Les débuts de la communauté de l’Emmanuel – Témoignage de Martine Catta

Il y a 50 ans, le dimanche 13 février 1972, Pierre Goursat et Martine Catta furent invités à un week-end à Troussures par le père Caffarel. Ils ne le savaient pas, mais ce qu’ils allaient y vivre allait marquer le début de la Communauté de l’Emmanuel. Témoignage de Martine Catta.

« Avec Pierre nous avons reçu l’effusion de l’Esprit le 13 février 1972, il y en a qui n’étaient pas nés, au cours d’un week-end qui était du 11 au 13 février, je dois dire que ce sont des dates mariales. Pierre en 72 était un saint laïc, il priait fidèlement depuis l’âge de 20 ans où il avait rencontré profondément et personnellement Jésus et il avait choisi, je vais vite, pour une vie de laïc pour Jésus, pour le Seigneur, comme adorateur de l’eucharistie et évangélisateur. Donc il n’avait pas eu l’appel au sacerdoce bien qu’à ce moment-là on est venu lui dire il faut que tu sois prêtre. Non, sa vocation était d’être dans le monde et d’annoncer l’amour de Jésus et d’adorer l’eucharistie. Et vous savez peut-être, du moins un certain nombre, qu’il était malade, il était tuberculeux depuis l’âge de 18 ans et il l’a été jusqu’à fort tard 45 ou 50 ans jusqu’à ce qu’il y ait des antibiotiques. Et donc longtemps et plusieurs fois il était au bord de la mort. Et quand il le pouvait, d’abord il a continué ses études et puis ensuite il travaillait. En fait en 1970-1971, il a été on pourrait dire contraint de prendre une retraite anticipée, le lieu où il travaillait était devenu vraiment difficile et il a compris que pour lui le mieux c’était de partir. Et nous nous trouvons là avec un homme qui est juste à la retraite, qui a 58 ans, qui n’est plus malade mais qui est encore fatigable et qui voit comment est l’Eglise à ce moment-là où beaucoup de prêtres ont quitté le sacerdoce en 70 et lui priait, il voulait aider l’Eglise, il disait bien, il ne voulait pas la restaurer mais l’aider à se renouveler. Mais personne n’attendait rien de lui et il a passé une période assez difficile mais il priait, il a continué de prier. Et un jour un de nos frères lui dit mais tu as dû avoir beaucoup de grâces Ah non il n’a pas dit non il a dit : J’ai essayé d’être fidèle c’est tout. Puissions-nous dire j’ai essayé d’être fidèle c’est tout. Donc voilà cet homme à ce moment-là. Moi en 72 j’étais interne en médecine, j’avais fait plusieurs années avant une rencontre fulgurante et foudroyante avec Jésus, j’avais été envahie par sa personne et son Amour en visitant des musées à Florence en Italie. Merci Seigneur et merci pour l’Italie et ses artistes.

