Dimanche 19 juin fêtez vos pères avec ce recueil de témoignages sur la paternité !

Nous, pères, qui sommes sur Terre, dans ce livre paru en mai 2022 chez Artège, 12 hommes, 12 pères témoignent, à cœur ouvert, sans faux-semblant et humblement, des joies, des épreuves, des espérances qu’ils ont traversées en devenant père.

François-Xavier Pérès est l’un d’eux. Père de 3 enfants, il est engagé dans la Communauté de l’Emmanuel depuis 2015 avec son épouse. Il nous dit pourquoi il a accepté de partager son histoire dans ce livre :

Couverture livre Nous, pères, qui sommes sur TerreFrançois-Xavier Pérès : « Par amitié, tout d’abord, pour Pierre Durieux qui est à l’origine de ce livre et qui en a coordonnée l’écriture. Ensuite, parce qu’il me semblait que j’avais des choses à dire à propos de la paternité : sur la dimension de l’épreuve, sur le fait de s’autoriser à dire que l’on souffre, sans comparer sa souffrance à celle de l’autre, sur la consolation…

Enfin, en tant que membre de la Communauté de l’Emmanuel, j’ai pris l’habitude et appris à partager mes découvertes, mes joies, mes difficultés. Et je me suis rendu compte que cela était devenu naturel. Il ne s’agit pas d’étaler sa vie, encore moins d’être impudique, mais de partager ce qui sera de nature à édifier et faire grandir ceux qui le liront, en mettant en lumière que nous avons, en fait, tout reçu.  

De quelle manière cela vous a-t-il fait avancer dans votre réflexion sur la paternité ?

F-X. P : « J’ai beaucoup aimé écrire mon témoignage. Je conseille d’ailleurs à tout le monde d’écrire, même sans la perspective d’une publication. C’est autre chose qu’un sms… Je me suis surpris en me relisant : j’ai réalisé tout ce que j’avais dévoilé, à propos de mon épouse, de mon père, à qui j’ai offert le livre…

L’écriture m’a permis de réfléchir à ce que la paternité nous apprend de nos fragilités, de nos maladresses, de notre humanité blessée. Je me souviens d’avoir lu cette phrase il y a quelques années : « les hommes sont des enfants qui ont besoin d’être consolés » et m’être dit que ce regard sur l’homme manquait cruellement de virilité. Je réalise aujourd’hui la vérité de cette formule : en tant que parents, nous faisons en réalité ce que nous pouvons et que ce que nous pouvons. Être père ce n’est pas une question de capacité ou de compétences, c’est avant tout un don à recevoir. Dans mon témoignage, j’écris : « Je suis père si j’accueille la vie, si je consens aux difficultés qu’elle charrie inévitablement, et si, malgré tout, je témoigne que la vie en vaut la peine. (…) Finalement, ma plus grande responsabilité de père est sans aucun doute d’être un premier reflet du Père éternel et de ne pas trop brouiller son image. Cette certitude, je la tiens de mon père ici-bas. Grâce à lui, pour moi, le Bon Dieu est facile à aimer. »   

Le père sur la terre est celui qui nous montre notre Père au ciel ?

F-X. P : Oui, le sens de notre paternité terrestre est de tourner nos enfants vers le Père que nous avons en commun. En tant que père, je ne suis qu’un signe du Père éternel. Je dois être présent, et c’est sans doute le grand défi des pères aujourd’hui, et en même temps, je dois m’effacer devant Celui qui est plus grand que nous et qui aime plus et mieux nos enfants que moi-même.

Une bonne raison d’offrir ce livre aux pères que nous connaissons ?

F-X. P : « Trois bonnes raisons même : d’abord, il s’agit d’un livre de témoignages, facile à lire l’été sur la plage… Ensuite, il aborde un immense mystère, celui de la paternité, et propose d’en découvrir 12 facettes parmi tant d’autres. Enfin, il répond, je crois, à un besoin des pères de chercher à élucider ce mystère de la paternité. A travers la diversité des témoignages, chacun devrait trouver des clés pour avancer. »

Extrait du témoignage de François-Xavier Pérès dans Nous, pères, qui sommes sur Terre

Enfant gâté, par François-Xavier Pérès

François-Xavier Pérès, quarante et un ans, est père d’une famille de trois enfants. Il travaille dans les ressources humaines, dans le domaine de la gestion des risques. Il rejoint Alliance VITA en 2010, au sein de l’équipe de Montauban, puis devient délégué de Loire-Atlantique deux ans plus tard. Il préside l’association à partir de 2014, jusqu’en avril 2022. Avec son épouse, il est par ailleurs engagé depuis 2015 dans la communauté de l’Emmanuel.

