Comment je suis devenue sœur consacrée – Témoignage d’Agnès

Agnès est sœur consacrée depuis 2002 dans la Communauté de l’Emmanuel. Elle nous raconte ce qui l’a amené à choisir la vie de consacrée et pourquoi au sein de la communauté. 

Bonjour, je m’appelle Agnès, je suis consacrée dans la Communauté d’Emmanuel depuis 2002.

Comment as-tu reçu l’appel dans la vie consacrée ? 

Alors c’est une longue histoire. Ça remonte assez loin dans mon histoire, cet appel, et je pense qu’il y a un moment vraiment déterminant pour moi à l’année 2001, où j’ai vécu deux épisodes. Donc en 2001, j’étais toute jeune professionnelle, j’étais professeur en banlieue, j’avais 3 heures de transport par jour, j’étais dans une vie sans silence, une vie très, très compacte. Et j’ai un ami qui, à ce moment-là, me propose d’aller faire une retraite dans le désert du Sinaï, donc je me suis retrouvé pendant dix jours. Et là, j’ai fait une expérience très profonde de Dieu, de la lumière de Dieu qui a saisi ma vie. Pour expliquer un peu comment ça se passait : on se réveillait le matin dans un cadre grandiose à 6h du matin, puis on marchait pendant des heures, en silence tout en récitant la prière du cœur. C’est une prière que nous avait appris le prêtre et où on répète de Jésus au rythme de la respiration et de la marche. Cela m’a permis de vraiment habiter mon corps, et je me suis ainsi ouverte au silence ainsi qu’à ce qui habite au plus profond de mon cœur. Et grâce à ce contexte de paysages magnifiques et de fraternité, cette prière m’a vraiment fait creuser un espace intérieur que le Seigneur a ensuite étonnamment rempli.

En me laissant creuser par son amour, je découvrais que mon cœur était tout petit et que j’avais une soif immense, une soif d’infini et d’amour que je percevais et auquel je voulais m’ouvrir. Cette soif a été largement comblée puisque dans les jours qui ont suivi, j’ai vraiment senti un amour très palpable, très concret. J’étais plongée dans une paix et dans une joie plus profonde que toutes les joies humaines. Mais ce qui est étonnant, c’est qu’en rentrant à Paris, cette paix et cette joie n’ont pas du tout eu un effet de feu de paille. Ma vie a commencé à beaucoup changer.

J’ai commencé à être vraiment attirée par le silence, attirée par cet amour qui m’avait précédée et qui avait commencé à se laisser goûter à moi. J’ai donc commencé à prier très naturellement tous les jours et à être beaucoup plus libre dans ma vie. Libre d’habiter ce cœur profond que je que je rencontrais. J’ai également commencé à être accompagnée par un père spirituel. Pendant ces plusieurs mois, c’était comme si mon cœur était désensablé et qu’en montait des paroles qui venaient de très profond mais qui me dépassaient complètement. Je répétais souvent : “Seigneur, tout à toi pour toujours.” Ou aussi cette phrase étonnante qui montait dans mon cœur : “Seigneur, tu es mon roi et je n’en veux pas d’autre.”

Donc, c’était le début d’un cœur qui se laisse prendre, qui se laisse saisir. Ça s’est passé de février à juillet. Juste après, je me suis retrouvé à passer un mois auprès des franciscains du Bronx, à New York. Et là, le Seigneur m’a vraiment saisi. J’avais commencé à m’ouvrir à cette question de la vie consacrée qui m’avait déjà, à vrai dire, habitée plus tôt dans ma vie. Mais là, c’était le moment où je me suis laissée saisir. Alors, c’est difficile à exprimer, à vrai dire, mais je repère quelques points qui sont partageables. Le premier, c’est que tout à coup, tout me parlait de la vie consacrée. Ça veut dire que mon cœur était saisi par l’amour du Christ et que je voulais qu’il soit tout. Je me rendais compte que le Seigneur commençait à prendre dans mon cœur la place de l’époux et que j’étais saisie par cet amour. Une autre chose qui était très importante dans ce mois c’est que, alors on connaît mal les consacrés, j’avais la chance de vivre de manière très proche cette communauté de frères que je connaissais bien. Je voyais bien que ce n’était pas des gens qui étaient d’une autre nature que moi. Ils étaient vraiment normaux, vraiment chouette. Ce qui a aussi permis de faire tomber aussi pas mal de clichés. Je me suis donc beaucoup nourrie de leur vie consacrée. Je pense que j’ai fait à peu près le tour de tous les frères pour leur demander “Mais comment tu as su ?”. Et la dernière chose que je peux partager c’est que, malgré qu’on puisse me dire plein de choses pour m’éclairer sur ma vocation, là je rencontrais des hommes qui avaient livré leur vie au Seigneur dans la pauvreté, la chasteté et l’obéissance. En faisant le lien avec ma vie qui avait été complètement chamboulée les mois précédents, j’ai compris qu’une vie livrée dans la vie et consacrée d’une manière particulière à Dieu a forcément une conséquence sur les autres. Un cœur vraiment livré tire d’autres âmes à Jésus puisque moi je me sentais tirée à Lui grâce à ces frères.

J’ai vécu tout ça comme un appel. J’avais en moi ce désir très fort qui grandissait. Je disais dans ma prière « Seigneur, prend ma vie, je veux te donner ma vie d’une manière si radicale que d’autres puissent goûter ton amour. » Et pour l’anecdote, en arrivant au Bronx, un frère m’avait donné un chapelet avec des grosses billes en bois et une croix sur laquelle il y avait marqué une phrase qui était différente pour chaque jeune. Pour moi, c’était “Be mine” (Sois mienne). Je n’étais pas venu dans le Bronx pour creuser ma vocation mais le Seigneur a permis que le sujet soit sur la table depuis le début et j’ai l’impression que tout ce mois chez les franciscains a été l’occasion de me laisser travailler, loin de chez moi, pas dans ma langue, donc, avec une grande liberté de laisser cette phrase. C’est cette demande de Jésus d’être tout à lui prendre chair dans toute ma liberté. Pour ma plus grande joie.

Suite du témoignage dans la vidéo

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