Parcours Judaïsme à Paray : « La spiritualité des juifs nous dit quelque chose de Jésus »

En 2016, une Session « Rencontre avec le Judaïsme » a permis à de nombreux sessionnistes de décou­vrir « nos pères dans la foi ». La Communauté de l’Emmanuel poursuit le dialo­gue et propose un Parcours Judaïsme au cours de la session pour tous du 18 au 22 juillet. Une session plus spécialement destinée aux 25-35 ans. Rencontre avec Guillaume Dutey-Harispe, responsable de ce parcours.

Pourquoi un tel parcours ?

Impossible de comprendre le christianisme sans connaître le judaïsme ! On en a besoin pour comprendre l’articulation entre notre Foi et celle des juifs, et la façon dont Dieu est fidèle au travers de ses alliances. Le christianisme est une foi transformée, révélée, amenée aux nations…

Un juif c’est quelqu’un qui cherche Dieu et qui cherche sans arrêt. Si comme chrétiens nous pouvons dire « j’ai rencontré Jésus » et nous espérons tous faire cette rencontre et en vivre, ce n’est pas l’expérience spirituelle que vit un juif. Il creuse la Parole de Dieu, l’interprète… La méthode spirituelle juive est très riche et précieuse pour nous. Cela nous dit quelque chose de la manière de penser, d’étudier et de chercher de Jésus.

Lors de la rencontre Juifs et Chrétiens de 2016 à Paray-le-Monial, nous avions proposé aux sessionnistes de participer à la célébration de shabbat. 600 personnes étaient présentes et ce shabbat ainsi que les échanges intenses ont marqué tous les participants.

Les jeunes catholiques sont peu sensibilisés au dialogue avec le judaïsme… probablement – et heureusement – parce que pour eux les relations avec le monde juif ne sont pas « un problème ».

Comment avez-vous rencontré le judaïsme ?

Il y a près de 30 ans j’ai été invité à une cérémonie de shabbat. Je n’étais pas un catholique tellement pratiquant à cette époque. Lorsque j’ai vu les gestes du shabbat : ce pain qui est béni, que l’on sépare à la main puis que l’on donne à l’ensemble des convives, la coupe de vin bénie puis passée de lèvres en lèvres… cela m’a rappelé quelque chose. J’ai eu un choc, j’avais le cœur qui battait. Je me suis assis et le père de famille m’a demandé de leur parler de Jésus. Une partie de mon chemin dans la Foi chrétienne vient de là.

 Jésus juif ? Qu’est-ce que ça change pour vous ?

D’abord je ne regarde plus le judaïsme comme un accident de parcours ! Le judaïsme fait partie du plan de Dieu. Je regarde aussi le christianisme, et notre appel comme chrétiens avec un œil différent.
Je suis plus attentif à la Parole de Dieu et aux mots choisis dans l’Écriture. Je suis vraiment touché par la façon dont le peuple d’Israël continue de scruter les textes. Je prends aujourd’hui des cours d’hébreu et je mesure le poids qu’ont les mots choisis dans la Bible.

Et puis je suis édifié par ces frères ! Cela me fait grandir encore en fraternité car je découvre que malgré nos différences, malgré nos oppositions même nous avons une mission commune.

Pour moi le judaïsme est l’un des outils que l’Esprit Saint met à notre disposition pour notre propre expérience spirituelle. Ne fermons pas la porte à l’Esprit Saint… et profitons-en !

Je m’inscris à la session du 18 au 22 juillet

Nous reconnaissons que le christianisme n’est ni un accident ni une erreur, mais le fruit d’une volonté divine et un don fait aux nations. En séparant le judaïsme et le christianisme, D.ieu a voulu une séparation entre des partenaires présentant des divergences théologiques importantes, mais non entre des ennemis. […] « nous ne sommes plus des ennemis mais des partenaires sans équivoque dans la défense des valeurs morales fondamentales, pour la survie et le bien-être de l’humanité. » [4]. Aucun de nous ne peut réaliser seul la mission de D.ieu dans ce monde.
Juifs et chrétiens ont, du fait de l’Alliance, la mission commune de parfaire le monde, sous le regard souverain du Tout-Puissant, afin que tous les hommes invoquent Dieu par son nom.

Extraits de la Déclaration de rabbins orthodoxes sur le christianisme – 3 décembre 2015.
https://www.ajcf.fr/3-decembre-2015-Declaration-du.html

Le regard du Pape François sur le peuple juif

247. Un regard très spécial s’adresse au peuple juif, dont l’Alliance avec Dieu n’a jamais été révoquée, parce que « les dons et les appels de Dieu sont sans repentance » (Rm 11, 29). L’Église, qui partage avec le Judaïsme une part importante des Saintes Écritures, considère le peuple de l’Alliance et sa foi comme une racine sacrée de sa propre identité chrétienne (cf. Rm 11, 16-18). En tant que chrétiens, nous ne pouvons pas considérer le judaïsme comme une religion étrangère, ni classer les juifs parmi ceux qui sont appelés à laisser les idoles pour se convertir au vrai Dieu (cf. 1Th 1, 9). Nous croyons ensemble en l’unique Dieu qui agit dans l’histoire, et nous accueillons avec eux la commune Parole révélée.

248. Le dialogue et l’amitié avec les fils d’Israël font partie de la vie des disciples de Jésus. L’affection qui s’est développée nous porte à nous lamenter sincèrement et amèrement sur les terribles persécutions dont ils furent l’objet, en particulier celles qui impliquent ou ont impliqué des chrétiens.

249. Dieu continue à œuvrer dans le peuple de la première Alliance et fait naître des trésors de sagesse qui jaillissent de sa rencontre avec la Parole divine. Pour cela, l’Église aussi s’enrichit lorsqu’elle recueille les valeurs du Judaïsme. Même si certaines convictions chrétiennes sont inacceptables pour le Judaïsme, et l’Église ne peut pas cesser d’annoncer Jésus comme Seigneur et Messie, il existe une riche complémentarité qui nous permet de lire ensemble les textes de la Bible hébraïque et de nous aider mutuellement à approfondir les richesses de la Parole, de même qu’à partager beaucoup de convictions éthiques ainsi que la commune préoccupation pour la justice et le développement des peuples.

Pape François, La Joie de l’Évangile