Damien : Ce sont mes frères, mes sœurs, et je les aime !

Cet article fait partie du dossier thématique :Musulmans, osons les rencontrer au nom de Jésus →

Dès mon année de propédeutique, j’ai désiré d’un feu ardent annoncer l’Évangile aux personnes musulmanes.

L’Esprit Saint m’a inspiré d’apprendre l’arabe, j’ai commencé avec la méthode Assimil. J’abordais alors les musulmanes et musulmans croisés dans la rue. Je me présentais et leur disais que si elles avaient 2 minutes, j’aurais besoin qu’elles me disent si je prononce bien telle phrase, etc. Les personnes étaient touchées que je vienne vers elles par intérêt de leur culture et en leur demandant de l’aide (c’est l’évangile de Jésus avec la Samaritaine qui m’a inspiré), et s’il s’agissait de femmes voilées, que je sois sans hostilité pour leur voile. Au fur et à mesure, je leur demandais où elles allaient prier, si elles avaient lu l’Évangile, et je leur en offrais un si elles acceptaient – la plupart acceptaient car la rencontre était fraternelle et respectueuse de leur foi et de leur culture. Ces personnes sont devenues des sœurs pour moi et moi un frère pour elles, c’est elles-mêmes qui le disent. L’une d’elles a désiré visiter trois églises et rencontrer d’autres chrétiens.

Plus tard, j’ai cherché des étudiants musulmans ou musulmanes qui pourraient me donner des cours particuliers en arabe. Je désirais trouver des musulmans pour comprendre leur culture, leur façon de vivre, apprendre d’eux, et partager ma foi avec douceur et intérêt de la leur. Un jour après un cours, j’avais l’Évangile en français/arabe sur moi et l’Esprit Saint me souffle de faire lire à la musulmane qui m’avait donné le cours le passage sur l’Annonciation, en lui disant que cela lui rappellerait un passage du Coran. Elle le lit jusqu’à la fin, bloque sur la réponse de la Vierge Marie « Qu’il me soit fait selon ta parole », puis après un silence de quelques secondes, dit : « Je ne savais pas que Marie avait eu le choix. »

À côté du séminaire il y a un stade de foot où nous allons jouer le mardi. J’ai décidé d’y aller aussi les week-ends quand cela est possible pour rencontrer les jeunes des cités de religion musulmane. Avec le temps, je me lie d’amitié grâce au foot avec l’un d’entre eux, vraiment vertueux et édifiant. Un jour, nous allons au MacDo ensemble, nous partageons sur notre façon de vivre notre foi, puis il me dit : « Quand je prie, je ne sais jamais si ma prière est acceptée par Dieu. » Cela m’a fait réfléchir sur ma propre prière. Mais ce que je retiens surtout, c’est la grâce de fraternité. Pour moi les musulmans et musulmanes sont des frères et sœurs, je les aime vraiment. Quand ils m’édifient par leur fidélité à la prière, leur désir de servir les plus pauvres, le Seigneur me dit : « Et toi, où en es-tu dans ta relation aux pauvres, dans ton désir de long temps de prière avec moi ? » Alors je rends grâce que Dieu puisse m’enseigner dans ma propre foi à travers eux.

Récemment arrivé à Marseille en stage paroissial, j’ai créé une page Facebook intitulée « Rencontres entre personnes chrétiennes et musulmanes à Marseille » dans le but que les personnes chrétiennes et musulmanes se connaissent, que les préjugés tombent entre nous et que nous nous aimions vraiment. Car au fond nous sommes tous touchés par la paix. Plusieurs musulmanes et musulmans m’ont contacté pour me féliciter de cette initiative. Grâce à cette page, j’ai pu faire des maraudes avec des musulmanes et faire visiter l’église à une autre qui s’est arrêtée devant le tabernacle en disant « Tiens, qu’est-ce que c’est ici ? » Alors j’ai pensé au verset : « Nul ne vient à moi sans que le Père ne l’attire. »

L’autre jour également, un groupe d’hommes musulmans se rassemblant dans le quartier, nous sommes allés les voir avec mon curé, en leur demandant s’ils avaient perdu un proche. L’un d’eux en vêtement blanc islamique nous a dit : « Oui, mon père. » Nous lui avons dit que nous partagions sa peine et que nous prions pour lui. J’ai été touché de voir cet homme touché. Il a sorti des chaises pour que l’on discute avec les autres musulmans.

Sur Facebook, je suis allé sur un « groupe » de femmes de type “Salaf”. J’ai exposé mon désir de vouloir les connaître, échanger sur la foi, simplement m’intéresser à leur foi, se connaître pour bâtir la paix. L’épouse d’un imam et une amie ont accepté cette proposition. C’était deux Françaises, d’anciennes catholiques. Nous avons pris un café et nous nous sommes posé des questions, j’ai pu leur demander : « Imaginez que vous marchez dans la rue, est-ce que vous parlez à Dieu en intercédant ? Par exemple : “Merci mon Seigneur, je te confie telle personne, etc.” Et aussi : « Comment vivez-vous une croissance spirituelle avec Dieu dans la relation avec lui ? Qu’est-ce qui vous fait avancer ? » Nous avons beaucoup échangé. Elles m’ont demandé respectueusement si nous apprenions la Bible par cœur. Je leur ai expliqué que nous n’en avions pas l’obligation mais que j’encourageais les gens à le faire car l’Esprit de Dieu me faisait me souvenir de verset précis dans des situations précises de ma vie, et j’ai partagé des exemples. Aujourd’hui, ces deux femmes sont de vraies amies, nous échangeons régulièrement. J’ai également envoyé un message au mari, l’imam, lui racontant que j’avais rencontré ces deux personnes dont son épouse qui m’avait parlé de lui en bien et que j’aimerais le connaître en tant que jeune en formation pour devenir prêtre. Il a accepté. Nous nous rencontrerons bientôt, et son épouse accepte de prendre de nouveau un café avec moi et sa maman, catholique.

Après chaque rencontre l’Esprit Saint m’enseigne quelque chose : un point de conversion pour moi-même, une “semence du Verbe” dans leur foi et quelque chose qui m’édifie chez eux, un point théologique à creuser, quel sujet aborder ou ne pas aborder tout de suite pour la fois suivante. En revanche, j’essaie toujours de fuir les débats, car je me suis rendu compte que les réponses sont rarement entendues, et que c’était stérile. ¨

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