Notre-Dame de l’Espérance : un projet éducatif et scolaire au Burundi

Au Burundi où la Communauté compte environ 200 membres, l’Emmanuel a entrepris la création d’un groupe scolaire, Notre- Dame de l’Espérance. Un projet ambitieux que nous présente Jacques Fichefeux.

Peux-tu nous expliquer ce qu’est ce projet de « Notre-Dame de l’Espérance » ?

La situation de l’enseignement scolaire au Burundi, y compris l’enseignement catholique, est assez dramatique : la capacité d’accueil très faible pénalise énormément certaines classes sociales, le niveau est assez faible dans de nombreuses écoles et dans certains établissements on voit des situations morales… préoccupantes.

A la demande de plusieurs évêques du Burundi, la Communauté a donc entrepris la construction d’un groupe scolaire « Notre Dame de l’Espérance » pour créer une école de référence tant sur le plan scolaire que moral.

Le groupe scolaire comprendra plusieurs écoles fondamentales (une école fondamentale regroupe trois structures scolaires du système français : la maternelle, le primaire et le collège) réparties dans chacun des diocèses partenaires, et, dans le diocèse de Gitega (capitale, située au centre du pays), un lycée ainsi qu’une école professionnelle, avec deux internats (garçons et filles) pouvant accueillir 650 élèves, des logements pour les enseignants, un centre d’accueil et de formation des enseignants et une chapelle.

burundi esperance chapelle

 C’est un très gros projet ! Quelles sont les spécificités sur le plan pédagogique ?

Le projet pédagogique s’inspire à la fois de la vision de Maria Montessori et de la Charte des Ecoles de l’Emmanuel et veut assurer un suivi personnalisé des élèves tout au long de la scolaritéL’idée est de proposer une formation exigeante et intégrale, à la fois humaine, physique, intellectuelle et spirituelle qui tienne compte de toutes les intelligences (intellectuelles, manuelles, artistiques): le cœur, les mains, l’esprit…

Et tous les enfants qui manifestent une capacité de mener des études, qu’ils soient issus de familles riches ou pauvres, pourront bénéficier du projet. Nous voulons mettre en place un suivi et un accompagnement éducatif des familles, avec une attention particulière aux familles démunies.

Nous avons pour objectif de former des hommes et des femmes chrétiens et responsables de l’avenir de leur pays. De permettre aux jeunes de devenir des adultes construits et structurés, bien formés humainement, spirituellement et intellectuellement.

As-tu un exemple concret ?

Le Burundi a besoin de personnel qualifié et expert dans la transformation des produits de l’agriculture. L’école professionnelle proposera dans un premier temps une filière « techniciens agricoles », avec une formation agro-alimentaire centrée sur la permaculture et la transformation des produits agricoles en partenariat avec l’école supérieure d’agriculture dont justement le terrain est mitoyen. Puis viendra une section « techniciens en énergies renouvelables ».

Pour accompagner cette formation et en même temps répondre aux besoins de nourriture de l’internat, le projet inclut une exploitation agricole en permaculture et un élevage, ainsi qu’un potager et un verger. Et dans l’avenir l’installation d’une unité de transformation des produits agricoles ( jus de fruits, confitures…). Ce projet de ferme est indissociable de la création des écoles elles-mêmes.

L’ensemble scolaire visera à tendre vers une autonomie énergétique: plaques solaires, éoliennes. Un vrai projet d’écologie intégrale et autonome dans l’esprit de l’encyclique « Laudato si » du Pape François !

4 Burundais sont cette année en France pour se former dans le cadre de ce projet. Peux-tu nous les présenter ?

Désiré, Irène, Léonidas et Edwige ont entre 30 et 35 ans, ils sont tous les 4 enseignants et engagés dans la Communauté au Burundi. Léonidas est professeur au lycée et Edwige est également psychologue. Irène a fait l’ESM à Bafoussam et est fiancée à Désiré, Léonidas est marié et Edwige chemine dans la vie consacrée. Désiré, Irène et Leonidas logent à Lyon dans des locaux mis à disposition par l’ensemble paroissial la miséricorde du Père – Notre-Dame des Apôtres, à Lyon, dont le curé est notre frère Yves Guerpillon. Edwige vit en Fraternité avec Blandine Piot.

Nos quatre frères et sœurs sont les futurs enseignants de la première unité du groupe scolaire : l’école fondamentale de Gitega au centre du Burundi. Léonidas devrait, en outre, être le premier directeur de l’école. Ils sont venus cette année en France suivre une formation universitaire à la vision éducative de Maria Montessori avant d’ouvrir, en septembre 2021 une classe Montessori dans le cadre de l’Ecole.

Par la suite ils auront pour mission de participer à un centre de formation intégré dans le projet du groupe scolaire et de participer au Burundi à la formation de nouveaux enseignants en s’appuyant sur ce qu’ils auront appris lors de leur année en France afin de transmettre cette approche pédagogique  Montessori.

" Nous vivons notre formation en quatre temps différents, mais complémentaires. Le premier temps, ce sont des sessions. C'est le moment où nous recevons une formation théorique accompagnée par des présentations des matériels ou des activités. Deux jours par semaine, nous faisons une observation en classe. Ce temps d’observation est le moment le plus important parce qu'on voit les enfants en train de travailler. Une réalité qui nous permet de comprendre ce que nous avons appris en théorie. En troisième temps, un intervenant nous aide à comprendre les écrits de Maria Montessori. Le quatrième temps et dernier, c'est le travail personnel. Cela se fait en deux parties: la manipulation des matériels le mercredi, des lectures des livres de Maria Montessori et des évaluations. Je suis contente de découvrir la pédagogie Montessori. La richesse de cette pédagogie, c'est sa spécificité de rendre l'enfant autonome. Au moment de l'observation, j'étais étonnée de voir comment les enfants entrent en classe, prennent les matériels et commencent à travailler, sans l'obligation de personne ou conseil de quelqu'un. C'est extraordinaire ! »

Edwige
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Et comment se déroule leur séjour en France ?

Il vaut mieux laisser la parole à nos frères !

« La préparation de notre arrivée, la présence d’un groupe des frères de différents états de vie et la messe avec eux… Tout cela me montrait que j’arrivais dans une famille qui m’attendait. » « Être intégrée directement dans une maisonnée et recevoir des visites des membres de ma maisonnée avant même le jour de la maisonnée a été une grande joie. » Irène

La Communauté avait prévu des « anges gardiens » chargés de veiller sur chacun « Vraiment, ils ont accompli leur mission d’Anges Gardiens » ! Léonidas

Nos 4 frères ont passé Noël à Paray où ils ont été touchés par l’accueil des familles. « La présentation de l’histoire des apparitions comme si ça se passait aujourd’hui, l’accueil joyeux et fraternels des chapelains, la joie de fêter Noël avec eux… exprimait l’amour du cœur de Jésus » Irène

Léonidas lui, a été marqué par sa visite au cimetière et la tombe de Pierre Goursat. « Je croyais une tombe faite de manière extraordinaire, mais je l’ai trouvée très simple. Ce qui m’a beaucoup aidé à comprendre sa simplicité durant sa vie d’après la conversion. J’ai été édifié par les partages des sœurs de la Communauté qui ont vécu avec Pierre au cours de ses derniers jours sur terre. »

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