Des volontaires Fidesco africains, en mission… en France

Fidesco fête cette année ses 40 ans… et ouvre la mission à des jeunes issus de pays du Sud, en les envoyant en… France !
Emeric Clair, directeur de Fidesco nous présente ce projet.

Le projet a commencé avec deux jeunes frères Rwandais, arrivés à Paris fin septembre avec un statut de volontaires en service civique. Laura travaille chez Simon de Cyrène qui développe des lieux de vie entre adultes handicapés et valides. Aimé est au service des personnes de la rue avec Aux Captifs la libération, et vit dans une colocation solidaire avec des personnes de la rue, ouverte par l’APA (Association pour l’Amitié).

Dans l’histoire de Fidesco, des envois de volontaires de pays du sud avaient déjà eu lieu, mais à destination d’autres pays du sud. La mère de Laura a été elle-même volontaire rwandaise, mais pour le Cameroun.

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Emeric, tu es directeur de Fidesco. Pourquoi lancer cette mission Sud-Nord ? Ce type d’échanges existe-t-il ailleurs, porté par d’autres ONG ? 

Aujourd’hui, nous assistons à une prise de conscience collective sur l’évolution du monde : les notions de développement et de solidarité internationale ne sont plus perçues comme elles l’étaient il y a 30 ou 40 ans. Le contexte mondial a beaucoup changé : on ne peut plus affirmer aujourd’hui que l’argent et les compétences sont dans les pays du nord, et les besoins dans les pays du sud. De larges classes moyennes apparaissent dans de nombreux pays du sud ; de nombreuses compétences se développent partout dans le monde. Aujourd’hui, la solidarité internationale ne peut plus être considérée comme une assistance unilatérale, un flux qui irait à sens unique. Toute société, toute culture a quelque chose à offrir aux autres : la coopération est appelée à devenir un échange réciproque, avec des flux non seulement du nord au sud, mais aussi du sud au sud, et du sud au nord.

Cette prise de conscience collective a mené au lancement de ce qu’on appelle le « volontariat de réciprocité » : des volontaires issus de pays du sud qui viennent se mettre au service de projets dans les pays du nord. Ce mouvement est très largement partagé par beaucoup d’organismes de solidarité internationale, catholiques ou non, tels que la Délégation Catholique pour la Coopération, le Service de Coopération au Développement (SCD), le DEFAP, l’IFAID…

Comment s’est monté ce projet ? Comment la Communauté s’est-elle impliquée ?

Fidesco, c’est d’abord une expérience missionnaire et de service. Mais  à travers ce service, c’est une expérience fraternelle qui se vit, au-delà des frontières, des cultures… En fait cette expérience missionnaire construit une fraternité humaine universelle, et par là-même construit la paix dans le monde.
Ce projet de mission sud-nord est né d’un questionnement de nos frères : « Nous avons reçu un même appel, celui de cheminer ensemble vers la sainteté, en vivant particulièrement l’adoration, la compassion et l’évangélisation. Fidesco est né de ce cœur missionnaire donné à la communauté ; comment pouvons-nous participer à cette aventure missionnaire qui est au cœur de notre appel ?« 

Cela a été l’origine de nos réflexions sur ce projet. Nous en avons parlé au bureau Afrique et aux responsables de la communauté en Afrique, et, avec eux, nous avons décidé de monter un groupe de travail sur ce sujet. Depuis – cela fait maintenant bientôt 2 ans – nous avons construit ensemble, en communauté, avec des frères français, ivoiriens, camerounais, rwandais, vivant en Afrique ou vivant en France, cet outil missionnaire pour nos frères et sœurs de communauté des pays du sud.
En fait, la question n’est pas comment la communauté s’est impliquée, puisque c’est un projet monté par la communauté en elle-même, dans sa dimension très internationale avec des frères originaires de multiples pays, à travers son œuvre qu’est Fidesco.

En quoi Fidesco est-il plus « légitime » que d’autres ONG pour proposer cette expérience ?