Et donc ça a complètement vidé ma vie cet amour de Jésus, cette présence de Jésus mais vraiment cette présence de son amour et de sa personne. Je comprends maintenant, c’était une expérience forte d’Emmanuel sans que je puisse dire ce mot-là. Et donc lorsque j’ai rencontré le Seigneur j’ai eu cette parole intérieure, je commençais mes études de médecine, cette parole intérieure, cette invitation plutôt à être un médecin chrétien aussi compétent que possible pour la gloire de Dieu. Le Seigneur m’a mise vraiment dans mon boulot si j’ose dire et c’est cette parole-là qui m’a aidée à passer les concours de médecine. Donc en 1972 je suis interne mais je suis dans une impasse, pourquoi ? Parce que je pensais que plus je serais bien et plus Jésus m’aimerait, grave erreur, grave erreur ! C’est dans ma vie de prière, j’avais commencé à prier et à aller à la messe après la rencontre de Jésus et la vie de prière nous conduit à voir notre pauvreté et notre péché, vous êtes d’accord et alors je ne savais plus trop comment faire je manquais d’espérance et oui j’étais dans une impasse, on peut dire ça ! Pierre et moi, est-ce que nous nous connaissions ? Eh bien oui un petit peu, très peu. C’est le père Caffarel, fondateur des équipes Notre Dame qui m’avait dit un jour : Martine j’aimerais vous faire rencontrer un homme qui a une profession importante mais qui vit pauvrement dans un 6ème étage pour être un adorateur. Et lorsque j’ai rencontré Pierre j’ai compris que c’était lui, mais je l’ai rencontré comme un monsieur un peu lointain, un type intimidant. Quelque temps plus tard l’abbé Caffarel me demande si je veux bien accueillir dans l’école d’oraison, j’avais la charge d’une école d’oraison avec une petite équipe, si j’accepterais qu’il vienne participer à l’animation. Oui d’accord et donc Pierre en fin 1971 est venu participer à des sessions d’école de prière et fait d’une façon très simple, très humble. On disait :  » la prochaine fois c’est toi qui parleras de ça  » et il préparait avec beaucoup de soin parce qu’après sa mort j’ai trouvé plusieurs brouillons, il faisait brouillon sur brouillon parce qu’il cherchait à servir le Seigneur tellement humblement. Donc on en était là quand nous avons été invités à un week-end d’effusion. Pierre avait été invité par l’abbé Caffarel qu’il connaissait depuis 30 ans. Et l’abbé Caffarel avait dit à Pierre, c’est tout de même la petite histoire, je n’inviterai pas Martine, il n’était pas content de moi. Figurez-vous je vois l’abbé Caffarel le 2 février, je parle avec lui et il m’invite et Pierre a été le premier étonné de me voir arriver le 11 février. 2 février, 11 février, 13 février, c’est extraordinaire comme Marie est présente. Alors donc le week-end auquel nous avons participé, nous étions une trentaine et on a passé la moitié du temps, une bonne moitié du temps, non pas à écouter Emmanuel Dassi comme on va faire les jours suivants, mais à écouter le témoignage de Xavier et Brigitte Le Pichon qui rentraient des Etats-Unis et qui avaient été transformés par la rencontre du Renouveau et leur effusion de l’Esprit. Xavier est un chercheur et Brigitte est pianiste concertiste et ils étaient tellement libres dans l’Esprit Saint qu’ils étaient joyeux, ils ont chanté en langue, ils ont prié spontanément, ils nous ont appris la prière murmurée, tout ça c’était révolutionnaire. Bref, beaucoup de personnes enfin nous avons tous été touchés. Et le dimanche nous avons demandé l’effusion. Pour moi, l’Esprit Saint je ne le connaissais pas. Vous savez j’ai appris au catéchisme il y avait la troisième personne de la Trinité mais c’était écrit et pourtant m’est revenu que depuis trois ans 69-72, je ne sais plus pourquoi avec quelques-uns j’avais appris le Veni Creator et je le disais tous les matins avant de prier, donc tous les latins pendant trois ans. Voilà ça c’est une parenthèse. Et donc nous recevons l’effusion de l’Esprit, vous savez on était trente à la recevoir, qui est-ce qui priait pour nous ? L’abbé Caffarel, Xavier et Brigitte, tous les trois. Alors on était à genoux et puis toc, toc, toc ils passaient de l’un à l’autre ça durait deux minutes mais moi ce que j’ai demandé je vais vous le dire. Je ne sais pas ce qu’a demandé Pierre, je ne sais pas où il était dans la chapelle, je ne sais pas. Et moi j’avais reçu dès le samedi comme une parole intérieure laisse-moi le gouvernail de ta vie, de ta barque. Alors ça m’a travaillé, je commençais à comprendre et le dimanche matin je suis allée dire ça à l’abbé Caffarel et je me suis aussi confessée d’ailleurs, et puis voilà. Bref j’ai demandé l’effusion et quand on a prié pour moi j’ai dit : Jésus tu me demandes de te laisser le gouvernail de ma barque, de ma vie, je n’en suis pas capable alors je te demande l’Esprit Saint, j’ai besoin de l’Esprit Saint. Donc ils ont prié pour moi deux minutes et ils sont passés au suivant. Très bien. On continue, on finit la journée et à la fin de la journée il y avait une joie extraordinaire dans tout le groupe, une joie, on ne pouvait plus se quitter vous voyez ce que je veux dire, on se disait  » au revoir  » mais on n’arrivait pas à partir les uns et les autres. Et puis on était là dans l’entrée de la maison de Troussures avec le père Caffarel et puis on se dit  » au revoir  » et quand Pierre me dit  » au revoir  » à ce moment-là ce vieux monsieur qui m’intimidait beaucoup on est devenus frère et sœur mais vraiment, on est devenus frère et sœur, je ne peux pas vous dire plus, c’était plus rapide que ce que je vous dis. C’était comme avec l’Esprit Saint, c’était simple, c’était une évidence absolue et c’est drôle parce que ce n’était pas comme ça avec les autres. Avec les autres on était heureux de se dire  » au revoir  » mais avec Pierre on est devenus frère et sœur. C’était clair et donc il m’a dit et on s’est dit  » on se voit demain « , je ne sais plus si c’était chez lui ou chez moi, peu importe et on s’est séparés. Et le lendemain on a commencé à louer le Seigneur et on a continué pratiquement chaque jour quand c’était possible pendant trois mois parce qu’on ne savait pas à quoi le Seigneur nous appelait, on ne savait pas, absolument pas mais on était frère et sœur, on était dans une joie ! Ceux qui nous voyaient nous disaient : mais qu’est-ce que vous avez à être si heureux ? Et c’était clair que la première chose c’était de louer le Seigneur et quand on chantait tout à l’heure l’Esprit Saint je me disais mais oui au fond qu’est-ce qui honore le plus l’Esprit Saint qui est si humble au fond de nous, c’est qu’on le loue, qu’on lui rende grâce, qu’on le remercie d’être en nous parce qu’il est en nous.

Et donc il a continué de jaillir, on essayait d’être un peu petit dociles, d’être un petit peu libre mais c’était vraiment du feu et aujourd’hui c’est encore du feu pour nous et pour vous tous. Alors elle me dit : vous étiez pauvres à ce moment-là  » mais quand on reçoit l’effusion c’est vrai qu’on fait l’expérience de sa pauvreté avant mais après on devient de plus en plus pauvre. Je crois que la pauvreté que j’expérimente aujourd’hui n’a rien à voir avec celle de 1972. C’est vrai pour nous tous, je crois, le Seigneur nous conduit dans la pauvreté mais dans un tel amour, dans une telle joie de sa présence. Et donc pour dire que je reviens à Pierre, on a attendu comme ça pendant trois mois à louer le Seigneur tant qu’on pouvait et puis quand il y a des frères qui sont arrivés parmi eux il y en avait avec lesquels on expérimentait la même communion fraternelle, le même amour fraternel et ça, ça a manifesté à Pierre que c’était vraiment ça et que le Seigneur nous donnait l’Esprit Saint et qu’on vivait vers une communauté et c’est comme ça que la Communauté est née. Elle a commencé par naitre avec ce don des frères, ce don de communion que nous avons reçu, c’est vraiment le premier cadeau de l’Esprit Saint, la première manifestation avec la joie de l’effusion de l’Esprit et c’est une marque je crois, en tout cas pour nous, du renouveau de notre époque. Voilà c’est comme ça que ça a commencé et maintenant vous êtes plus nombreux. « 

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