« Laisse-moi t’aimer »

« Sauver la vie des gens, mais… avec Lui ! »

Dieu n’existe pas dans sa vie ni celle de sa famille. Jusqu’au jour où Il va se manifester avec une évidence brûlante à Agnès Duval, apportant ainsi une réponse et un nom à la soif d’absolu inextinguible qui habite son cœur depuis l’enfance.

De Chanel à Saje, elle témoigne de la manière dont le Seigneur l’a menée jusqu’à Lui.

Grandir sans Dieu

Agnes Duval 1

Je suis née à Port-au-Prince, en Haïti, d’un père haïtien et d’une mère française. À l’âge de 3 ans, après le divorce de mes parents, ma mère nous emmène vivre à Paris, ma sœur et moi. Chez nous, Dieu n’existe pas.

Pas de prière, pas de baptême, pas de culture religieuse. Rien. La question de Dieu ne se posait même pas. Je grandis ainsi, simplement agnostique, sans rejet, mais sans recherche non plus.

Une première rencontre inattendue

C’est à 13 ans que tout commence — ou plutôt que quelque chose s’éveille.

Je suis amoureuse d’un garçon qui fréquente l’aumônerie. Pour me rapprocher de lui, je m’inscris. Mais très vite, autre chose me touche profondément : je découvre des jeunes qui s’aiment vraiment, qui prennent soin les uns des autres. Je fais l’expérience d’une joie nouvelle, d’une fraternité vraie. Je suis attirée, émerveillée. Je veux faire partie de la bande ! A tel point que je demande même le baptême.

Mais lorsque le prêtre me demande pourquoi et si je crois en Dieu, je prends conscience que je n’ai pas vraiment réfléchi à la question. Je ne suis pas sûre de croire. Je voulais appartenir au groupe, mais pas encore suivre Jésus. Je fais alors marche arrière. Et je quitte tout, l’aumônerie et tous mes amis.

Un cœur en quête d’absolu

Pendant près de 20 ans, je ne recroiserai plus vraiment de chrétiens. Ces années ne sont pas vides pour autant. Depuis toujours, une soif me traverse : celle d’une vie plus grande, plus pleine. Tout va bien mais quelque chose me manque profondément. Autour de moi, on me dit que je suis rêveuse. Mais cette quête ne me quitte jamais.

« Je suis le chemin, la vérité et la vie »

Le 10 avril 2010, j’ai 33 ans, dans mon salon, tout bascule. C’était un vendredi soir. Ma sœur, récemment convertie, qui me parlait de Dieu depuis des mois, me demande si je veux être baptisée. Je résistais doucement, sans hostilité mais sans exprimer le besoin de Dieu. Au cours de la conversation, j’ai entendu dans mon cœur cette parole de Jésus qui dit : « Je suis le chemin, la vérité et la vie. » C’est comme si ce verset m’avait frappé le cœur. En un instant, cette parole a pris vie en moi. J’ai reçu le don de la foi en une seconde et j’ai su que tout ce que je cherchais depuis toujours… c’était Lui.

Dieu répondait exactement à ma soif la plus intime.

Ce soir-là, sans rien connaitre au catéchisme, j’ai dit oui : oui, je suis aimée de Dieu, oui, je veux recevoir le baptême car j’ai rencontré le Seigneur.

Un baptême… en 24 heures

Le lendemain matin, portée par un désir irrépressible, je rencontre un pasteur avec qui ma sœur avait rendez-vous. Je lui dis : j’ai rencontré Dieu hier, je n’ai jamais lu la Bible, mais je sens dans mon cœur qu’il faut que je reçoive le baptême rapidement.

Il ouvre la Bible, me montre que les premiers chrétiens étaient baptisés dès leur rencontre avec le Christ… et accepte de me baptiser sur le champ, le temps de faire couler l’eau dans le baptistère. A 14h30, en présence de ma mère et de ma sœur, je suis baptisée : un baptême éclair, comme une évidence !