Dimanche 20 décembre 2009.

Tiphaine a mal. L’horizon s’assombrit.

C’est une douleur particulière que ma femme connaît bien. Elle l’a ressentie lors des deux précédentes grossesses. Nous savons ce que cela signifie : dans quelques jours, la douleur s’intensifiera probablement et contraindra Tiphaine à se rendre à l’hôpital, où une grossesse extra-utérine lui sera diagnostiquée. Si elle y laisse la trompe de Fallope qui lui reste, nous ne pourrons plus avoir d’enfant.

Hier encore, nous étions pourtant pleins de joie, pleins d’espoir, pleins du désir de voir notre famille s’agrandir. Nous voulons que Marthe, quatre ans, et Louis, trois ans, aient de nombreux petits frères et soeurs. Deux jours passent. Tiphaine est opérée. « Ne pleurez pas Madame, vous pourrez toujours faire une FIV. » Le médecin ne se rend pas compte que ses paroles, techniques et froides, ne consolent pas. Nous n’envisageons pas d’avoir recours à des manipulations d’embryons. Nous n’avons pas trente ans et notre plus beau projet vient de nous échapper. Pour Noël, notre famille rapplique généreusement pour s’occuper de tout. Elle repart après la fête, avec nos deux enfants, pour nous laisser du temps en couple. Nous nous rendons au sanctuaire de Rocamadour, sans autre intention que de changer d’air. Mon frère a fait le déplacement pour prier avec nous. Lorsque je me retrouve dans la petite chapelle, devant la statue de Notre-Dame, je n’ai pas vraiment de demande à formuler. Mes pensées me disent qu’il n’y a pas de raison de pleurnicher, tant la vie m’a comblé jusque-là. Je sens pourtant monter en moi un chagrin revanchard, que je ne m’explique pas bien. Il contient une sourde colère, un vif sentiment d’injustice. Je place la paternité au sommet de ma vocation, et voici que je n’aurai plus d’autres enfants. Je suis un brave type, un père probablement compétent : je mériterais que soit assouvi mon noble désir de famille nombreuse. Et me voilà contraint de consentir à un autre chemin. J’en pleure devant Marie. Je ne voulais pas de cette épreuve.

Les semaines passent et je reste bloqué dans une révolte amère. Qu’on me dise : « Tu as déjà deux beaux enfants » ne me fait aucun bien. Qu’on me parle d’« autres formes de fécondité » me paraît incongru. Qu’on prononce le mot d’« adoption », et je me sens accusé de n’avoir pas assez d’enfants. Tiphaine reprend du poil de la bête plus vite que moi. Elle aurait pourtant mille raisons de s’assombrir, elle qui a vécu dans sa chair la perte de plusieurs enfants à naître. Elle pourrait se recroqueviller. Mais au contraire, elle se met en mouvement, se donne sans compter pour Marthe et Louis, s’engage dans une association pour la protection de la vie humaine1. Elle souffre, évidemment, mais ne se renferme pas. Tiphaine se montre patiente aussi. Avec moi. Un jour, elle me suggère que nous adoptions un enfant. Elle est la seule de qui j’accepte cette évocation. Elle me glisse à l’oreille que je devrais appeler mon parrain Xavier. Il a adopté, avec Claudine, mes deux cousins, Diane et Georges. L’idée de cet appel fait son chemin en moi. Ma tête me dicte d’étudier les bonnes raisons d’avoir recours à l’adoption. Mais ce sont surtout mes tripes qui grondent : j’ai besoin d’être consolé par quelqu’un qui sait ce que je traverse.

1. Alliance VITA.

A retrouver en intégralité dans Nous, pères, qui sommes sur TerreArtège

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