Les ESM en plein cheminement !

En 2020/2021, 5 des 7 écoles d’évangélisation vont vivre des changements importants. Décryptage avec le père Janez Rus, coordinateur international des jeunes pour la Communauté de l’Emmanuel.

Janez peux-tu nous rappeler la réalité de l’histoire des ESM jusqu’à aujourd’hui ?

On peut dire qu’il y a eu trois grandes étapes concernant les ESM.

La première étape fut au début des années 1980 où la première école a été fondée à Paris, puis fut transférée à Paray le Monial.

La seconde étape, dans les années 1990, a vu se déployer le concept de ces écoles en Europe hors France : Altötting (en allemand), Rome (en anglais). Les trois premières écoles avaient une dimension très internationale.

Enfin la troisième étape a vu naître des écoles sur chaque continent afin de les rendre plus accessibles aux jeunes des régions concernées en leur permettant de grandir dans la foi, dans une plus grande proximité avec leur culture. Nous avons eu alors la création d’ESM à : Manille (Philippines pour l’Asie), Salvador de Bahia (Brésil pour l’Amérique Latine), Bafoussam (Cameroun pour l’Afrique), enfin New-York, pour l’Amérique du Nord.

Quelle était la particularité de ce déploiement et ses fruits ?

Ce déploiement s’est effectué sur la base d’un concept unique : former des jeunes missionnaires pour notre temps, aptes à prendre des responsabilités dans l’Eglise à leur retour. Formation humaine, formation anthropologique, formation pastorale… Le terreau de ces écoles a vu fleurir non seulement de nombreux missionnaires dans leurs églises respectives, mais aussi de nombreuses vocations à la vie consacrée et de nombreuses vocations sacerdotales.

En interne on peut dire également que de nombreux jeunes issues des ESM sont aujourd’hui en responsabilité dans la Communauté de l’Emmanuel, on le voit, ces écoles ont été très fécondes !

Alors quels sont les changements en cours et pourquoi ?

Il y a un presque deux ans maintenant le Bureau International et le Conseil International ont démarré une réflexion sur les ESM et m’ont demandé de la mettre en œuvre avec une équipe sous la forme d’un audit, puis d’un travail de réflexion concernant l’ensemble des ESM pour nourrir le discernement.
Le constat était en effet que si la richesse et la fécondité des ESM ne faisaient aucun doute, les choses ont beaucoup évolué depuis la fondation de la première ESM.

La vision est claire et solide : « former des apôtres pour notre temps », mais la question se posait de savoir si le programme et les modalités de chaque école correspondait toujours bien aux défis des jeunes d’aujourd’hui dans un monde en pleine mutation et si elles devaient être les mêmes partout. Il y avait une certaine concurrence entre les différentes ESM.

Enfin une ESM est un investissement très important en équipe de responsables, en suivi pastoral, en moyen financier, il était donc sage de s’interroger sur tous ces sujets.

Où en est-on aujourd’hui ?

L’exhortation du pape François « Christus Vivit » est pour nous un encouragement fort à continuer cette œuvre en nous ouvrant toujours plus aux besoins du monde et aux impulsions des nouvelles générations.

Il est essentiel d’associer au maximum les jeunes et nous devons être prêts à nous laisser déranger par les jeunes eux-mêmes.
L’Esprit nous pousse et nous devons être prêts à nous laisser surprendre.

Le travail est en cours et si rien n’est encore validé définitivement nous voyons déjà des lignes de force apparaitre ; aussi nous pensons par exemple devoir renforcer un axe déjà amorcé depuis plusieurs années de promouvoir un engagement social direct. Il nous faut également faire émerger les talents, laisser jaillir la créativité, inciter à la prise de responsabilité, de ce point de vue nous voyons par exemple que le nom même « d’école » doit être revu car il renvoie à un système scolaire où les étudiants « suivent » ce que les professeurs leur donnent alors que les jeunes doivent d’avantage être plus protagonistes et actifs dans leur formation.

Quelles sont les futures étapes ?

Sur 7 écoles, 5 sont en cours de réflexion et de cheminement. L’an prochain, celles de Bafoussam et New York vont continuer suivant le projet habituel d’une ESM. Pour des raisons différentes, quatre autres vont vivre des changements importants. Celles de Paray et de Manille prennent une pause de discernement et de travail, celles de Rome et Altötting vont offrir une année de formation, mais de manière différente par rapport à ce que propose habituellement une ESM. Le futur de l’ESM de Salvador est en réflexion et discernement.

Nous sommes très confiants et même si la pandémie a retardé le processus. Nous sommes dans une réflexion très ouverte et spécifique pour chaque ESM qui nous conduit à être moins standardisés, plus souples, et plus adaptés aux réalités de chaque lieu, tout en continuant à vivre et transmettre les grâces de la Communauté d’une manière toujours nouvelle. Rendons grâce à Dieu !

SESSION DE L'EMMANUEL 2020