Cyprien et Daphrose Rugamba, une famille pour le Ciel

Le livre Cyprien et Daphrose Rugamba, une famille pour le Ciel raconte l’histoire de ce couple rwandais assassiné le 7 avril 1994 à Kigali. Engagés au service des pauvres, passionnés par l’évangélisation, ils ont fondé la Communauté de l’Emmanuel au Rwanda. Jean-Luc Moens, auteur de ce livre et proche d’eux de leur vivant nous explique pourquoi il l’a écrit. En bonus, une interview vidéo de Jean-Luc Moens.

Pourquoi avoir écrit ce livre ?

Les Rugamba Couverture livreLa cause des Rugamba a commencé en 2015. Normalement, la biographie des serviteurs de Dieu préexiste à l’ouverture de leur cause. Dans le cas de Cyprien et Daphrose, il n’y avait rien. Après avoir beaucoup hésité, je me suis lancé pour combler un vide. J’avais des atouts pour remplir la tâche : j’ai bien connu la famille entre 1990 et 94, j’ai échangé de nombreux fax avec Cyprien, j’ai suivi de très près le procès diocésain comme délégué du modérateur général pour le suivi de leur cause. Je me suis fixé l’objectif d’écrire quelque chose de bref, simplement pour permettre au lecteur de découvrir les aspects essentiels de la vie de cette famille qui pourrait être béatifiée comme famille, un fait très rare dans l’histoire de l’Église. N’oublions pas en effet que le procès est un procès en réputation de martyre pour Cyprien, Daphrose, les 6 enfants et la petite cousine assassinée avec eux.

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Qu’est ce qui vous a touché dans la vie de Cyprien, Daphrose et leurs enfants ?

C’est une question difficile parce qu’il y a tant de choses. Je dois avouer que le fait d’écrire sur eux m’a obligé à faire des recherches et donc des découvertes qui m’ont touchées. En voici quelques-unes.

Cyprien a toujours défendu l’idée qu’il n’y avait pas de hutus ou de tutsis, mais seulement des rwandais. Après sa conversion, il ajoutait: seulement des enfants de Dieu. Il a été un prophète qui, à travers ses chants connus dans tout le Rwanda, proclamait l’amour de Dieu, la réconciliation, la paix. J’ai été touché par le témoignage d’un prêtre qui dit qu’en tuant Cyprien, on a voulu faire taire la voix de Dieu, on a voulu d’une certaine manière tuer Dieu. Et le fait que les assassins aient mitraillé le tabernacle dans leur maison est comme une confirmation de cela.

Daphrose est le modèle de femme forte, forte dans les épreuves (y compris conjugales), forte dans le pardon, forte dans la fidélité, forte dans la prière. Un témoin a dit – et c’est tellement vrai : « Le fumier de la conversion de Rugamba, c’est Daphrose. »

Je suis aussi touché par le témoignage de toute la famille. La sainteté du couple a rayonné sur les enfants. C’était une famille qui priait ensemble, qui vivait les grâces de l’Emmanuel, la louange, l’adoration, la compassion et l’évangélisation. J’ai été ému de découvrir comment les enfants partageaient leurs vêtements avec les pauvres. Je crois que ce témoignage est une espérance pour toutes nos familles qui essayons de suivre le Christ comme nous le pouvons : Dieu nous appelle à la sainteté en famille.

En quoi ce couple peut-il être un modèle pour les couples d’aujourd’hui ?

Le cardinal de Kigali, Mgr Antoine Kambanda, aime souligner que les Rugamba sont un couple « normal ». Ils ont connu de grandes difficultés et, avec la grâce de Dieu, ils les ont magnifiquement surmontées. Ils sont un modèle de réconciliation, de tendresse, de confiance réciproque, de prière. Ils sont aussi un modèle africain porteur d’espérance. Vous le savez, l’Église béatifie pour donner des modèles imitables au peuple de Dieu et c’est important que ces modèles soient proches. Cyprien et Daphrose, comme rwandais, sont un modèle de sainteté rwandaise, comme l’a souligné le président de la conférence épiscopale du pays, Mgr Philippe Rukamba : « leur sainteté, est une sainteté rwandaise, dans la culture rwandaise, dans ce qu’ils ont de beau, de bon, dans le cœur droit des femmes rwandaises, des hommes rwandais, des Rwandais, c’est la sainteté de chez nous. »

Où en est la cause de canonisation ?

La phase diocésaine du procès s’est terminée le 23 septembre dernier. Les actes du procès sont maintenant à Rome où ils vont être examinés. Si le premier examen est concluant, il sera demandé au postulateur d’écrire la positio, c’est-à-dire un document qui reprend les éléments essentiels du procès diocésain et qui développe les raisons pour lesquelles l’Église pourrait déclarer martyrs les serviteurs de Dieu. Ce sera ensuite à la Congrégation pour les saints et au pape de prendre la décision finale. Si le martyre est reconnu par l’Église, Cyprien, Daphrose et les enfants morts avec eux pourront immédiatement être béatifiés.


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