Partir avec Fidesco, c’est d’abord partir en mission : rendre service évidemment, vivre avec et devenir frères, mais aussi témoigner de sa foi, de la très bonne et très belle Nouvelle de l’Evangile. En portant profondément cette dimension missionnaire, Fidesco a une démarche très spécifique par rapport aux autres ONG.  Dans la mission sud nord, cette dimension missionnaire change tout. Nos frères de communauté qui viennent des pays du sud apportent à leur pays de mission – la France – un témoignage de foi qui s’est incarnée et qui a grandi dans une autre culture que la nôtre . Nous avons besoin de nos frères issus de ces cultures très différentes, pour évangéliser notre culture . Bien que nous ayons presque 2000 ans de christianisme derrière nous, notre société a grandement besoin d’être évangélisée ! Ce sont nos frères qui viennent nous apporter un regard neuf sur nous-mêmes, et qui viennent nous interpeller. Alors bien sûr, la mission est toujours une œuvre commune. Ce ne sont pas des personnes extérieures qui agissent sans nous. Mais nos frères viennent avec nous pour que nous soyons en mission ensemble dans notre propre pays.

Sur un plan très concret également, Fidesco a un atout qu’aucune autre ONG ne possède : c’est d’être une œuvre de la Communauté de l’Emmanuel. Cela signifie que nous avons des milliers de frères et sœurs dans le monde qui sont de notre famille, que nous connaissons bien, directement ou par l’intermédiaire de leurs frères et de leurs responsables. Vous imaginez bien les difficultés et les risques de ces projets de « volontariat de réciprocité » menés par les ONG : recrutement, formation, suivi, retour au pays après leur mission, acceptation par leur famille de ce retour au pays après une expérience en France, …

C’est un point sur lequel nos frères africains sont très attentifs, et nous avons posé des cadres très stricts et très définis pour éviter des débordements. Mais quelle richesse d’avoir une famille –sur laquelle nous pouvons nous appuyer – présente sur tous les continents !

Fidesco a une vraie expertise dans l’accompagnement des volontaires dans leur discernement et la préparation à la mission. Comment cela se passe pour ces volontaires « du Sud » ? Et à leur retour ?

C’est tout le travail que nous avons mené depuis 2 ans ! Après 40 ans d’envoi de volontaires vers les pays du sud, je crois pouvoir confirmer que Fidesco a une vraie expertise dans l’appel à la mission, dans le discernement, dans la formation, le suivi pendant la mission, l’accompagnement au retour… Mais il a fallu traduire cela dans un contexte et avec des spécificités totalement différentes. Et ca représente un gros travail ! et un vrai challenge ! D’autant que notre responsabilité est de taille : vis-à-vis des jeunes communautaires que nous envoyons, des partenaires qui les reçoivent, des communautés dont ils viennent, …

La question du retour au pays est LE gros enjeu sur lequel nous avons travaillé dès le début et sur lequel nous travaillons encore. C’est un sujet qui est abordé dès le début du discernement des jeunes appelés à partir en mission, avec la définition d’un « projet d’avenir » pour leur retour de mission. Nous avons aussi développé un partenariat avec l’Université Catholique de l’Ouest, à Angers, pour que les jeunes puissent recevoir une formation universitaire pendant leur séjour en France, formation reconnue à leur retour au pays. En fait, on travaille à la préparation au retour avant même l’envoi et le départ en mission.

Voir des frères d’Afrique venir servir chez nous peut nous déranger  : en quoi la présence de volontaires d’Afrique peut nous faire grandir ?

La fraternité ! L’occasion d’être en mission ensemble nous rend encore plus frères et incarne de façon très concrète la dimension internationale de la communauté ! Mais ils ont aussi à nous apporter ce qu’ils sont, personnellement, avec leur culture, leurs richesses et leurs pauvretés, leur amitié, et simplement le temps partagé avec nous.

Ces missions sur lesquels ils vont être envoyés vont profondément les transformer, comme la mission transforme les Français envoyés dans les pays du sud. Mais elle va tous nous transformer. Parce que c’est la rencontre et la vie fraternelle que nous allons vivre avec eux qui va nous changer, qui va changer le monde et contribuer à y apporter la paix !

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