Des chrétiens d’Orient aux sessions de Paray

Au cours de la session du 31 juillet au 5 août, pour la première fois, un parcours spécifique est prévu pour accueillir et faire découvrir le message de Paray-le-Monial aux Chrétiens d’Orient. Nous avons interrogé les responsables.

Comment est né ce projet d’un parcours pour les chrétiens d’Orient ?

Plusieurs membres de la Communauté de l’Emmanuel sont en lien avec des familles réfugiées d’Irak et de Syrie dans un certain nombre de diocèses. À Compiègne, ces membres souhaitaient marquer l’été par un temps fort, pendant les vacances. L’idée est venue d’inviter à Paray car le premier désir des réfugiés et souvent de se rendre sur les lieux de pélerinage emblématiques de la France comme Lourdes, Lisieux, Paris ou Paray-le-Monial. L’été dernier déjà une famille irakienne avait participé à une session et témoigné au cours d’une veillée.

À qui est destiné ce parcours ? Quel en est le but ?

Le parcours est destiné aux familles réfugiées, aux membres des diaspora orientales en France. Nous voulons nous donner les moyens d’accueillir des gens qui ne viendraient pas de leur propre chef et qui ont tellement besoin de découvrir le cœur miséricordieux de Jésus. Nous souhaitons qu’ils puissent recevoir une consolation après les épreuves qu’ils ont traversées, et qui parfois, les font encore pleurer. Les rassurer aussi sur leur mission ici en France, car leur vie est précieuse aux yeux de Dieu, même en dehors de leur pays.
C’est aussi une belle occasion de leur faire découvrir le Renouveau charismatique, que peu connaissent

Que proposez-vous de spécifique lors de ce parcours ?

Très concrètement, nous proposons des tarifs adaptés aux moyens des réfugiés et… un accueil en langue arabe ! Notre attention à l’autre commence par ces détails pratiques. Cette session sera pour ces frères chrétiens, réfugiés, l’occasion de découvrir les apparitions de Jésus à Saint Marguerite-Marie. Nous prions aussi pour que ce soit l’occasion pour eux d’accueillir l’amour du Seigneur et qu’ils soient consolés et fortifiés. Des temps d’enseignement et de partage seront proposés chaque après-midi.

Y aura-t-il des liens avec les autres sessionnistes ?

Les chrétiens orientaux participeront à la liturgie, témoigneront durant les veillées et nous provoquerons des occasions de rencontre avec les autres sessionnistes. Surprise !!

Nous sommes parfois démunis pour accueillir les chrétiens d’Orient réfugiés en France : que pouvons-nous faire ?

Je crois que les réfugiés se posent beaucoup de questions sur le sens profond de leur présence si loin de chez eux, qu’ils peuvent se sentir déracinés, bien en peine de poursuivre leur route dans les villes où ils sont accueillis en France. Je crois que nous devons être présents, accueillants, attentifs, priants… Je crois aussi que nous devons découvrir que les chrétiens orientaux ne sont pas seulement des victimes mais aussi les dépositaires d’un héritage dans la tradition de l’Eglise.

 

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Un moine en otage

Moine et prêtre syriaque-catholique originaire d’Alep (Syrie), le père Jacques Mourad est enlevé dans son couvent de Mar Elian par deux djihadistes de l’organisation État islamique le 21 mai 2015. Après cinq mois de captivité, il parvient miraculeusement à s’échapper. S’il a subi la torture et frôlé la mort à plusieurs reprises, il y a fait une expérience plus radicale encore : celle de la grâce de Dieu et de la force de la prière, par lesquelles il a pu goûter une paix et un courage jusque-là inconnus.
Au fur et à mesure de ce récit bouleversant, le père Mourad revient sur son enfance, sa vocation ainsi que l’histoire de sa communauté engagée au service de la paix et de l’amitié avec les musulmans. Il invite aussi chacun d’entre nous à faire le choix définitif, dans les plus petits actes, de la non-violence, de la rencontre, du pardon, de l’amour inconditionnel et de la prière, sans lesquels le monde risque de s’enfoncer un peu plus dans la violence. Il vit aujourd’hui auprès des réfugiés en Irak.

Le Père Jacques Mourad s’est confié à Amaury Guillem, directeur de RCF Aix-Marseille et auteur de Ceux du 11e étage (Cerf, 2014).