Conversion : « C’était il a trente ans… »

Cet article fait partie du dossier thématique :Musulmans, osons les rencontrer au nom de Jésus →

Musulmane, Taos est attirée par le Christ depuis l’enfance.

D’origine kabyle, j’ai grandi dans une cité de Seine Saint-Denis. Dans notre culture musulmane, Dieu est omniprésent. Nous naissons, grandissons et vivons avec des références constantes aux interdits fixés par un Dieu omnipotent : il y a ce qu’il faut faire et ce qu’il ne faut pas faire. Jamais ce Dieu de l’islam ne m’a toutefois attirée, jamais je ne lui ai parlé en mon cœur d’enfant. J’avais 9 ans lorsque je suis entrée pour la première fois dans une église, n’ayant absolument aucune idée de ce que c’était ou de ce qui s’y passait. Scolarisée pendant une année dans un internat tenu par des religieuses, je voyais s’absenter tous les dimanches quelques-unes de mes copines françaises. J’ai alors questionné les sœurs pour savoir où elles allaient et surtout pourquoi je n’allais pas avec elles. Elles m’ont dit : « Tu ne peux pas t’y rendre car tu es musulmane », ce à quoi j’ai répondu : « Cela veut dire quoi, musulmane ? » J’ai tellement insisté qu’elles ont fini par accepter que je suive mes amies, me faisant promettre que je ne me lèverai pas de mon banc à “la communion”. C’est ainsi qu’un dimanche, je suis entrée dans la petite chapelle de l’établissement, et là, mon regard a immédiatement été attiré par le crucifix trônant au-dessus de l’autel, portant un homme qui avait l’air de beaucoup souffrir. Je me suis demandé qui c’était. J’ai voulu revenir. Mais il fallait obtenir l’accord à la fois des sœurs et de mon père. Les premières comprenant certainement ce qui se passait m’ont répondu qu’elles devaient en parler à mon père. Je le revois encore finir par hausser des épaules devant mes supplications, capituler et lâcher : « Oui si c’est ce qu’elle veut. » J’y suis allée tout le temps de cet internat, c’est-à-dire pendant environ une année. J’adorais participer à la messe des enfants, j’apprenais avidement tout ce qui concernait Jésus à travers la parole du jour et l’homélie-catéchèse. J’aimais prier au pied d’un crucifix (l’établissement religieux en comportait dans toutes les pièces). Je ne comprenais pas pourquoi mes copines semblaient s’ennuyer. Elles étaient contraintes d’y aller par leurs parents. Je me “confessais” moi aussi au cours des cérémonies organisées à notre intention. Je revois encore le regard profond du prêtre à mon égard, alors qu’il entendait mes confessions de petite musulmane. Les sœurs aussi à leur manière me soutenaient discrètement, attentives à mes questions, etc. Qu’elles soient bénies !

Puis je suis revenue au domicile familial et dans la cité ouvrière de la banlieue parisienne dans laquelle nous vivions. Au collège, je me suis mise à la recherche de chrétiennes parmi mes copines, et je n’en ai pas trouvé. L’une d’elles enfin, m’annonce qu’elle a fait sa première communion en ajoutant « mais tu ne sais pas ce que c’est, toi » ; toute contente je m’empresse de lui dire que je sais de quoi elle parle et qu’elle doit être heureuse. À mon grand étonnement, elle hausse des épaules et répond : « Non, je m’en fous mais j’ai eu des cadeaux. » À partir de ce jour-là, j’ai été convaincue qu’il ne restait plus de chrétiens… sauf moi, le pape et Mère Teresa. Pendant toutes les années qui me séparent de ma venue à Paray-le-Monial, je savais que Jésus était amour, qu’il était Dieu (je ne sais pas trop comment, je le savais, certainement par la catéchèse reçue lors de mon internat). Qu’il fallait aimer tout le monde et que pour prier, je pouvais réciter le « Notre Père » comme Jésus nous l’avait appris. Alors que j’ai 17 ans, une amie de mon lycée organise une sortie au théâtre pour voir la pièce de Robert Hossein, « Un homme nommé Jésus ». Durant la représentation, je suis émue. En entendant parler de Jésus, je reconnais ce que, petite, on m’avait raconté sur lui ; il y a une scène où le « Notre Père » est clamé, je le récite de concert. Cette amie assise à côté de moi me voit animée et semblant très concernée, elle m’interroge et je lui réponds : « La religion chrétienne m’intéresse beaucoup, plus tard je l’étudierai. » Touchée par mes paroles, elle-même convertie l’été d’avant à Paray-le-Monial, elle m’invite à une session « avec des jeunes chrétiens ». J’accepte avec joie. Juillet 1984, j’arrive à Paray-le-Monial : il y a des chrétiens partout et le nom de Jésus est sur toutes les bouches ! Je sanglote de joie cinq jours durant. Le Dieu d’amour entrevu enfant, Jésus, est devenu vivant, il m’aime vraiment et il sera avec moi tous les jours… Tous les jours ! L’année qui suit, j’obtiens mon bac et je m’installe sur Paris. Je commence à fréquenter le groupe de prière de Notre-Dame-des- Champs, mon amie du lycée me met en contact avec un prêtre qui, dès la première entrevue, organise mon baptême. Je suis si assoiffée ! Une jeune du groupe de prière me prépare au baptême pendant plusieurs mois. Je deviens enfant de Dieu, chrétienne, un Noël, entourée de plusieurs jeunes de ce groupe de prière. C’était il y a 30 ans, c’est comme si c’était hier, le plus beau jour de ma vie. J’ai eu beaucoup de chance de rencontrer cette amie qui n’a pas eu peur de m’inviter à Paray-le-Monial, d’avoir croisé ce prêtre qui m’a accueillie pour le baptême et d’avoir été accompagnée par la Communauté de l’Emmanuel grâce à laquelle j’ai appris à connaître Jésus dans la richesse inouïe de la tradition de l’Église catholique.¨

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