La transformation de la société passe par la famille

La fraternité à l’école de Cyprien et Daphrose

 Zenit a publié cet article suite à l’intervention de Thérèse Nyabukeye, auditrice rwandaise au synode, le 13 octobre, lors du point presse quotidien du synode.

La transformation de la société passe par la famille et l’apprentissage de la fraternité, explique Thérèse Nyrabukeye, qui témoignage de la réconciliation promue par un couple martyr du génocide rwandais, Cyprien et Daphrose. Thérèse Nyrabukeye, laïque consacrée, formatrice à la Fédération africaine d’action familiale et auditrice au synode a donné son témoignage lors du point presse quotidien en la salle de presse du Saint-Siège ce mardi 13 octobre.

Elle évoque le génocide des Tutsis qui a ravagé le Rwanda du 7 avril 1994 à juillet 1994, sans le nommer : « Le monde sait que nous avons vécu une épreuve très profonde il y a à peu près vingt ans. » Elle dit combien la famille est fondamentale pour surmonter une telle épreuve : « Nous comptons sur les familles. Il y a beaucoup d’initiatives à l’intérieur de l’Eglise catholique : les couples et les familles font l’expérience de la réconciliation, donnent un témoignage d’unité et d’amour qui permet de reconstruire la société. Une nouvelle mentalité fraternelle qui doit se créer. » Elle souligne l’engagement des mouvements Action catholique, des « mouvements dévotionnels », et des « communautés nouvelles » du pays : « On assiste à une transformation de la société où l’on voir plus d’engagement et plus de conscience de la fraternité. Cela a été une épreuve très dure, très difficile, mais elle a conduit à une prise de conscience de ce qu’est la fraternité. »

Puis elle cite l’exemple du couple qui est à l’origine de la Communauté de l’Emmanuel au Rwanda Cyprien Rugamba, Hutu, et sa femme, Daphrose Mukasanga,  Tutsi, et tués tous les deux avec six de leurs dix enfants le premier jour du génocide, le 7 avril 1994. Leur cause de béatification a été ouverte par l’évêque de Kigali le 17 septembre dernier (cf. le reportage de KTO). Thérèse Nyrabukeye témoigne que « ce couple a été un témoin d’unité » : « J’ai cheminé avec eux. Cyprien nous disait que dans la Communauté une seule ethnie, c’était l’ethnie de Jésus. Il voulait que la Communauté soit témoin de l’amour du Christ et ne soit pas marquée par un clivage. »

Anita Bourdin, Rome, 13 octobre 2015 (ZENIT.org). Avec une traduction de Constance Roques

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