Apprendre à recevoir

Pendant 9 ans, je chemine avec les évangéliques. Je m’engage à fond, parfois jusqu’à l’activisme spirituel. Puis, peu à peu, Dieu va m’appeler ailleurs. D’abord à travers des rencontres avec des catholiques qui répondent à mes questions, puis au cours d’une soirée de prière avec la Communauté de l’Emmanuel : je reçois une parole pendant l’adoration qui répond exactement ce que j’ai dit au Seigneur dans le secret de mon cœur.

Mais c’est à Paray-le-Monial, pendant la session 25-35 ans+, en 2018, que tout s’éclaire. Dès mon arrivée, je ressens une paix et un amour immenses. C’est dans la cité du Sacré-Cœur que je fais une découverte majeure. Dieu me dit : « Laisse-moi t’aimer. » Je comprends que je n’ai rien à faire, que je n’ai pas à mériter l’Amour de Dieu mais juste à Le recevoir. C’est une révolution intérieure pour moi qui passais ma vie à aller vers Dieu. Là, je découvre qu’Il vient à moi. Je fais également l’expérience de la prière silencieuse, de l’oraison, d’un cœur à cœur simple avec Dieu.

« Reviens à la maison »

Et pendant la messe, une autre parole vient : « Reviens à la maison. »

Pour moi, cette invitation est claire : Dieu m’appelle dans l’Église catholique.

Après un chemin de discernement, nourri aussi de rencontres, je franchis le pas.

Le 19 mars 2019, jour de la Saint Joseph, je fais mon entrée dans l’Église catholique, je communie pour la première fois et je fais ma profession de foi.

Une mission au cœur du travail

En parallèle, Dieu me travaille aussi dans ma vie professionnelle.

Je suis passionnée de cinéma depuis l’enfance, mais après ma conversion en 2010, tout s’effondre : je perds mon travail de directrice de production, qui était toute ma vie, pour entamer une période de désert professionnel qui a duré presque 2 ans.

Dans les larmes mais dans une grande espérance, je comprends que Dieu cherche à me dépouiller pour me reconstruire, qu’Il a un meilleur plan pour moi.

Au pied du mur pour payer mon loyer, je finis par accepter, à contre cœur, un poste dans les relations publiques chez Chanel alors que je n’aime pas la mode.

Bien qu’on me prédise l’enfer dans ce poste, version « Le diable s’habille en Prada », j’y reste 6 ans pendant desquels je vois vraiment la main de Dieu agir. Chaque matin, je demande au Seigneur d’être une ambassadrice de paix et de joie et poussée par l’Esprit-Saint, je témoigne de ma foi quasi quotidiennement. Nourrie par la Parole de Dieu, je reste en paix même quand ma cheffe s’emporte et m’insulte. Jusqu’au jour où, lors d’une énième colère, elle s’arrête net et me demande pardon. A partir de ce jour-là, elle change complètement d’attitude avec moi mais aussi tous les autres collaborateurs. Ce jour-là, j’ai compris que Dieu m’avait voulue là et qu’il m’avait utilisée puissamment pour faire son œuvre.

« Sauver la vie des gens, mais… avec Lui ! »

Pourtant le désir de cinéma demeure. Un bilan de compétences m’aide à formuler une aspiration profonde : travailler dans le cinéma chrétien, pour « sauver la vie des gens » comme je me l’exprimais petite. Sur internet, je découvre Saje chez qui je commence en tant que bénévole, jusqu’à ce qu’un poste de programmateur se libère.

Je rejoins alors Saje comme salariée le 14 décembre 2018, le jour de mon anniversaire, après avoir refusé un poste en CDI chez Chanel. Je vois alors mon rêve de petite fille se réaliser, sauver la vie des gens, mais avec Lui. Et c’est encore mieux que dans mes rêves ! « A Celui qui peut réaliser, par la puissance qu’il met à l’œuvre en nous, infiniment plus que nous ne pouvons demander ou même concevoir, gloire à lui dans l’Eglise et dans le Christ Jésus pour toutes les générations dans les siècles des siècles. » Ephésiens 3, 20.

Aujourd’hui, je suis habitée par une joie profonde : voir que des films peuvent toucher les cœurs, réconcilier, ouvrir à Dieu… ça n’a pas de prix. Je n’aurais jamais pu l’imaginer. C’est une grâce inouïe.

Oui, vraiment, Seigneur, je veux me laisser aimer !

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