“Fratelli Tutti”, une encyclique à lire et à prier

Le pape François vient de publier sa troisième encyclique Tous frères (Fratelli Tutti en italien) qui s’appuie, comme la précédente encyclique Laudato Si, sur une expression de Saint François d’Assise. Quelques petits conseils pour une lecture fructueuse.

Premier conseil de bon sens : lire nous-mêmes cette encyclique ! Rien ne vaut la découverte personnelle sans a priori. Il y a certes de belles et savantes analyses mais elles risquent de nous donner des grilles de lectures préformatées et de nous enfermer dans un certain prisme. Lisons-les plutôt après si le besoin s’en fait sentir. Commençons donc par nous procurer l’encyclique afin de la lire.

    • Pour ceux qui préfèrent la lecture sur papier, on peut se la procurer dans une librairie ou en ligne.
    • Pour ceux qui affectionnent la lecture numérique, il est possible de la lire par exemple sur l’application Découvrir-Dieu qui vous propose une lecture pas à pas en 40 jours (dans votre application, cliquez sur “plus” puis “parcours”).

Attention, la lecture de n’importe quelle encyclique, quel que soit le pape d’ailleurs, vise à provoquer des conversions personnelles et communautaires en proposant sur une thématique une actualisation de la Parole de Dieu pour les temps que nous traversons. Normalement, pour un catholique, la lecture d’une encyclique va donc nécessairement le bousculer sur un ou plusieurs points. Même si c’est parfois désagréable, il n’y a rien d’anormal à ce que cela gratte. En effet, la conversion continuelle est le chemin ordinaire de la vie chrétienne, et se convertir n’a jamais été un long fleuve tranquille.

N’hésitons pas à supplier l’Esprit Saint avant de commencer notre lecture pour lui demander d’éclairer notre cœur et notre intelligence, et de nous accompagner particulièrement dans les passages qui seront les plus difficiles à lire ou à comprendre. Cette ouverture du cœur pour accueillir la magistère de l’Église est ce qu’on appelle l’assentiment religieux (1). C’est la condition nécessaire pour que la lecture porte du fruit.  

Plutôt que de tout lire d’un trait, il peut être plus facile, et même préférable pour l’assimilation, de lire chaque jour un petit passage. Pourquoi pas au cours d’un temps de prière.

Prenons des notes et mettons de côté les passages qui nous touchent et que nous aimons particulièrement, mais aussi ceux qui nous heurtent ou que nous ne comprenons pas, en les surlignant sur notre livre ou en les copiant dans notre carnet sur l’application Découvrir-Dieu.

Enfin, un dernier conseil essentiel : il faut travailler ! Travailler en particulier sur les passages que nous avons plus de mal à comprendre : travailler, réfléchir, lire, en parler, se confronter à la réalité, chercher, relire encore. C’est en parlant et en confrontant ses idées avec des personnes qui n’ont pas le même avis que le nôtre que nous avançons en général le plus. Pour le dire plus clairement : si nous voulons véritablement travailler et réfléchir, méfions-nous des réseaux sociaux qui ne nous présentent plus que l’avis des personnes qui pensent exactement comme nous.  Certains passages nous échapperont peut-être longtemps ou nous laisserons plus de questions que de réponses. Là encore, cela n’est pas étonnant car l’encyclique vise davantage à nous mettre en route même si le chemin n’est pas encore clair qu’à nous donner une analyse et une compréhension claire et nette de la situation. Ce chemin nécessite souvent d’accepter l’épreuve du temps en avançant pas à pas. A l’époque d’internet et de l’immédiateté, cela peut vraiment constituer une épreuve que seule une authentique humilité permet de traverser.

 

Viens Esprit Saint guider notre lecture et soutenir notre conversion !

 

Note 1 : extrait de Lumen Gentium 25 (constitution dogmatique du Concile Vatican II sur l’Église) : “Les fidèles doivent s’attacher à la pensée que leurs évêques expriment, au nom du Christ, en matière de foi et de mœurs, et ils doivent lui donner l’assentiment religieux de leur esprit. Cet assentiment religieux de la volonté et de l’intelligence est dû, à un titre singulier, au Souverain Pontife en son magistère authentique, même lorsqu’il ne parle pas ex cathedra, ce qui implique la reconnaissance respectueuse de son suprême magistère, et l’adhésion sincère à ses affirmations, en conformité à ce qu’il manifeste de sa pensée et de sa volonté et que l’on peut déduire en particulier du caractère des documents, ou de l’insistance à proposer une certaine doctrine, ou de la manière même de s’exprimer.”

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