des piqûres d’insuline sept ou huit fois par jour. Une autre lui a dit : « Tu devrais demander aux autres sœurs de te soutenir. » Et elle ne voulait pas le faire, jusqu’au jour où elle a dit : « Je lâche. » Et elle a accepté que les autres fassent une chaîne de prière pour elle. Chaque jour, il y avait une personne qui priait pour elle. Chacune devait prier une fois par semaine. Ça a beaucoup aidé cette sœur. Et elle en a témoigné à Paray-le-Monial en disant : « Je suis beaucoup plus détendue. »

Il y a de plus en plus de frères qui nous disent : « Je veux être aidé dans ma souffrance. » Nous avons cherché sept personnes qui prient pour eux. Et si nous ne les trouvons pas, nous les cherchons dans la Communauté.

En Uruguay, il y a un frère avec une déformation du visage terrible. Il disait : « Je ne peux pas vivre comme ça. Je vais me suicider. » Deux sœurs lui ont parlé de Jésus. Et il a demandé à être accompagné. Maintenant, sa vie a un sens. Nous voyons que c’est bon pour la conversion des pécheurs. Vous pourriez faire ça en Espagne. Quand ce jeune qui voulait se suicider a connu le Seigneur, il a compris que dans l’abandon, le Seigneur donne une force. Et le secret de la force, c’est ça.

Ne pas s’inquiéter pour l’avenir en disant : « Ce qui va se passer, c’est terrible. » Par exemple, sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus se promenait dans le jardin et ça la fatiguait. Et elle disait : « Je marche pour un missionnaire. »

Nous pouvons dire : « J’accepte ce petit sacrifice. » C’est le oui de Marie. Si nous le disons très souvent, notre vie se transforme et nous devenons comme des petits enfants. Nous devons être comme un fœtus dans le sein de Marie. Dans le sein de Marie, nous vivons de son sang.

Geste : la croix, c’est ça (en croisant les doigts). Mais si nous faisons comme ça, (en posant les doigts parallèles), il n’y a pas de croix.
Le résumé, c’est de dire « oui » maintenant. L’affectivité doit avoir la foi comme appui.

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