Dans un livre témoignage publié aujourd’hui, Un canapé rouge. De l’emprise à la liberté.[1], Claudine Blanchard, célibataire consacrée dans la Communauté de l’Emmanuel, fait état de faits très graves mettant en cause un prêtre, membre de la Communauté de l’Emmanuel au moment des faits.
Ce témoignage, exprimé avec sincérité et courage, met en lumière l’emprise à caractère spirituel et sexuel, qui aurait été exercée pendant plusieurs années par ce prêtre auprès de membres de la Communauté de l’Emmanuel. Il fait état d’actes d’une extrême gravité que nous condamnons fermement.
Nous réaffirmons notre proximité et notre écoute à l’égard de toute personne victime, d’autant plus que ce témoignage est de nature à raviver des blessures douloureuses. Nous réitérons notre engagement à leurs côtés.
Le prêtre mis en cause a déjà fait l’objet d’un signalement aux autorités judiciaires. Cela a donné lieu à une procédure qui est aujourd’hui en cours et dans laquelle il a été mis en examen. Nous rappelons que le mis en cause a droit à la présomption d’innocence.
Nous reconnaissons ne pas avoir su entendre certains signaux d’alerte, et avoir failli dans l’accompagnement de Claudine. Son témoignage, comme celui d’autres personnes, s’inscrivent dans une démarche de recherche de la vérité et de responsabilité qui nous obligent : nous devons poursuivre la relecture de notre histoire avec la même détermination.
Claudine a choisi de partager son manuscrit avec certains membres du gouvernement de la Communauté avant sa parution. Nous la remercions pour sa confiance. Sa démarche nous a permis d’engager très concrètement plusieurs chantiers. Parmi ceux-ci, la mise en œuvre prochaine d’une commission indépendante qui étudiera les faits et fonctionnements mentionnés dans ce récit et leur impact.
Cette initiative s’inscrit dans une dynamique plus large de prévention et de protection déjà initiée, notamment avec l’aide de conseils extérieurs, incluant :
- La mise en place d’une coordination de nos actions pour la prévention et la protection des mineurs et des personnes vulnérables.
- L’adhésion à la Commission de Reconnaissance et de Réparation (CRR) finalisée en avril 2026 ;
- La poursuite d’un travail approfondi de relecture et de renouvellement de la formation et de l’accompagnement des femmes célibataires consacrées et des séminaristes de la Communauté de l’Emmanuel.
- L’accès à un dispositif d’accueil pour les personnes souhaitant être accompagnées en lien avec cette situation (toutes les informations sont disponibles ci-dessous).
Nous tenons à redire avec force que la Communauté de l’Emmanuel accueille la parole de chacun avec respect et bienveillance. Nous exprimons notre gratitude envers ceux qui ont osé parler et partageons notre soutien avec ceux qui n’en ont pas encore la force. Que chacun se sache libre, accueilli et respecté.
Notre désir est de poursuivre, unis, le chemin engagé : prévenir toute forme de violence, protéger les plus fragiles, bâtir une communauté qui prend soin et qui protège, qui soit plus transparente et plus fidèle à l’Évangile.
Nous invitons toute personne qui souhaiterait signaler un comportement abusif de la part d’un représentant de la Communauté de l’Emmanuel – clerc ou laïc, à le faire. Pour cela, nous rappelons l’existence de dispositifs d’écoute accessibles à tous, ainsi que du droit pour chacun de saisir directement les autorités administratives et judiciaires.
Les liens utiles figurent ci-dessous.
Désiré Avice
Modérateur Général ad interim
Isabelle Camborde
Responsable internationale
de la vie consacrée féminine
Abbé Dominique Janthial
Responsable de l’Association des ministres ordonnés et des séminaristes
[1] Un Canapé rouge. De l’emprise à la liberté. Claudine Blanchard. Éditions Salvator – Préface de Monseigneur Eric de Moulins-Beaufort, postface de l’abbé Dominique Janthial, responsable de l’Association des ministres ordonnés et des Séminaristes de la Communauté de l’Emmanuel, ouverture de dom Geoffroy Kemlin.
Dispositif d’accueil téléphonique
A l’occasion de la sortie du livre Un Canapé Rouge, un numéro de téléphone est mis en place pour créer un espace temporaire d’accueil et d’écoute.
Le numéro de téléphone est le 09 72 73 00 74.
Il est accessible du mardi au vendredi de 17h à 20h.
Que faire en cas de violences sexuelles, d’abus spirituel, de conscience ou de pouvoir ? |
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Si vous avez été victime de violences sexuelles, d’abus spirituel, de pouvoir ou de conscience, notamment dans le cadre d’activités organisées par la Communauté de l’Emmanuel ou de la part d’un de ses membres (prêtre, diacre ou laïc), nous vous encourageons à prendre contact avec des personnes qui pourront vous écouter et vous aider. Toute personne victime a le droit de porter à la connaissance de la justice les violences qu’elle subit. Vous pouvez pour cela vous rendre auprès des services de police ou de gendarmerie pour déposer plainte. Par ailleurs, vous pouvez aussi recevoir l’aide de professionnels qui pourront vous écouter et vous aider. Il existe des organismes adaptés et indépendants de l’Eglise Catholique. Il existe aussi des cellules d’écoute au sein des diocèses et, dans certains pays, des organismes qui agissent au nom de l’Eglise mais qui bénéficient d’une totale indépendance. Vous trouverez ci-dessous quelques adresses utiles en France. Organismes indépendants de l’Eglise Catholique en France
Organisme au sein de l’Eglise Catholique en France
Commission de Prévention et de Lutte contre les Abus de la Communauté de l’Emmanuel
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