L’Institut Universitaire Pierre Goursat, au service de l’évangélisation de l’intelligence

A l’occasion de la nouvelle mission d’Olivier Bonnewijn élu nouveau président de l’Institut Universitaire Pierre Goursat (IUPG) le 20 avril dernier, Laurent Landete nous présente ce qu’est l’IUPG et les enjeux du travail universitaire pour la Communauté de l’Emmanuel.

Pourquoi a été fondé l’IUPG ? Quel était le contexte du départ ? Quelle était l’intuition initiale ?

L’IUPG est né d’une double intuition : l’importance de l’évangélisation de l’intelligence et la nécessité de créer des lieux universitaires catholiques dans un monde où la foi est de plus en plus reléguée dans la sphère privée. Historiquement, les institutions universitaires sont nées du travail de l’Église catholique. Il est intéressant de noter que « université » et « catholique » ont tous les deux la signification d’« universel ». Ce n’est donc pas un hasard si l’Église a fondé les premières universités. On pourrait dire que cela fait partie de son ADN, qui a été mis fortement en évidence dans l’encyclique de saint Jean-Paul II Fides et ratio.

Quel a été le travail de l’IUPG jusqu’à aujourd’hui ?

Ce travail s’est développé dans différentes directions.
Tout d’abord, l’IUPG s’est engagé dans l’étude de différents sujets grâce à son conseil scientifique. Ce dernier est composé d’une quinzaine de membres universitaires de l’Emmanuel, issus non seulement du monde de la philosophie et de la théologie, mais également des sciences humaines et des sciences exactes.
Ensuite, l’IUPG s’est engagé dans diverses actions « de terrain ». Ainsi, avec d’autres services de la Communauté de l’Emmanuel, il a mis en place des résidences universitaires pour étudiants (par exemple à Rennes, à La Roche-sur-Yon en France ou à Louvain-la-Neuve en Belgique). Ces maisons s’inspirent des collèges du Moyen-Âge où les étudiants et les professeurs vivaient et travaillaient ensemble. Il s’agit pour nous d’accompagner la formation intellectuelle et aussi de proposer en parallèle une formation à l’intelligence de la foi.
L’IUPG a organisé également chaque année une rencontre universitaire spécialement destinée aux doctorants et aux jeunes docteurs. Cette année, cette rencontre a eu lieu à Bordeaux sur le thème de l’anthropologie à l’ère du numérique.
L’IUPG a aussi été la cheville ouvrière de différents colloques, sur la théorie du Gender par exemple, ou sur l’ecclésiologie de communion.

Quels sont les enjeux du travail universitaire pour la Communauté de l’Emmanuel ?

Les enjeux sont principalement missionnaires. D’abord, je désire souligner que providentiellement, il y a un grand nombre d’universitaires de différentes disciplines dans la Communauté de l’Emmanuel. Je pense que ce n’est pas un hasard qu’une communauté à vocation missionnaire regroupe de nombreux intellectuels, car aujourd’hui, un des grands défis que nous devons affronter est celui de l’évangélisation de l’intelligence. Dans le passé, il y avait une sorte d’alliance entre l’intelligence de la foi et la compréhension du monde. Depuis le siècle des Lumières, on est plutôt en présence d’une opposition ou en tout cas d’une séparation entre intelligence et foi. Je crois que les chrétiens universitaires ont un rôle à jouer dans ce que j’appellerais une réconciliation de l’intelligence et de la foi. Elles ne s’opposent pas, elles se complètent, l’une appelle l’autre. Ce travail est essentiel pour l’évangélisation de nos contemporains. C’est pourquoi la Communauté de l’Emmanuel s’est investie dans le monde universitaire et veut s’y investir davantage encore dans le futur.

Qu’est-ce que tu attends de l’IUPG dans les années à venir ?

Comme vous le savez, je termine mon troisième mandat de modérateur général. Ce sera mon successeur qui reprendra ce travail que j’ai moi-même hérité de mon prédécesseur, Dominique Vermersch. Mon espérance est que l’IUPG continue dans la direction que j’ai indiquée et, peut-être, que de nouvelles réalisations naissent comme des universités d’été ou une année de préparation aux études supérieures.

Quels liens vois-tu avec les autres services de la Communauté de l’Emmanuel ? Notamment avec le département formation ?

L’IUPG est une ressource à laquelle les différents services de la Communauté peuvent faire appel. Ainsi, par exemple, le colloque sur l’ecclésiologie de communion a été organisé par l’IUPG à partir d’une demande qui venait du Conseil de la Communauté. Le travail sur le Gender intéressait Amour et Vérité et Fidesco.

Comment la Communauté de l’Emmanuel est-elle appelée à servir et à s’investir dans le monde universitaire ? La Communauté a-t-elle déjà pensé à fonder une université de l’Emmanuel ?

Il est difficile pour moi de répondre à la question du comment. Je suis personnellement convaincu que l’Emmanuel doit s’investir davantage dans le monde universitaire parce que c’est un défi missionnaire capital de notre époque. Nous avons des pistes que le nouveau responsable de l’IUPG devra approfondir pour en vérifier la validité. Je voudrais seulement signaler un point qui me paraît important : l’histoire nous montre que seules les communautés qui se sont investies dans le monde universitaire ont été capables de durer. Ce n’est pas un hasard. Et peut-être est-ce un appel que le Seigneur nous adresse.