L’histoire de la Fête-Dieu

Cet article fait partie du dossier thématique :Eucharistie, le miracle permanent →

On ne le sait pas mais l’histoire de la Fête-Dieu est liée à deux miracles s’étant produits au XIIIe siècle : la vision de sainte Julienne de Cornillon en Belgique et le miracle eucharistique de Bolsena en Italie.

Par Jean-Luc MOENS, pour Il est vivant! n°341

Dieu a de la suite dans les idées ! L’histoire de la Fête-Dieu manifeste combien il est le maître de l’histoire.

Julienne de Cornillon à Liège

Sainte Julienne naît en 1193 à Retinnes dans le diocèse de Liège en Belgique. Ses parents meurent très tôt et son éducation est confiée aux religieuses augustines de Cornillon, tout près de Liège. Très pieuse, Julienne perçoit l’appel de Dieu et prend l’habit des sœurs augustines en 1207 dans le couvent de Cornillon. Elle se consacre aux soins des malades et entretient une grande dévotion pour l’eucharistie. Peu de temps après sa profession religieuse, elle a une vision au cours de sa prière : elle voit la lune très brillante traversée de part en part par une ligne noire qui la sépare en deux parties égales. Dans un premier temps, elle n’accorde pas d’attention à cette vision, mais celle-ci se répète. Julienne finit par en parler à sa supérieure, la prieure Sapience. Dieu lui révèle le sens de cette vision : la lune représente l’Église militante et la bande noire, le manque d’une fête pour honorer le Saint Sacrement afin de ranimer la foi des fidèles et d’expier les fautes commises contre ce sacrement. Dieu charge Julienne d’œuvrer à l’institution de cette nouvelle fête, mais Julienne résiste. Elle se sent incapable. Elle va résister pendant plus de 20 années. En 1222, Julienne est nommée prieure pour succéder à Sapience. Sa vision a commencé vers 1210, mais c’est seulement en 1230 qu’elle se met à en parler autour d’elle, encouragée par la bienheureuse Ève, une recluse (voir page 11) de l’église Saint-Martin. Un groupe de savants théologiens est consulté. Parmi eux, Jacques Pantaléon de Troyes, archidiacre, et Hugues de Saint-Cher, prieur des dominicains, sont convaincus du bien-fondé de cette fête. L’avis des autres théologiens est aussi positif, cependant l’évêque de Liège, Robert de Langres, hésite. Il estime qu’il y a déjà une fête de l’eucharistie, le Jeudi saint. C’est alors, vers 1245, qu’il reçoit un signe du ciel qui est resté inconnu. Encouragé, l’évêque Robert décide de promulguer la fête pour son diocèse. Il meurt malheureusement avant d’avoir pleinement réalisé son désir. Entre-temps, Hugues de Saint-Cher est devenu légat du pape pour la ville de Liège. À la demande de la bienheureuse Ève et de théologiens locaux, il institue la fête du Saint Sacrement le 29 décembre 1252. De son côté, Julienne est victime de calomnies et de persécutions diverses. Elle doit fuir et finalement, elle meurt le 5 avril 1256 en exil dans la petite ville de Fosse.

Le miracle de Bolsena

Le 29 août 1261, l’ancien archidiacre de Liège, Jacques Pantaléon, est élu pape. Il fait partie des rares papes qui n’étaient pas cardinaux lors de leur élection. Il est aussi le seul prêtre ayant exercé son ministère à Liège avant de devenir pape. Il prend le nom d’Urbain IV. En décembre 1263, alors qu’il est en résidence dans la ville d’Orvieto, à 100 km au nord de Rome, un événement extraordinaire se produit à quelques kilomètres, dans le village de Bolsena, au bord du lac du même nom. Un prêtre de Bohème, Pierre de Prague, célèbre la messe dans les catacombes de sainte Christine, martyre de la fin du IIIe siècle. Il est en pèlerinage vers Rome avec une intention particulière : retrouver la foi dans l’eucharistie, car il est rongé par des doutes sur la présence réelle. Comment le pain peut-il se transformer dans ses mains dans le corps du Christ et le vin dans le sang du Seigneur ? Pierre de Prague désire croire et lutte pour cela, malgré ses doutes. La preuve : il fait un pèlerinage long et pénible pour retrouver la foi. Au moment où il allait couper l’hostie en deux, il s’aperçoit que du sang s’en écoule et tombe dans le calice. La partie de l’hostie qu’il tient dans ses mains a encore l’apparence du pain, mais la partie inférieure est devenue semblable à de la chair vivante. Le sang coule abondamment, à la grande confusion du prêtre qui essaie de cacher le miracle. Mais cela s’avère impossible, le corporal est rempli de sang et des gouttes débordent du calice sur le sol de l’église. La ville de Bolsena apprend le miracle et toute la population est en émoi. On porte en procession le linge maculé de sang miraculeux au pape Urbain IV à Orvieto. Pierre de Prague se jette à ses pieds et lui raconte toute son histoire. Le pape envoie saint Thomas d’Aquin et saint Bonaventure enquêter sur le miracle. Une fois la vérité du miracle reconnue, Urbain IV participe à la procession de transfert de l’hostie et du corporal de Bolsena à Orvieto. Ils y sont encore conservés aujourd’hui.

La Fête-Dieu

Le pape Urbain IV n’a pas oublié la vision de Julienne de Cornillon. Le miracle eucharistique de Bolsena lui offre une occasion providentielle pour étendre la fête du Saint Sacrement, déjà instituée à Liège, à toute l’Église. Il instaure la Fête-Dieu par la bulle papale Transiturus de hoc mundo, le 11 août 1264. Le pape écrivit aussi à la recluse Ève le 8 septembre de la même année. Il lui envoie un exemplaire de la bulle et deux copies de l’office de la Fête- Dieu, composés à sa demande par saint Thomas d’Aquin. L’institution de la Fête-Dieu est un bel exemple de la manière dont le Seigneur guide son Église à travers des événements qui ont l’air indépendants les uns des autres, mais qui conduisent à réaliser sa volonté. À travers la révélation à sainte Julienne, l’élection d’Urbain IV et le miracle eucharistique de Bolsena, il est arrivé à ses fins : que l’eucharistie soit davantage vénérée dans son Église. ¨

 

Les recluses

Au Moyen-Âge, les recluses sont des femmes qui se faisaient enfermer dans des maisons attenantes à une église et qui pouvaient assister aux offices par une ouverture donnant sur l’église. Elles vivaient une vie d’ermite, enfermées définitivement entre leurs quatre murs, et étaient nourries par la charité du peuple. Elles passaient tout leur temps en prière.

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