“La mission nous dilate le coeur”

Arthur et Clotilde sont en mission pour Fidesco en Côte d’Ivoire. Originaires de Tours, ils sont partis pendant l’été 2019, accompagnés de leurs quatre enfants âgés de 8 ans à 18 mois. 

 

« Clotilde a toujours eu le désir de partir en mission mais de mon côté, étant ostéopathe et installé dans mon propre cabinet à Tours, je me disais que ce n’était pas le bon moment« , raconte Arthur.

Jeunes professionnels, ils avaient l’habitude d’aller au groupe de prière Ressuscito à Versailles. Puis leur arrivée à Tours, sur le territoire géographique de la paroisse Saint François de Paule est l’occasion de découvrir la Communauté. “Nous avions le sentiment d’être en famille dans notre paroisse”, se souvient Clotilde.

“Quatre ans après notre mariage, poursuit-elle, nous avons fait l’ECM couples qui a été une année fondatrice pour nous. Lors du voyage à Rome qui clôture l’année, un participant a demandé à un archevêque comment faire pour rester chrétien dans notre monde si déchristianisé. L’archevêque a répondu: “vous ne pouvez pas rester seuls, vous devez intégrer des communautés pour avoir des liens fraternels plus forts”. Cette affirmation a achevé de nous convaincre et nous sommes entrés en EAD à la fin de notre année d’ECM.

Nous avons fait notre démarche d’engagement le 10 mars 2018 à l’Ile-Bouchard. Ce soir-là, nous avons reçu beaucoup d’appels à partir en mission: une image avec un arc et une flèche envoyée dans le monde, un texte avec Saint Paul qui part en mission loin.” 

Arthur poursuit: “Clotilde me pinçait le bras dès que nous recevions un texte d’envoi en mission. Mais de mon côté, je n’étais pas prêt. Et puis dans les mois qui ont suivi notre engagement, les choses sont devenues plus compliquées dans mon cabinet d’ostéopathe: j’ai pris conscience que je devenais très possessif avec mon travail, mes patients. Lors du pèlerinage des pères de famille à Vézelay et alors que nous nous étions disputés avec Clotilde la veille de mon départ, je suis allé voir un prêtre en lui exposant notre projet de départ en mission et ma difficulté à lâcher mon travail. Il m’a dit “bouge toi” et ça m’a aidé à lâcher prise. “

“A son retour, raconte Clotilde, quand j’ai compris qu’Arthur était prêt à partir, j’en ai pleuré de joie! Et puis c’était aussi le bon moment pour nos enfants qui avaient moins de 10 ans.” 

Devant cet appel à tout lâcher, le couple cherche où se donner et se tourne rapidement vers Fidesco.

A l’issue de l’année de préparation que suivent les volontaires, la famille s’est donc envolée pour la Côte d’Ivoire. Clotilde, qui était professeur d’histoire-géographie en lycée professionnel à Tours, est désormais directrice pédagogique d’une école maternelle et primaire, dans laquelle Arthur travaille également, comme gestionnaire. 

“En partant avec Fidesco, j’étais sûr de ne pas trouver de poste d’ostéopathe. Et en même temps, gérer mon cabinet m’a permis de développer des compétences administratives. Ce que cherchait l’école, c’est avant tout quelqu’un d’honnête, qui n’irait pas “piquer dans la caisse” explique Arthur. 

“Nos 3 grands enfants sont scolarisés dans l’école, donc nous nous voyons beaucoup pendant la journée. Et avec Arthur, nous nous découvrons dans le cadre professionnel. raconte Clotilde.

“ Ici, nous sommes directeurs et blancs, ça pourrait vite nous donner la grosse tête mais en fait nous apprenons l’humilité : nous nous sommes rendus compte que nous faisions beaucoup d’erreurs, nous nous trouvons bien petits par rapport à la mission. Au début, on a un peu l’idée que l’on va sauver le monde et le sentiment de faire quelque chose de formidable. Et puis la première année, nous avons été portés par la découverte d’un pays, d’une culture. Et après quelques mois, nous avons pris conscience qu’à vue humaine, nous ne faisions pas grand chose. En fait, ce que nous apportons à l’école en terme de travail est minime, analyse Arthur. Mais le bon Dieu s’en fiche du tableau Excel. Nous ne sommes pas venus pour faire, nous sommes venus pour être.” 

“Le fruit de notre mission c’est vraiment la joie! On travaille avec des enfants qui ont un grand sourire, qui nous courent dans les bras. Nous apprenons également la patience: nous apprenons à être dans le temps du Seigneur et pas dans notre temps humain. Nous sentons que nous sommes transformés: nous n’avons pas envie de reprendre notre vie comme avant. A notre retour, nous voulons garder une certaine disponibilité. La mission nous dilate le cœur, nous prenons conscience de la finitude de la personne et de nos moyens humains. Nous avons tous les deux la conviction d’être là où le bon Dieu nous veut.”

Le verset de la Bible qui les porte en ce moment? Pour Clotilde c’est : “ ce que vous avez fait aux plus petits d’entre les miens, c’est à moi que vous l’avez fait” (Mt 25,40). Pour Arthur c’est “laissez venir à moi les petits enfants” (Mt 19,14).

Nos deux volontaires disent aussi combien ils se sentent soutenus par leur “base arrière” : les frères de communauté, les familles, les amis. 

“Quand on part avec Fidesco, on ne choisit pas la destination. Il se trouve que j’ai vécu en Côte d’Ivoire petit et cela a marqué ma famille car c’est là que mon frère est tombé gravement malade, il est décédé quelques années après. Je me sens beaucoup plus apaisé par rapport à mon histoire, le Seigneur fait des merveilles dans nos vies !” conclut Arthur dans un grand sourire.

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